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ANKYLOSES COMPLÈTES DU COUDE

§ i . — Résection du coude pour ankyloses.

A. — Indications et contre-indications. — Dans les ankyloses complètes du coude, toutes les lois qu'on veut modifier la position du membre, ou récupérer des mouvements, c'est à la résection de cette articulation qu'il faut avoir recours. Cette règle ne comporte guère d'exceptions.

Les indications de la résection du coude pour ankyloses se sont notablement accrues et précisées; ses contre-indications sont peu nombreuses.

La nature de l'ankylose et sa cause ne sauraient, comme à l'épaule, constituer une contre-indication : les ankyloses consécutives aux tumeurs blanches, comme les ankyloses d'origine traumatique ou celles qui sont le résultat d'une arthrite infectieuse, peuvent être traitées par la résection. L'état défectueux de la musculature n'est pas une contre-indication absolue ; la persistance de foyers tuberculeux mal guéris au niveau des extrémités osseuses n'est qu'une indication de plus. « L'ankylose à angle droit, qui a été jusqu'à présent le résultat le plus souhaité dans les tumeurs blanches suppurées du coude, ne doit plus être dorénavant l'idéal du chirurgien », disait Ollier en 1868. Celte proposition, qui parut à cette époque d'une hardiesse exagérée est actuellement acceptée par tout le monde.

Le jeune âge des sujets n'est pas, comme pour les résections de l'épaule, une contre-indication absolue à la résection. En effet, les os du bras et de l'avant-bras ne se développent que dans une moindre proportion par ceux de leurs cartilages épiphysaires qui avoisinent le coude. Si chez les enfants de moins de 4 ou 5 ans la résection orthopédique doit être évitée, c'est surtout à cause des difficultés que rencontre chez eux le traitement consécutif; il est impossible à cet âge de compter sur une mobilisation active, et la mobilisation passive se heurte à leur extrême nervosité et rencontre des obstacles parfois insurmontables ; d'ailleurs, chez des enfants si jeunes, toute opération de celte importance comporte quelques

RESECTION DU COUDE POUR ANKYLOSES 20Q,

dangers. Passé l'âge de 6 ou 7 ans, au contraire, la résection trouve des conditions de plus en plus favorables (Ollier).

Les contre-indications tenant à l'état général, à un âge avancé, à une tuberculose viscérale en voie d'évolution, ou bien à un état local tel que, par suite d'une atrophie générale du membre, celui-ci doive rester après une intervention presque complètement inutile, sont des contre-indications qui n'ont rien de particulier à l'ankylose du coude.

L'indication capitale de l'intervention est tirée de l'attitude du membre ankylosé. L'ankylose rectiligne ou àangle très obtus du coude légitime, nécessite mêmel'intervcntion, et seule la résection, qui a pour but de rendre dans la mesure du possible les mouvements à l'articulation, mais qui, dans les cas même les plus défavorables, permet de substituer à une ankylose vicieuse une ankylose à angle droit, répond à cette double destination. L'indication ici même est pressante ; on doit opérer le plus tôt possible, dès que l'ankylose peut être considérée comme définitive, pour ne pas laisser les atrophies musculaires se produire. Ce n'est que dans les cas de contre-indications formelles à l'opération tirées du mauvais état général du sujet et de l'atrophie presque complète des agents musculaires, qu'à la place d'une résection, qui ne donnerait que des résultats fonctionnels insuffisants ou mauvais, l'on se bornerait à mettre le coude dans une attitude fléchie, plus favorable, par une rupture de l'ankylose ou par une simple ostéotomie.

L'indication de la résection est plus délicate à saisir quand l'ankylose où le membre est placé se rapproche de l'angle droit. Un membre ankylose dans cette position peut non seulement servir aux usages journaliers de l'existence, mais être employé à bon nombre de travaux professionnels. La néarthrosa consécutive à la résection peut donner un résultat fonctionnel parfait : c'est le cas lorsque, avec des mouvements un peu limités au point de vue de l'extension et de la flexion, elle laisse au membre une solidité parfaite sans mouvements anormaux de latéralité. Dans les cas de ce genre, le membre supérieur conserve toute sa force, comme il a récupéré presque toute sa mobilité ; si l'on devait toujours atteindre ce but, nul doute que, même pour les ankyloses à angle droit, la résection ne dût être considérée comme la règle.

Mais il n'en est pas toujours ainsi, et souvent la mobilité de la néarthrose ne s'obtient qu'aux dépens d'une parlie de la solidité et de la force du membre ; c'est ce qui arrive lorsque l'articulation nouvelle présente une mobilité plus ou moins accusée dans le sens de la latéralité, une certaine laxilé que la contraction des muscles du bras et de l'avanf-bras, maintenant les surfaces osseuses au contact, peut faire disparaître temporairement, mais qui par cela même est une cause de fatigue plus prompte pour les muscles et de moindre sécurité dans les travaux de force (pie le membre esl appelé à remplir.

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