COURBURES A CONVEXITE DORSALE SUPERIEURE
dorsales. Au moment où on les confectionne et où l'on fait le moulage sur lequel ils seront fabriqués, il faut avoir soin d'imprimer à la région lombaire la plus forte inflexion possible en sens inverse de sa déviation.
Dans certaines scolioses lombaires dans lesquelles la courbure de compensation est encore peu prononcée, on peut se contenter de mettre dans cette attitude de redressement exagéré un bandage-ceinture plâtré (fig. 97 et 98)
Fig. 97. — Corset-ceinture plâtré de Lorenz pour combattre la scoliose lombaire gauche.
Fig. 98. — Corset-ceinture plâtré pour combattre la scoliose lombaire droite.
qui n'entoure que le bassin et les régions lombaires et laisse libre presque toute la poitrine. La ceinture plâtrée, en séchant, maintiendra la contredéviation imprimée à la colonne lombaire au moment où on l'appliquait.
Courbures à convexité dorsale supérieure, dorso-cervicales et cervicales.
Courbures
Les courbures à convexité dorsale supérieure, les courbures dorso-cervicales et cervicales primitives ou de compensation sont celles sur lesquelles on a le moins de moyens d'action.
La mobilisation de la colonne cervicale s'obtient par des mouvements passifs de flexion, de rotation, de circumduction de la tête, le corps du
I06 TRAITEMENT DES AUTRES VARIÉTÉS DE LA SCOLIOSE
sujel élanl fixé. On retire surtout de bons effets de l'emploi de l'échelle cervicale et de la suspension associée aux manœuvres modelantes et aux manipulations. La contention du résultat obtenu par cette mobilisation nécessite l'application d'un appareil plâtré inamovible, comprenant la région cervicale et fournissant un point d'appui à la région occipitale et à l'arc du maxillaire inférieur. On peut aussi pratiquer l'extension sur la tête au moyen d'un jury-mast fixé à un corset plâtré ordinaire. Les corsets en cuir moulé, les corsets à barrettes seront pourvus également d'un collier ou d'un dispositif qui permette de fixer la tôle et d'exercer sur le cou un certain degré d'extension. Les appareils de celte sorte sont donc impossibles à dissimuler sous les vêtements et ne sont acceptés par les enfants et par leurs parents qu'avec une grande répugnance ; leur efficacité ellemême est très limitée.
Les scolioses totales à convexité unique, droite ou gauche, sans courbures de compensation, seront en général traitées comme les scolioses dorsales. Les exercices de suspension latérale seront ici particulièrement indiqués. Quand elles sont associées à la cyphose, ainsi qu'on l'observe fréquemment, c'est contre cette dernière surtout que doivent être dirigés les efforts.
§4- — Scolioses autres que les scolioses essentielles, ou scolioses symptomatiques.
Le traitement des scolioses autres que la scoliose essentielle, des scolioses que l'on peut désigner sous le nom de scolioses symptomatiques, se fait par les mêmes moyens, s'appliquant aux déviations de même forme, et par les mêmes principes : mobiliser, redresser, contenir, jusqu'à ce que le résultat du redressement soit devenu permanent, telles sont les indications qu'il doit remplir; mais il s'y ajoute la considération de la cause de laquelle dépend la déformation et qu'il faut faire disparaître, et celle du temps opportun pour combattre la déviation elle-même.
i° Dans les scolioses rachitiques, le traitement doit être tout d'abord celui du rachitisme, sur lequel nous ne pouvons insister. Pendant toute la période de déformation, les tentatives de redressement actif ou passif, la contention par des appareils mécaniques feraient plus de mal que de bien ; il faut se borner à la prophylaxie : laisser les enfants couchés, les immobiliser autant que possible sur le lit plâtré ou dans une gouttière, interdire surtout qu'on ne les porte sur le bras, sont des mesures de rigueur. Ce n'est que lorsque le processus rachitique est arrêté que l'on peut commencer le traitement des déformations, et celles qui ne se seraient pas corri-
SCOLIOSES SYMPTOMATIOUES IO7
gées par les efforts seuls de la nature, offriront plus de résistance aux moyens dirigés contre elles et donneront généralement de moins bons résultats que les déviations homologues dépendant de la scoliose essentielle.
20 Les scolioses statiques, qui se développent surtout par le fait d'une inclinaison vicieuse du bassin due à une inégalité des membres inférieurs, réclament avant tout la correction de la déviation pelvienne ; on obtient celle-ci le plus souvent par l'adaptation à la chaussure d'une semelle surélevée qui rétablit l'égalité des membres inférieurs.
3° Dans les scolioses d'origine nerveuse, dans les scolioses sciatiques, c'est également la cause de la déviation qu'il faut combattre; l'hydrothérapie, le massage, l'électrisation sont les moyens les plus efficaces que l'on ait à mettre en usage contre les courbures anomales du rachis qui en dépendent.