Réduction par-dessus le bord postérieur du cotyle
TEMPS. — Flexion et traclion de bas en Iiaul. — Le chirurgien, saisissant un peu au-dessus du genou la cuisse luxée (avec la main droite s'il s'agit du membre inférieur gauche), la place en flexion à angle droit sur le bassin. De la main gauche il embrasse le membre près de sa racine, la main étant placée en pronation, les quatre derniers doigts au niveau du pli génito-crural, le pouce enfoncé aussi fortement que possible derrière la saillie du grand trochanler. Avec sa main droite il exerce alors une traction aussi vigoureuse que possible de bas en haut, pour attirer en avant l'extrémité supérieure du fémur abaissée par la flexion (fig. 2/40).
2*^ TEMPS. — Abduction. — Quand la traction exercée d'arrière en avant sur le fémur a été portée à son maximum, le chirurgien, sans changer la position de ses mains, porte brusquement la cuisse dans l'abduction forcée, en ramenant le genou dans le plan transversal qui passe par le tronc du sujet. En même temps il refoule énergiquement d'arrière en avant le grand trochanter avec le pouce gauche placé en arrière de cette éminence osseuse, de façon à ramener la tète fémorale en avant et à lui faire franchir le bord postérieur de la cavité coLyloide (fig. 241).
Lorsque la réduction s'opère, la cuisse cède tout d'un coup et bascule en quelque sorte ; le grand trochanter, jusque-là saillant, disparaît sous le pouce qui le refoule, et l'on perçoit un claquement, assez bruyant quelquefois pour être entendu par les assistants et presque toujours senti parla main du chirurgien. La tête fémorale se fixe et fait sur le côté du pubis, à la base
(1) Le manuel opératoire de celte petite opération complémentaire sera décrit à l'occaeion du traitement des roideurs et des anliyloses du genou (v. p. 4'59N
RÉDUCTION MANLELI.E EXTEMPORANÉE.
du triangle de Scarpa, une saillie à laquelle se Iransmellenl les mouvements imprimés à la cuisse ; celle-ci prend une certaine fixité et résiste avec l'élasticité d'un ressort aux mouvements qu'on cherche à lui imprimer. Elle reste, en outre, légèrement fléchie, en raison de la tension des muscles extenseurs.
Si ces caractères manquent, c'est que la réduction n'a pas été obtenue ;
Fir.. 240. — Réduction de la luxation congénitale delà hanche dapiès Lorenz ; preniicr temps : flexion et traction sur la cuisse fléchie à angle droit.
il faut recommencer aussitôt la même manœuvre jusqu'à ce qu'elle réussisse.
La réduction a-t elle été obtenue, on maintient le membre dans la position d'abduction à go". Il suffit en oirel de la moindre diminution de l'abduction pour ({ue la tête franchisse à nouveau le bord postérieur de la cavité cotyloïde et que la luxation se reproduise en arrière. Quand la reluxation se produit, on n'a qu'à recommencer les mêmes manœuvres pour faire rentrer s:ins peine la tète dans la cavité colyloide.
La reluxation de la tète fémorale, avec un ressaut brusque suivi de la réapparition de tous les signes physiques de la luxation coxo-fèmorale en arrière, donne une preuve nouvelle que la rédu:tion avait bien été obtenue;