‹ Chirurgie orthopédiqueChapitre 48 sur 237 · CICATRICES VICIEUSES DU COUDE · texte numérisé non relu

CICATRICES VICIEUSES DU COUDE

parer la face profonde du lambeau des parties profondes par des tractions douces cpii font céder les adhérences celluleuses qui les rattachent en ménageant les vaisseaux de quelque importance qui y sont compris.

Si quelques vaisseaux saignent à la surface du lambeau, on les saisit pour quelques instants avec une pince hémostatique, ou bien on fait un peu de compression, mais il faut éviter autant que possible de placer sur le lambeau des ligatures. On affronte alors les bords de la plaie d'emprunt et on les unit par un nombre suffisant de points de suture au crin de Florence; il faut prendre ces crins forts et capables de supporter une traction énergique. Quelque énorme que paraisse au premier abord la perte de substance créée par la dissection du lambeau, il est très rare qu'on ne parvienne à la réunir en très grande partie ; on peut être toujours sûr par la suture de la réduire considérablement; on arrive parfois môme à la combler tout à fait.

Le lambeau, qui a été taillé à peu près de dimension correspondante à celle de la perte de substance, subit un retrait notable et paraît presque toujours très insuffisant d'abord ; mais, s'il a été bien calculé, il suffit de tirer un peu sur ses bords pour lui rendre toute son étendue et pour constater qu'il s'adapte d'une manière très satisfaisante ou tout au moins suffisante à la perte de substance qu'il est destiné à combler.

4" Réunion et suture. — On réunit alors bord à bord la circonférence du lambeau à celle de la plaie d'avivement. Le lambeau, un peu tendu, s'applique intimement sur cette surface, et l'on constate la cessation immédiate du suintement sanguin, soit du côté du lambeau, soit du côté de la plaie d'avivement.

Les points de suture qui fixent le lambeau à la plaie d'avivement doivent être placés de centimètre en centimètre environ ; on les multiplie au niveau des points où se manifeste une certaine tendance à l'écartement. Il faut soigner particulièrement la suture des angles, s'assurer que ceux-ci s'appliquent bien et, d'autre part, que des points de suture trop rapprochés ne menacent pas leur vitalité. Des points de suture, les uns profonds, comprennent toute l'épaisseur de la peau et du tissu cellulaire: ce sont les moins nombreux, ils risquent de comprendre des vaisseaux et d'augmenter les chances de nécrose ; les plus nombreux sont très superficiels et ne comprennent qu'une partie de l'épaisseur de la peau sur la plus grande partie de la circonférence de la plaie (fig. i55). C'est entre des surfaces cicatricielles et le lambeau que se fait la réunion des bords ; comme les points de suture coupent avec la plus grande facilité le tissu cicatriciel, il faut prendre une plus grande épaisseur de celui-ci dans chaque point de suture. On s'appliquera tout particulièrement à obtenir, ce qui est difficile lorsqu'il s'agit de lignes aussi irrégulières, un affrontement parfait et sans plissement des bords.

AUTOPLASTIE PAR LA METHODE ITALIENNE

o° Pansement et appareil; section du pédicule et soins consécutifs. —

On se borne, tout d'abord, à recouvrir le lambeau et ses environs d'un pansement provisoire, et on passe à la confection de l'appareil immobilisaleur qui doit maintenir le coude au contact du tronc.

Le membre étant placé dans une altitude telle que le pédicule du lambeau ne soit-ni tiraillé, ni replié, ni comprimé, on le cale, en quelque sorte, avec

Pic. i5d. — Traitement d'une palmure cicatricielle du coude par l'autoplastie italienne. a, premier lambeau emprunté au thorax et transplanté sur le pli du coude dans une opération antérieure; — b, deuxième lambeau emprunté ;'i la région épigastrique et transporté sur l'avant-bras, encore adhérent par son pédicule ;'i son point d'attache.

île la oiinlc. inlerposée entre le bras el le tronc depuis l'aisselle jusqu'au coude, et entre l'avant-bras cl la région épigastrique, sur laquelle celui-ci vienl m général -appliquer. On entoure ensuite le loul, membre et tronc, d'une couche suffisante d'ouate stérilisée, et on les immobilise dans celle position au moyen de circulaires et de 8 de chiffre alternant à la manière de l'appareil de Desaull pour les fractures de la clavicule. La main doit être laissée libre pour éviter les raideurs des doigts.

Pour fixer le membre, je donne la préférence aux bandes do toile, plus

BERCER ET BANZET. l3

Page 1