LA GYMNASTIQUE ORTHOPÉDIQUE
doit toujours s'assurer que l'élève est dispose à obéir et se trouve dans l'attitude régulière reconnue comme position de départ.
Pendant les repos, les élèves se placeront dans le décubitus dorsal sur le matelas horizontal ou sur le plan incliné. S'ils restent debout, ils conserveront constamment une attitude régulière et le hanchement leur sera particulièrement interdit.
Nous allons passer en revue quelques-uns des exercices les plus simples et les plus recommandés dans le traitement de la scoliose essentielle. Nous prendrons pour type la variété la plus fréquente de scoliose, la scoliose dorsale primitive à convexité tournée vers la droite, avec courbure de compensation en sens opposé, c'est-à-dire à convexité gauche consécutive à la région lombaire. Nous indiquerons plus tard quelles modifications l'on fait subir à ces exercices dans le cas de scoliose dorsale primitive à convexité gauche et dans les autres formes de la scoliose, scolioses à grande courbure, scolioses lombaires primitives, scolioses irrégulières. Pour de plus amples détails sur la technique de la gymnastique orthopédique, nous renverrons le lecteur au Traité de gymnastique suédoise du professeur Wide (de Stockholm), au Traité pratique des déviations de la taille de M. Redard, et surtout à l'intéressant et si complet ouvrage de Mme Nageotte-Wilbouchewitch l.
Nous ne saurions clore ce paragraphe consacré aux généralités sans insister sur l'appui que la gymnastique orthopédique trouve dans l'emploi de moyens connexes, qui sont le massage, Yélectrisation et Y hydrothérapie.
Il n'est point de gymnastique sans massage : le massage préalable assouplit les masses musculaires et les dispose favorablement à l'exercice qu'elles vont accomplir; il agit en outre directement sur la circulation, sur l'innervation, sur la nutrition musculaire, dont il est un excitant des plus actifs : toute leçon de gymnastique gagnerait à être précédée d'une séance de massage portant surtout sur les muscles des gouttières vertébrales, des flancs et de la nuque, sur les muscles de l'abdomen, sur les muscle? fessiers.
Dans les cas plus sérieux, ces massages seront le prélude des manœuvres modelantes, des tentatives manuelles de redressement par lesquelles l'orthopédiste s'attaquera directement aux courbures anomales pour les combattre.
Quand il s'agit de fortifier les muscles, l'électrisation ne saurait être négligée : aussi dans les scolioses aura-t-on recours à la faradisation quotidienne des muscles défavorisés, diminués dans leur masse et dans leur activité fonctionnelle, principalement à celle des muscles des gouttières vertébrales appartenant au côté convexe. L'emploi des courants de nutrition, de
1 Mme Nageotte-Wilbouchewitch, Allas manuel de gymnastique orthopédique. Paris, 1903.
couranls galvaniques peu intenses peut également rendre des services, surtout lorsqu'à la fin de chaque séance on exerce la contractilité des muscles par des fermetures de courant au moyen du bouton interrupteur et en pratiquant quelques interversions de courant.
Il faudrait enfin n'avoir jamais vu la colonne vertébrale se redresser sous l'action de la douche froide pour douter de l'influence que l'hydrothérapie bien maniée peut avoir sur le redressement de ses courbures. La douche agit à la fois comme tonique général et comme stimulant de la contraction musculaire : chaque leçon de gymnastique orthopédique devrait être suivie d'une douche générale ; on insistera surtout sur l'emploi du jet brisé dirigé sur la région vertébrale ; pour accoutumer les enfants à l'eau froide, il est bon de recourir d'abord à des douches tempérées ou tièdes, que l'on fait suivre d'une douche froide très courte ; celle-ci peut être employée seule quand elle est bien supportée. La douche froide ne doit jamais durer plus de quelques secondes, quinze ou vingt au maximum.
§ 1. — Exercices généraux.
