RÉSULTATS DE LA MÉTHODE DE RÉDUCTION NON SANGLANTE
malgré la persistance d'une partie du déplacement, le résultat fonctionnel est en général satisfaisant.
M. Redard, sur 43 luxations simples, a obtenu i4 réductions vraies, 26 transpositions, 3 reluxations; sur 7 luxations doubles, il n'a réussi que 2 fois à obtenir la réduction constatée.
M. Nové-Josserand, dans la Bévue cVorlhopédie, accuse une plus forte proportion de succès ;ii luxations unilatérales lui ont donné 9 réductions complètes et 2 transpositions seulement; i4 luxations doubles, 6 réductions vraies ; les résultats fonctionnels étaient excellents dans 25 cas, très boné dans 8 autres ; 9 fois il y avait une simple amélioration, 4 malades seulement n'avaient éprouvé aucun changement ; jamais il n'a observé d'aggravation produite par les tentatives de réduction non sanglante.
Joachimsthal également signale 17 résultats irréprochables sur 23 opérations.
Ludloff, rapportant la pratique du professeur Von Eiselsberg, signale la proportion presque invraisemblable de 19 succès sur 20 tentatives de réduction.
E. Mûller (de Stuttgart), sur 4o luxations unilatérales, aurait obtenu 28 restitutions complètes, et 5 seulement sur 21 luxations bilatérales.
Enfin Kirmisson, donnant les résultats de sa pratique dans la Revue d'orthopédie, accuse, sur 27 luxations unilatérales traitées par la méthode non sanglante, 17 réductions dont 3 seulement, il est vrai, pouvaient être considérées comme des exemples de réduction vraie de la tête dans le cotyle; dans les autres cas le résultat était borné à la fixation de la tête fémorale en avant de la ligne de Nélaton, au voisinage de l'épine iliaque antéro-inférieure, par conséquent i\ une transposition.
Sur 27 luxations bilatérales, 21 subirent des tentatives de réduction ; dans 4 cas celle-ci fut obtenue ; dans 12 autres, revus après un temps suffisant, il existait une transposition favorable. Quoique le résultat anatomique fût souvent incomplet, le résultat fonctionnel était très satisfaisant même chez les sujets qui n'avaient subi l'opération qu'à un âge relativement assez avancé .
6) Résultats plastiques. — La déformation se corrige, dans les cas favorables, d'une façon complète ou presque complète ; l'ensellure disparaît, les membres inférieurs reprennent une longueur presque normale ; néanmoins il persiste un certain degré de raccourcissement, dû au développement insuffisant de l'extrémité supérieure du fémur, même quand la tête du fémur a repris sa situation normale.
c) Résultats fonctionnels. — Les statistiques que nous venons de citer montrent que la réduction non sanglante des luxations congénitales de la hanche donne le plus souvent un résultat fonctionnel des plus satisfaisants, presque toujours une notable amélioration, quelquefois un retour presque
RÉDUCTION MANUELLE EXTEMPORVNÉE
complet à l'élat normal. Les petits opérés marchent souvent sans fatigue pendant un temps très long, ne présentent qu'une claudication à peine appréciable ; celle-ci est parfois presque nulle : elle est en rapport avec la roideur articulaire, qui persiste dans un certain nombre de cas, plutôt qu'avec le raccourcissement du membre,
Le retour des mouvements est quelquefois presque complet; le plus souvent il y a un certain degré de roideur de la hanche. Lorsquela luxation se reproduit, les mouvements d'abduction sont plus ou moins faciles, l'adduction est gênée d'autant plus que la luxation est complète. La flexion ne se fait que combinée à un certain degré d'abduction.
Le résultat fonctionnel ne correspond pas d'ailleurs, absolument, avec le degré de perfection du résultat anatomique. On a vu des cas de transposition où l'amélioration des fonctions était aussi manifeste qu'à la suite de la
FiG. 253. — Résection cunéiforme d'une hyperostose du col fémoral déterminant une déformation en coxa-vara de l'extrémité supérieure du fémur et limitant les mouvements de la hanche à la suite de la réduction d'une luxation congénitale de la hanche (Kirmisson).
réduction proprement dite de la tète fémorale dans le cotyle. Le résultat fonctionnel dépend, en effet, de causes multiples : l'âge du sujet, la difficulté plus ou moins grande que l'on a eue à ramener la tète fémorale au contact du cotyle, la multiplicité et la violence des tentatives de réduction y ont leur part ; mais il faut aussi reconnaître le rôle que l'arrêt de développement de la cavité colylo'i'de et les déformations du col et de la tête du fémur jouent dans la gêne persistante des mouvements. Kirmisson a observé un cas dans lequel l'hypertrophie de la tête fémorale et une sorte de déformation du col, analogue à celle qu'on observe dans la coxa-vara, limitaient l'excursion du fémur et s'opposaient au retour des mouvements de la hanche à la suite d'une réduction qui avait d'ailleurs réussi. Pour rendre à la tête fémorale sa