REDRESSEMENT ET APPAREILS
au bassin et s'assurer à chaque instant que celui-ci n'exécute aucune inclinaison, aucune torsion, aucun mouvement de bascule sur le tronc.
Fie. 278. — Pelvi-support de Cusco modifié par Ollier (Collin).
Quand on a obtenu la correction aussi parfaite que possible, on applique l'appareil plâtré inamovible avec les précautions ordinaires (fig. 279).
Ii,. 279. — Grand appareil plâtré immobilisant le membre inférieur dans l'extension et l'abduction (Kirmisson).
Pour lficn immobiliser l'articulai ion coxo-fémorale, cet appareil doit
remonter jusqu'à la partie inférieure de la région thoracique. Après avoir saupoudré de talc stérilisé la peau, on habille les deux membres inférieurs et toute la partie inférieure du tronc jusqu'aux aisselles d'un maillot ou d'un jersey de matelot en gros tricot de laine, dans les manches duquel on introduit les membres inférieurs du sujet : le pied et la jambe du côté malade sont en outre revêtus d'un bas de laine. On ajoute, au niveau des points qui subissent particulièrement la pression de l'appareil, au niveau des épines et des crêtes iliaques, de la région prérotulienne, du sacrum, de petits coussins capitonnés d'ouate. Par-dessus ce vêtement, l'on enroule méthodiquement des bandes de tarlatane plâtrée, préalablement plongées dans l'eau jusqu'à leur complète imbibition, de manière à entourer de leurs circulaires ou de leurs huit de chiffre tout le membre inférieur depuis les chevilles, ainsi que la hanche, le bassin et l'abdomen. On renforce la carapace plâtrée ainsi l'aile avec deux ou trois longues altelles en tarlatane pliée en 8 ou 12 épaisseurs et imprégnée de plaire gâché, attelles que l'on place en avant, en arrière et sur le côté externe, et que l'on comprend entre les derniers tours de la bande plâtrée; on peut les remplacer par quelques attelles métalliques comprises de la même manière dans l'appareil.
Cetle méthode n'est pas toujours exemple d'inconvénients : les tentatives de redressement forcé peuvent, en effet, déterminer des ruptures musculaires ou ligamenteuses ou, ce qui est plus sérieux, des fractures de la diaphyse fémorale ou des décollements épiphysaires ; on a pu voir ces actions mécaniques violenles provoquer le réveil d'une affection tuberculeuse et une nouvelle poussée de coxo-tuberculose.
Les premiers moments, les premiers jours sont souvent difficiles à passer, en raison des douleurs que déterminent l'altitude forcée de l'articulalion et la compression exercée par l'appareil sur les points plus particulièrement exposés à sa pression.
Avec de l'expérience et des soins, on évite ces quelques dangers et on vient à bout de ces inconvénients ; l'objection la plus sérieuse à adresser au redressement brusque, pratiqué en une séance sous le chloroforme, est que le résultat obtenu est souvent difficile à conserver; malgré l'appareil, l'attitude vicieuse se reproduit en partie, le bassin se déplace, l'épine iliaque bascule en avant, quelque soin qu'on ait mis à bien l'immobiliser, et le membre inférieur revient à un certain degré de flexion dans un appareil en apparence tout à fait rectiligne. C'est pour éviter cet échec, ou pour y remédier, que l'on a conseillé de recourir au moyen suivant :
C. Le redressement graduel par étapes en plusieurs séances. — Celuici peut se faire en pratiquant, comme nous venons de le faire, une première séance de redressement suivie de l'application d'un premier appareil, sans dépasser néanmoins dans les tentatives de redressement des pressions et des