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CHAPITRE PREMIER TRAITEMENT DU TORTICOLIS CONGÉNITAL OU ESSENTIEL

§ 1 . — Appareils.

Jusqu'en 1822, avant l'époque où Dupuylren institua le traitement, encore aujourd'hui classique, du torticolis par la ténotomie, on cherchait à remédier à la déformation par la méthode de redressement graduel au moyen des appareils.

Ces appareils consistent, d'ordinaire, en une sorte de collier réuni à une cuirasse qui embrasse le tronc; les deux pièces sont articulées de telle façon qu'au moyen de crémaillères on produise un redressement progressif de la tête (fig. 129 et i3o).

L'emploi de ces appareils non seulement doit être prolongé pendant des mois et des années, mais, le plus souvent, les résultats en sont nuls ou très peu marqués. On ne les emploie plus guère actuellement que pour fixer et compléter le redressement obtenu par l'opération : encore sont-ils le plus souvent remplacés avec avantage par des appareils construits parle chirurgien lui-même.

Chez les très jeunes enfants, peu après la naissance, on peut essayer de combattre l'attitude vicieuse par les manœuvres modelantes et les appareils de redressement ; mais ceux-ci contiennent mal, en raison des faibles dimensions et de la mobilité des parties, et ils sont mal supportés. Si les manœuvres de redressement et le massage modelant, employés comme nous le dirons,

SECTION DU MUSCLE STERNO-CLEIDO-MASTOÏDIEX

ne produisent pas d'effet suffisant, il vaut mieux attendre que l'enfant soit assez développé pour qu'on puisse pratiquer la myotomie.

D'ailleurs, il est bien rare que l'existence de la déformation soit constatée avant l'âge de un an ou de dix-huit mois. Dans la majorité des cas, il faut

Fig. 129. — Appareil du professeur Lannelongue.

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i3o. — Appareil du profes seur Kirmisson.

d'emblée recourir à la ténotomie du muscle rétracté ; nous supposerons d'abord que l'on ait affaire à un torticolis unilatéral.

§ 2. — Section du nmselc sterno-cléido-mastoïdien.

I. Ténotomie sous-cutanée. — 1) Section du chef stehnai.. — L'enfant est endormi couché sur le dos: la région est nettoyée aseptiquement cl toutes les précautions préopératoires sont prises. Un aille, placé derrière la tête, la fixe avec ses deux mains en s'efforça ni d'incliner la tète et de tourner la face en sens inverse de la déviation, de manière à tendre modérément li' chef sternal du sterno-cléido-mastoïdien.

Le chirurgien se place de façon à aborder le chef sternal, qu'il faut attaquer par son bord interne. S'il s'agit du slerno-masloïdien gauche, il se

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TRAITEMENT HU TOHTIOOLIS CONGENITAL OU ESSENTIEL

place derrière la tète ; s'il s'agit du droit, il se place sur le côté droit du sujet.

Avec le pouce et l'index de la main gauche, il saisit le sterno-mastoïdien et le fixe aussi solidement que possible.

Avec le ténotome pointu, il l'ait une ponction à la peau exactement sur le bord interne du muscle (fig. i3i), à un centimètre ou à un centimètre et demi au-dessus de la clavicule, pour éviter les gros troncs veineux de la

Ténotomie sous-cutanée du sterno-cléido-mastoïdien ; seclion du chef sternal .

base du cou. On doit s'être assuré qu'à l'endroit où l'on plonge le ténotome pointu il n'y a pas de rameau dépendant de la jugulaire antérieure.

On substitue le ténotome mousse au ténotome pointu ; on le glisse horizontalement et le tranchant tourné en haut au-dessous du muscle, jusqu'à ce que son extrémité atteigne le bord externe du tendon en suivant sa face profonde.

On tourne alors le tranchant directement en avant, de telle sorte qu'il appuie sur la face profonde du muscle. On commande à l'aide de tendre plus fortement celui-ci en exagérant le mouvement de redressement de la tête, et en faisant basculer un peu le manche de l'instrument de manière à porter son tranchant en avant, on sent la section du muscle se faire en quel-

SECTION DU MUSCLE STERNO-CLÉIDO-.MASTOÏDIEN \\n

que sorte d'elle-même ; on l'achève par un petit mouvement de va-et-vient imprimé au ténotome. Pendant que la section s'opère, l'index gauche du chirurgien, placé sur la peau, suit en quelque sorte le travail du ténotome, soutient le muscle et s'assure que l'instrument, après l'avoir divisé, ne vient pas blesser les téguments.

On perçoit une sensation de résistance vaincue, un craquement sec, la tète peut être relevée, inclinée vers l'épaule opposée et la face peut être tournée vers le côté rétracté ; l'on constate en même temps à la palpation une dépression profonde correspondant à l'écartement qui s'est produit entre les deux extrémités du muscle sectionné.

Le ténotome est retiré ; quelques gouttes de sang s'écoulent à peine par la petite plaie.

Si, pendant que l'aide cherche à redresser complètement la tête, on sent encore par la palpation quelques brides qui se tendent et s'opposent à ce cjue la déviation soit complètement corrigée, il ne faut pas chercher à les détruire par de nouvelles sections: celles-ci, dirigées vers les parties profondes, risqueraient d'intéresser les gros vaisseaux, jugulaires, carotide, veines thyroïdiennes ; il vaut mieux rompre ces derniers faisceaux musculaires ou tendineux et ces brides aponévrotiques parun massage énergique, par une sorte de taraudage fait avec le pouce refoulant la peau dans la dépression qui sépare les deux extrémités du muscle divisé. En même temps l'aide, agissant avec une force calculée, mais sans violence, sur la tête, complète le redressement du cou.

11 faut, pendant que l'enfant dort encore, insister sur ce redressement et arrivera une véritable sur-correction, telle que l'oreille du côté sain puisse être amenée au contact de l'épaule et que la face soit tournée franchement du côté malade ; pour atteindre ce but, il faut parfois exécuter une sorte de massage modelant des parties molles du cou et de la colonne cervicale.

On recouvre la plaie avec une compresse de gaze et un peu de ouate stérilisées, et on termine en appliquant un appareil plâtré qui maintien! la tête dans l'altitude de correction ainsi obtenue. Pour cela, on entoure le thorax et le cou d'une couche de ouate ou mieux encore d'un jersey en laine ; puis on confectionne avec des bandes plâtrées de Sayre un corset engainant le moitié supérieure du thorax, y compris les épaules et le cou. On immobilise la tèle au moyen d'une longue et large bande plâtrée qui enveloppe le front et dont les chefs, se croisant sur la nuque, viennent se fixer sur la partie antérieure de la portion thoraciquc de l'appareil.

Cet appareil est laissé en place pendant une quinzaine de jours ; puis, par des séances de massage quotidien, on cherche à fortifier le sterno-mastoïdien du côté opposé cl l'on fait exécuter à la lèlc des mouvements passifs, lléchissant la tète latéralement et tournant la face du côté malade.

Certains chirurgiens font pendant quelque temps porter au patient un

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