TRAITEMENT PAR LE DECURITUS DORSAL ET LE LIT ORTHOPÉDIQUE
Le décubitus dorsal n'est d'ordinaire qu'une attitude de repos que l'on doit prescrire dans la mesure que nous avons indiquée comme moyen adjuvant dans le traitement de toutes les scolioses, mais il devient l'élément essentiel de ce traitement et doit être rigoureusement observé sans aucune interruption dans un certain nombre de scolioses graves.
Ce sont, d'une part, des scolioses progressives qui résistent à tous les autres moyens et qui ne font que s'accroître en dépit de la meilleure hygiène, de la gymnastique orthopédique et des corsets. On observe d'autre part des scolioses qui apparaissent en général vers la fin de l'enfance, un peu avant l'établissement de la menstruation, principalement chez des jeunes filles maigres, à tempérament sec et nerveux, à peine colorées, avec un développement exagéré du système pileux, caractère sur lequel a particulièrement insisté M. Redard. Ces scolioses évoluent très rapidement et, dans l'espace de quelques mois, conduisent parfois à des déviations considérables contre lesquelles il n'est plus temps de lutter avec avantage.
La première indication à remplir en pareil cas est d'empêcher les lésions de s'accroître ; et le seul moyen prophylactique efficace est l'interdiction de la station verticale. Le décubilus dorsal continu est donc le traitement de nécessité. Au lieu de se borner à maintenir l'enfant couché sur un lit horizontal et dur, on emploie alors un des nombreux modèles de lits orthopédiques, dont celui de Venel fut le premier essai, et qu'ont perfectionnés tous les orthopédistes, parmi lesquels nous citerons seulement Bouvier, Jules Guérin, Pravaz, Beely, Lorenz. Ces appareils joignent, à la position horizontale, l'action de pressions opposées exercées au moyen de plaques, de pelotes fixées au plan du lit et qui sont actionnées par des vis de pression ou par des poids. L'extension continue est aussi appelée à jouer un certain rôle dans le redressement du tronc ; le plan du lit cesse alors d'être horizontal pour devenir légèrement oblique ; l'extension est faite parle poids du corps,