1° Redresser la colonne vertébrale par l'effort de la volonté, tel est le principe sur lequel Kjôlslads et, depuis, A. Tidemand ont fondé une méthode qui est presque une méthode d'auto-suggestion. L'enfant étant debout, les talons joints, les pieds ouverls à angle droit, on lui apprend à se représenter devant lui une croix dont la barre transversale serait à la hauteur de ses épaules ; l'élève doit s'identifier à la barre verticale de la croix, s'appliquer à confondre avec elle l'axe longitudinal de son corps, puis, élevant lentement les bras jusqu'à l'horizontale, il doit les superposer en quelque sorte à la barre transversale ainsi figurée. On restitue ainsi le sens de la ligne droite à l'enfant, et on lui apprend à rectifier automatiquement son altitude de manière à s'en rapprocher le plus possible.
Pour faciliter cette conception, on peut mettre l'élève en face d'une glace sur laquelle la croix en question est tracée à la craie ; il peut constater luimême de la sorte jusqu'à quel point ses efforts se rapprochent du but qu'il doit atteindre.
a) Le sujet étant donc dans l'attitude que nous avons décrite, on l'engage à redresser spontanément le corps comme s'il voulait s'allonger et loucher le plafond avec la tête, mais sans quitter ferre des talons et sans élever les épaules ; le mouvement de redressement, pendant lequel l'élève fait une forte inspiration, est maintenu quelques secondes, et suivi d'une pause ; on le répète dix ou vingt fois de suite.
Pour aider ce redressement actif, Tidemand fait porter aux enfants une
BERGER ET BANZET. 3
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ceinture embrassant le contour pelvien, et supportant deux poignées que l'enfant saisit avec les mains (fig. i3). La contraction des membres supérieurs donne un double point d'appui à l'extension du tronc.
b) On peut l'aire exécuter ce redressement actif sous une toise dontjja barre, reposant sur la tête de l'élève, est plus ou moins chargée; la gradua-
Fig. 14. — Redressement automatique de la colonne vertébrale, ceinture de Tidemand (Redard).
Fig. i5. — Redressement automatique de la colonne vertébrale.
tion de la toise donne la mesure de 1 elongation obtenue par le redressement volontaire du tronc (Vermeulen, voir p. i3i, fig. 117).
c) Le même exercice, sans se servir de la toise, peut être fait dans la station verticale, mains à la nuque ; le tronc bien redressé et rectiligne, les bras sont placés en extension latérale, les avant-bras fléchis, les mains ouvertes et se touchant par l'extrémité des doigts, reposant par la face palmaire de ceux-ci sur la partie inférieure de la nuque (fig. i5).
Pour développer chez l'enfani, le sens de la rectitude, Tidemand lui apprend en outre à se représenter un poids tel qu'un fil à plomb, suspendu
à l'ombilic, poids qu'il doit soulever de terre par le redressement du tronc sans s'élever sur la pointe des pieds.
Les exercices généraux ont lieu soit dans le décubitus dorsal, dans le décubitus ventral, enfin dans la station, avec ou sans appui.
Nous suivons pour la plupart d'entre eux le classement et la description donnés par Nageotte-Wilbouchewitch.
2° Décubitus dorsal. — L'élève est couché parterre, talons joints, épaules au même niveau, tète droite, bras étendus le long du corps en supination complète, afin de ramener les épaules en arrière en développant la poitrine ;
Fie. 16. — Exercice de développement (d'après Mmc Nageotte-Wilbouchewitch).
l'élève doit appliquer au plancher toute la surface postérieure du corps en effaçant le plus possible l'ensellure lombaire ; en partant de celte position, on l'ail exéculer les séries de mouvements que voici et dans chacune desquelles on fait travailler successivement les diverses parties du corps; chaque
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mouvement est répété de cinq à dix fois en comptant en cadence ; chaque mouvement doit être accompagné d'une inspiration profonde ; il se termine par le retour rapide à la position de repos (position initiale).
Série A. — a) Les bras étendus en supination le long du corps sont portés: a) en croix; |3) sur les côtés delà tête, aussi tendusquepossible (fig. iG).
b) Lever chaque jambe jusqu'à la verticale, genou tendu, tandis que l'autre membre reste immobile.
c) Tourner la tète de chaque côté jusqu'à ce que la joue touche la terre sans modifier la position des épaules, du tronc ni des membres supérieurs.
