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CHAPITRE IV

REDRESSEMENT FORCE SUIVI DE CONTENTION

M. Redard est revenu dans ces derniers temps à une pratique qui avait déjà été mise en œuvre par M. X. Delore, de Lyon, et par M. Calot, et qui consiste, quand la déformation rachidienne et thoracique résiste aux moyens ordinaires de mobilisation, d'en triompher par des pressions faites avec une force suffisante, soit avec les mains, soit par l'action des machines, pendant que le sujet est soumis à des tractions continues effectuées par des aides.

M. Redard fait précéder la séance de redressement d'un traitement préalable d'une durée plus ou moins longue, pendant lequel on agit soit par des manœuvres modelantes, soit par des pressions élastiques sur la saillie des côtes et des courbures vertébrales pour obtenir par ces moyens tout ce que l'on peut en tirer.

Le redressement forcé est décrit par M. Redard dans les termes suivants :

« Nous obtenons le redressement et la correction forcés en agissant par de fortes tractions exercées aux deux extrémités de la tige rachidienne, combinées avec des pressions au niveau de la gibbosilé et des courbures scoliotiques. »

Le redressement forcé manuel, pratiqué suivant les indications de la figure 8<5, suffit dans quelques cas.

Les pressions énergiques sont pratiquées sans grande violence, sans secousses brusques, suivant les règles recommandées dans l'étude des manipulations, jusqu'à ce que le rachis soit mobilisé, redressé, dévié du côté opposé à la courbure scoliotique primitive.

Nous employons d'abord, dans toutes nos interventions, ce redressement forcé manuel (fig. 84) ; si les résultats obtenus ne sont pas absolument satisfaisants, nous utilisons alors notre procédé de redressement forcé instrumental.

« Dans ce cas le sujet est placé dans la position figurée page 92 ; une pelote concave, reliée à un long bras de levier (fig. 85), suivant la disposi-

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lion de la figure, permet d'exercer en bonne direction de fortes pressions, qui modifient la forme de la poitrine, mobilisent et redressent le rachis.

Fig. 84. — Redressement forcé manuel (Redard).

Grâce à la longueur du bras de levier, on peut obtenir de très fortes pressions que l'on gradue insensiblement, sans secousses violentes et sans brusquerie.

« Les pressions exercées sur la gibbosité, au voisinage de la convexité de

Fig. 85. — Redressement forcé avec le levier de Redard.

la courbure, agissent sur le rachis par l'extrémité vertébrale des côtes et ont une action de redressement incontestable.

« Le sujet est ensuite étendu horizontalement sur une table ; des béquillons axillaires soutiennent la partie supérieure du tronc et un coussin dur soulève le bassin ; des tractions au moyen de la vis sans fin sont faites graduellement sur la tête et sur les membres inférieurs jusqu'à ce que les courbures soient bien redressées et que la forme de la gibbosité se soit modifiée;

REDRESSEMENT FORCE SUIVI DE CONTENTION

une force de traction de 3o à 4o kilogrammes suffit en général ; nous conseillons de ne jamais dépasser 5o à 80 kilogrammes. »

M. Redard complète ces manœuvres de pression et de traction en soumet-

Fig. 86. — Résultat obtenu par le redressement forcé (Redard).

La malade avant le redressement.

Fie. 87. — La même, après le redressement (Redard).

tant, sur la table où il pratique l'extension, le sujet à l'action de plaques de pression supportées par un arc métallique permettant de les faire agir dans la direction et au niveau voulus et actionnées par des vis de pression ; ces plaques, convenablement disposées, exercent sur les courbures opposées du rachis des pressions en sens inverse qui font disparaître non seulement la courbure principale, mais les courbures de compensation.

Quand le redressement est obtenu, et il faut chercher à le pousser jusqu'à

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ce que le Lronc ait pris l'attitude opposée à celle queluiavaitimprimée la scoliose, on applique suivant les règles un appareil plâtré inamovible qui maintient le résultat obtenu.

Ainsi qu'on le voit, ce procédé de redressement forcé instrumental nécessite une installation que l'on ne saurait trouver que dans les cliniques hospitalières ou privées ; les actions mécaniques qu'il exige ne seraient point sans dangers et sans inconvénients dans des mains inexpérimentées ; c'est donc un mode de traitement d'exception ; d'ailleurs, quelque satisfaisants que soient les résultats prochains obtenus par ceux qui le mettent en usage, il faut remarquer qu'ils constituent une amélioration de la difformité, mais qu'ils sont loin d'équivaloir à une guérison avec un redressement parfait, il est môme permis de sn demander si ces résultats sont durables, si quelques mois, quelques années surtout après la suppression de l'appareil contentif, la correction obtenue par ces moyens s'est maintenue et si le sujet n'est pas, dans bien des cas, revenu à son altitude et à sa conformation vicieuses.

Cette critique, qui s'applique à tous les modes de traitement des scolioses invétérées, s'adresse particulièrement au redressement forcé manuel ou instrumental, et empêche de porter actuellement un jugement définitif sur la valeur d'une méthode qu'on ne saurait néanmoins passer sous silence.

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