‹ Chirurgie orthopédiqueChapitre 111 sur 237 · MOBILISATION DES RAIDEURS DE LA HANCHE · texte numérisé non relu

MOBILISATION DES RAIDEURS DE LA HANCHE

aux arthrites infectieuses, on doit s'appliquer à corriger la position vicieuse du membre, mais il ne faut pas chercher à rétablir la mobilité de l'articulation; on peut même dire que la restauration des mouvements se fait d'autant plus attendre qu'on la cherche davantage. Dans l'arthrite blennorragique en particulier, les tentatives de mobilisation déterminent de nouvelles poussées inflammatoires, rendant le plus souvent nécessaire une immobili-

Fic 277.

Appareil de Krukenberg. Mouvement par balancier; rolalion de la jambe en dedans et en dehors1. Effet : mobilisation de la bancbc.

salion plus prolongée de l'articulation, si bien que, loin de gagner en mobilité, on ne ferait qu'en perdre.

La résolution complète du travail pathologique doit être tout d'abord obtenue ; c'est après, seulement, qu'une mobilisation très graduelle et très prudente peut avoir des chances de ramener les mouvements sans réveiller les contractures et la douleur; mais, comme la raideur consécutive aux arthrites infectieuses de la hanche menace de devenir permanente et de passer à l'état d'ankylose, il importe au plus haut point que celle-ci, si elle doit se produire, se fasse dans une altitude favorable, c'est-à-dire dans

1 Ces figures, comme celles qui représentent les appareil- employés par la mécanothérapie pour obtenir la mobilisation de l'épaule, du 1 de, des doigts, du genou et

du cou-de-pied, sont la reproduction des appareils appartenant à l'Institut mécanolliérapicpie de MM. les docteurs Courlault et Vermeulen.

l'extension de la cuisse sur le bassin. Les divers procédés de redressement de l'articulation coxo-fémorale ont tous pour but la substitution de celle attitude à la flexion dans laquelle le membre était presque toujours fixé.

A. Tdnotomie et extension continue. — La limitation des mouvements et l'altitude vicieuse est très souvent due, au moins en partie, à des rétractions musculaires. Dans ce cas, la ténolomie des muscles rétractés, des adducteurs, du couturier, peul être pratiquée avec succès. Il faudrait pouvoir sectionner aussi le droit antérieur, le tenseur du faeia lala, mais l'importance de l'opération que nécessiterait la myotomie de ces derniers muscles n'est pas proportionnée aux avantages qu'on pourrait en retirer.

Ces ténotomies sont suivies de l'application d'un appareil à extension continue exerçanl sur le membre une traction permanente au moyen de poids, 01 mieux encore d'un appareil inamovible. L'application de l'appareil à extension continue d'Hennequin ne donne pas dans les cas de ce genre le résultat qu'on serait porté à en attendre; la faculté qu'il laisse au malade de s'asseoir dans son lit est ici un inconvénient, puisqu'elle expose au retour de l'altitude vicieuse. Le plus souvent la section des muscles n'intervient que pour favoriser If redressement brusque, pratiqué dans l'aneslhésie, et l'immobilisation du membre dans un appareil inamovible. La section du couturier cl des adducteurs se l'ait, soit par la méthode sous-cutanée, soit à découvert, par une incision, qu'il faut ensuite fermer par la suture. Les muscles que l'on veut diviser sont isolés, près de leur insertion supérieure, chargés sur la sonde cannelée et sectionnés en travers. On peul, dans le même but, substituer la rupture brusque (myorhexis) des muscles à leur section.

B. Redressement sous chloroforme et application d'un appareil en bonne altitude. — C'est la méthode à laquelle on a recours dans le plus grand nombre des cas.

Le sujet, soumis à l'anesthésie chloroformique poussée jusqu'à la résolution complète, est placé sur le pelvi-supporl de Cusco (fig. 278). Des aides exercent sur les deux membres inférieurs une traction énergique; la barre verticale de l'appareil maintient le sujet par le point, d'appui qu'elle prend sur le périnée.

Le chirurgien lutte contre la tendance du bassin à basculer en avant, en le saisissant fortement au niveau de la crête iliaque et en cherchant à pousser l'extension de l'articulation coxo-fémorale jusqu'à l'hyperextension : on porte en même temps les membres inférieurs dans l'abduction, pour en corriger l'adduction qui coexiste presque toujours avec la flexion.

On doit s'appliquer, pendant que Ion opère ce redressement, à maintenir toujours les membres inférieurs dans une situation symétrique par rapport

Page 1