Série B. — a) Les avant-bras fléchis, les poings fermés placés en avant
Fig. 17. — Exercice de développement.
des épaules, sont successivement portés par l'extension brusque des membres supérieurs dans les quatre directions : a) en bas, le long du corps ; p) en croix, transversalement ; y) en avant, verticalement ; 3) en haut, sur les côtés de la tête (fig. 17).
b) Écarter chaque membre] inférieur, le genou tendu et le porter dans l'abduction forcée, puis le ramener au contact du membre opposé.
c) Fléchir la tête jusqu'au contact du menton et du sternum, revenir lentement à la position de repos.
Série C. — a) Tour de bras ; mouvement circulaire, les bras en supination décrivent un demi-cercle en rasant la terre pour se rejoindre au-dessus de la tête ; là les doigts s'enlre-croisent, l'élève s'étire le plus possible et ramène les bras parallèlement en décrivant un demi-cercle dans un plan vertical.
b) Tour de jambe (fig. 18) ; la jambe tendue est levée verticalement, portée
FlG. lS.
Tour de jambe.
en dehors, à terre, et ramenée à sa place initiale, le reste du corps restant immobile.
c) Tour de tête ; la tête est d'abord fléchie ; le menton arrivé sur le sternum, la tête s'incline de manière à amener l'oreille au contact de l'épaule, et revient à la position de repos par le même trajet.
Série D. — a) S'asseoir sans s'aider dos bras, le dos droit, la tête droite ; se recoucher très lentement sans arrondir le dos.
Cet exercice, qui agit puissamment sur les muscles érecteurs du rachis, sur les psoasiliaques en particulier et sur les grands droits de l'abdomen, est difficile ; on aidera l'élève, dans les commencements, en fixant les deux membres inférieurs par terre.
Le même exercice peut être exécuté sur la banquette ou le plint, le tronc dépassant en partie l'extrémité de celui-ci : dans ce cas, les jambes doivent être fixées par une sangle à la banquette. 11 se fait mieux encore dans la sla-
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tion couchée avec les jambes pendantes à l'extrémité de la banquette; l'élève, assis sur l'extrémité du plint élevé, les jambes pendantes, se couche sur le dos, les mains sur les hanches ; les genoux sont fixés au plint par la sangle ou parle maître ; l'élève se relève alors doucement en avant (fig. 19). Ce mouvement, qui est fatigant, doit être fait très régulièrement et graduellement; il doit être aidé au début par le maître. Plus tard, on peut l'exécuter
Fig. 19. — Relèvement du tronc dans le décubitus dorsal.
comme mouvement résistant, tandis que le maître résiste au mouvement avec la main appuyant sur le front dans le relèvement, sur le dos ou sur l'occiput quand l'élève se recouche. On doit observer un petit temps d'arrêt aux positions extrêmes, assise et couchée, pour permettre à l'élève de respirer.
6) L'élève dans le décubitus dorsal lève les deux jambes tendues et rassemblées jusqu'à la verticale pour les abaisser ensuite lentement.
3° Décubitus ventral. — A. Relèvements de la tête et du tronc. — a) L'élève couché à plat ventre sur la banquette, les membres inférieurs solidement maintenus par un aide ou par une sangle, les deux mains placées
derrière la tête, relève d'abord la tête, puis le tronc eh s'arquant en arrière aussi fort que possible, et en faisant une grande inspiration. Après être resté
g . 20. — Relèvement de la lète et du tronc dans le décubitus ventral, position initiale
quelques instants dans cette position, il revient doucement à la position initiale (fig. 20 et 21)..
Le même mouvement, redressement effectué.
6) Le même exercice se fait les deux membres supérieurs fortement tendus derrière le dos, les mains rapprochées derrière le siège (fig. 22 et 23).
c) Quand l'élève, est plus accoutumé, on l'ait le même mouvement en station couchée faciale avancée, la partie supérieure du corps dépassant l'extrémité du plint; il faut, dans la position de repos, que le maître soutienne par les aisselles L'élève qui appuie ses mains sur ses épaules. L'élève abandonne cet appui et se maintient horizontalement étendu ou même plus ou moins arqué en arrière, par sa force musculaire, les mains aux hanches, ou croisées derrière la tête, ou les bras étendus au-dessus de la tête ou en croix (fig. 8). — Chaque soulèvement est suivi d'une pause de quelques secondes.
