RÉSULTATS DE LA MÉTHODE DE RÉDUCTION NON SANGLANTE
le décollement s'observe chez les très jeunes enfants, la fracture chez les enfants plus Agés, dans les cas de manœuvres violentes et particulièrement dans les luxations bilatérales. Lorenz a vu se produire 4 fois la fracture du col dans des luxations unilatérales chez des enfants âgés de 9 à i5 ans ; il l'a observée 7 fois dans des luxations bilatérales entre 8 et i3 ans.
Cet accident est provoqué par le mouvement de bascule du fémur dans Tabduction portée à ses limites extrêmes, par les manœuvres de réduction sur le coin ou sur Tavant-bras ; les mouvements de pompe imprimés au fémur y exposent particulièrement; la seule fois que nous ayons vu se produire cet accident, c'était dans ces conditions.
En cas de fracture, on soumettra le membre à l'extension continue par les poids dans une gouttière de Bonnet, et on attendra la consolidation parfaite pour recommencer, au bout de .3 à 9 mois, les tentatives de réduction non sanglante, ou pour recourir à l'opération sanglante.
d) Le décollement de lépine iliaque aitléro-supérieiire el l'arrachement du pubis sont des accidents assez rares, et d'ailleurs sans gravité.
e) La paralysie du sciatique a été observée deux fois par Hotïa et est imputable à l'élongation du nerf; elle persiste un certain temps, pour disparaître ensuite complètement. On a observé aussi quelques cas de paralysie passagère du quadriceps, par suite probablement de compression du nerf crural par la tète fémorale.
f) Apparition d'une hernie crurale après la réduction. — Cette complication, observée par Lorenz, est probablement la conséquence de la dilatation de l'anneau crural qui résulte de l'abduction forcée du membre; il s'agit d'une véritable éventration se produisant entre l'arcade de Fallope et les vaisseaux fémoraux. Cette hernie traumatique, contrairement à ce qu'on sait des hernies crurales ordinaires, pourrait guérir par l'action continue et permanente d'un bandage fait avec soin ; si elle persistait malgré l'emploi de celui-ci, on la traiterait par les procédés habituels de cure radicale applicables aux hernies crurales ordinaires.
2° Résultats positifs de la réduction par la méthode non sanglante, —
a) Résultats anatomiques. — Dans un grand nombre de cas, la méthode de réduction non sanglante donne un résultat anatomique complet, et l'on obtient une reconstitution aussi parfaite que possible de l'articulation.
Dans bon nombre de faits, d'autre part, le résultat anatomique a été plus ou moins défectueux, et la luxation s'était reproduite tout au moins partiellement.
On peut alors constater qu'il s'est produit une luxation supra-cotyloïdienne analogue à celle que l'on observe au premier stade de la luxation congénitale de la hanche, chez les enfants très jeunes, la tète faisant une saillie très peu marquée, mais facile à percevoir par la palpation, plus ou moins
RÉDUCTION MANUKLLE EXTEMPORANÉE
haut vers la base du triangle de Scarpa,soit un peu au-dessous et en dedans de l'épine iliaque antoro-inférieure, soit plus ou moins vers le milieu de l'arcade ; le membre présente alors un faible degré de rotation en dehors et un raccourcissement léger mais constant.
Le résultat analomique complet s'observe plus souvent à la suite de la réduction des luxations unilatérales qu'après celle des bilatérales.
Le résultat analomique de la réduction est cliniquement démontré par la position de la tète, qui fait bomber un peu plus que normalement le triangle de Scarpa, en soulevant les vaisseaux ; par la situation et la saillie normale du grand trochanter ; par la disparition del'ensellure lombaire, parla possibilité de porter facilement le membre dans toutes les attitudes. On peut le vérifier par la radiographie, qui montre que la tète correspond centre pour centre à la cavité cotyloïde, marquée par une ligne claire correspondant au cartilage en Y chez les très jeunes sujets.
Enfin, la solidité et la permanence de la réduction ont pu être vérifiées à l'autopsie par Nové Josserand et par E. Mùller, de Stuttgart.
Il est donc bien certain qu'on obtient par la méthode non sanglante, dans bon nombre de cas, une réduction et qu'il ne s'agit pas d'une simple transposition delà tète fémorale. Voici, sur ce sujet, les résultats fournis par la j)ialique des chirurgiens qui ont fait le plus grand nombre de réductions par la méthode non sanglante :
Lorenz, sur 212 cas revus au bout d'un an, deux ans et plus, a obtenu 108 résultats anatomiques complets avec restitution d'une articulation aussi parfaite que possible ; dans io4 cas la luxation s'était reproduite, ou persistait partiellement au moins ;
102 cas de luxations unilatérales lui ont donné 61 réductions parfaites et 4i reluxations ;
110 cas de luxations bilatérales ont donné 4? bons résultats seulement.
Au congrès de la Société allemande de chirurgie, en 1899, HolTa a émis l'opinion que la réduction vraie n'était obtenue qu'exceptionnellement par la méthode non sanglante ; il ne l'aurait observée que 22 fois sur un total de io4 opérations ; mais souvent, même lorsqu'on n'obtient qu'une transposition, le résultat fonctionnel indique une réelle amélioration.
Petersen conclut également à la rareté des réductions constatées ; à la clinique de Bonn, sur 161 cas, dont 70 concernant des luxations doubles, Schede n'a obtenu que 8 réductions vraies pour les luxations unilatérales, et 2 seulement pour les bilatérales.
Kiimmell (de Hambourg) est arrivé aux mêmes'conclusions ; sur 5o malades il n'est parvenu à obtenir la réduction complète queji fois.
Au Congrès international de médecine, en 1900, M. Broca sur 62 cas dit n'avoir obtenu que 2 fois la réduction vraie de la tête fémorale dans le cotyle ;