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Ces exercices, quoique fatigants, ne sauraient trop être recommandés : ils agissent puissamment pour fortifier les muscles érecteurs du tronc; on les
Fig. 22. — Relèvement de la tête et du tronc, position initiale, transforme souvent en exercices spéciaux de redressement en donnant aux
Fig. 23. — Le même mouvement achevé.
membres supérieurs une attitude en rapport avec la forme de la déviation à corriger.
B. Natation. — L'élève, couché sur le sol, relève l'avant-corps en exécutant
Fig. 2/1. — Mouvements de natation.
avec les membres supérieurs le mouvement circulaire de la brasse, mais en laissant les paumes en supination constante, contrairement à l'attitude réelle
de la natation, afin de ne pas détacher les omoplates du thorax (fig. 24) ; les coudes ne doivent pas s'appuyer par terre, pour éviter l'enseilure passive (Mme Nageotle-Wilbouchewitch).
C. Relèvements des membres inférieurs. — a) Dans le décubitus ventral, lever chaque jambe tendue aussi haut que possible en arrière en la portant dans l'hyperextension, la tête reposant sur la joue du même côté.
b) Les deux membres supérieurs étant fortement étendus derrière le dos, les mains rassemblées au niveau du siège, relever aussi haut en arrière que possible les deux membres inférieurs assemblés et fortement étendus ; cet exercice est difficile, fatigant, mais très efficace pour exercer les fessiers, les carrés lombaires, la masse sacro-lombaire.
Fig. 25. — Cheval mécanique (Mme Nageolte-Wilbouchewitch).
D. Mme Xageotte-Wilbouchewilch conseille enfin un mouvement qu'elle compare à celui du cheval mécanique des foires et dans lequel l'élève, placé dans la position genu pectorale, exécute des mouvements de va-et-vient du tronc parallèlement à l'axe longitudinal du corps (fig. 25).
\" Station debout. — a) L'élève, adossé ou même attaché par la ceinture au mur ou à un poteau, appliquant contre ce plan toute la face postérieure du corps, tenant les membres supérieurs en supination, répète avec appui d'abord tous les mouvements appartenant aux trois premières séries (A, B, C) de ceux qu'il a exécutés dans le décubitus dorsal.
Quand il a pris l'habitude de conserver l'équilibre et de se tenir droit sans ensellure, les mêmes mouvements sont répétés sans appui dans la station debout (fig. îfi et 17).
b) Il faut y joindre des mouvements de flexion du tronc en avant, que l'enfant, fixé d'abord au poteau par la ceinture, puis libre, exécute vivement, comme s'il voulait chercher la pointe de ses pieds avec l'extrémité de ses doigts étendus, toujours en supination; ce mouvement de flexion est suivi d'un mouvement de redressement par lequel le corps se remet dans la rectitude, les deux membres supérieurs s'élevant dans la verticale des deux côtés
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de la tète aussi haut que possible pendant que l'enfant fait une profonde inspiration; puis, après une courte pause, les deux bras étendus sont rabattus en croix d'abord, dans le plan du tronc, puis le long du corps, pendant que l'élève fait une expiration.
c) Exercices avec les perches (fîg. 26) : l'élève saisit les perches au-dessus de sa tète, et, les deux pieds placés entre elles, se porte en avant aussi loin que possible, puis il revient en arrière tout d'une pièce, sans néanmoins plonger en arrière avec le bassin.
Ces exercices sont essentiellement des exercices actifs; mais on transforme à volonté certains d'entre eux en exercices résistants, le maître opposant une force calculée à leur exécution. Il en est ainsi surtout pour les mouvements de redressement du tronc dans le décubilus ventral, particulièrement dans la station couchée faciale avancée. Une pression graduée, exercée avec la main sur l'occiput, sur la nuque, sur le dos, permet à l'élève de développer dans l'exécution du mouvement une force de plus en plus considérable.
Un grand nombre d'exercices orthopédiques peuvent être exécutés avec les agrès ordinaires de gymnastique: les anneaux, le trapèze, la barre fixe, l'échelle horizontale ou oblique.
On trouvera dans la récente publication de Mikiilicz et de Mme Tomasczewski la description de ceux qui peuvent être le plus utilement prescrits l.
Fig. 26. — Exercice d'assouplissement aux perches (Mikiilicz).
S 2. — Exercices spéciaux.
Tous les exercices que nous avons passés en revue étaient symétriques; ceux qui vont être décrits sont asymétriques et ont pour but de lutter contre les déviations acquises en imprimant aux segments correspondants du sque-
1 Prof, von Mikulicz et Valeska Tomasczewski, Orthopœdische Gymnastik gegen Riickrjratsverkriïmmungen.
lette une courbure en sens opposé, ou en exerçant d'une manière spéciale les muscles affaiblis, ceux qui correspondent d'ordinaire aux convexités vertébrales. Nous nous supposerons toujours dans le cas d'une scoliose dorsale primitive à convexité droite, avec une courbure lombaire de compensation à convexité tournée vers la gauche.
i° Station debout. — a) L'élève, répétant la manœuvre de Kjôlstads-Tidemand, redressant le corps par l'action de la volonté, comme s'il voulait
Fie. 27. — Exercice do Ilofla, position
Fie 28. — Exercice de Iloffa, premier temps.
s'agrandir, incline en haut la bosse pariétale opposée à la convexité dorsale, la gauche par exemple, comme pour repousser avec elle le plafond.
L'exercice de la toise est modifié de la même manière.
b) Le redressement actif des courbures est obtenu par l'altitude et par l'exercice suivants :
La main gauche est mise sur la tôle, le coude gauche placé le plus haut possible et bien dans le plan transversal du corps ; la main droite presse, avec la paume ouverte, sur la saillie costale au-dessous de l'omoplate, le
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pouce reposant en arrière sur le dos et, si possible, sur l'angle de l'omoplate, les quatre doigts placés en avant (fig. 27); enfin, l'élève met la jambe droite un peu en avant et en abduction, pendant que la gauche reste étendue et bien fixée (fig. 28 et 3o).
Dans celte altitude, qu'on peut donner comme l'altitude fondamentale pour combattre la scoliose dorsale droite, l'écartement et l'abduction légère du membre inférieur droit entraînent l'abaissement du côté correspondant
Fig. 29. — Exercice de Hoffa, deuxième temps.
du bassin, et tendent à transformer la convexité gauche de la courbure lombaire en une convexité droite ; la main droite, par l'intermédiaire de la gibbosité costale, tend à déprimer la convexité de la région dorsale droite du rachis, pendant que l'épaule gauche est attirée en haut par la position élevée du coude.
Cette position prise, le maître commande de fléchir fortement le genou droit, en même temps que l'élève courbe la partie supérieure de son corps vers la gauche en élevant le coude gauche autant que possible et en cherchant de la main droite à enfoncer la bosse avec toute la force dont il dispose (fig. 29 et 3i). Ces mouvements simultanés sont répétés un certain nombre de fois d'une manière rythmique, pendant que le maître veille à ce que le bassin reste immobile (Hoffa).
c) Quand le sujet est placé dans cette attitude fondamentale, le maître, placé derrière l'élève, fixant la partie gauche du bassin, agissant de sa main gauche sur le bras gauche de l'élève placé sur la tête de celui-ci, infléchit fortement vers la droite le tronc de l'élève, en le faisant basculer par une
Fig. 3o. — Le miime exercice, premier temps, vu de clos.
Fig. 3i. — Le même exercice, deuxième temps, vu de dos.
pression énergique, pendant qu'avec sa main droite il maintient le coude droit de l'élève, autour duquel s'exécute ce mouvement.
cl) Pour redresser la convexité dorsale droite, l'élève étant debout, les membres inférieurs joints, les bras en croix, fléchir latéralement la partie supérieure du tronc vers la droite jusqu'à ce que les deux membres supérieurs se rapprochent de la verticale, le droit en bas, le gauche en l'air.
e) Pour combattre la courbure lombaire à convexité gauche, la jambe droite étendue, la jambe gauche fléchie sur la cuisse de manière à permettre aux bras tendus de toucher la terre, les bras étant en croix, le thorax bien tendu et roide est incliné vers la gauche, le dos glissant le long du mur, de manière que la flexion latérale se fasse dans la région lombaire (fig. 32).
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Ou bien encore la jambe gauche est tendue ; tout le corps droit roide, les bras en croix, bascule autour de l'articulation coxo-fémorale gauche. La jambe droite, pendanle, contribue par son poids à redresser la concavité lombaire droite (fig. 33). Dans un deuxième temps, la flexion latérale atteint le maximum, la jambe droite est levée pour permettre à la main gauche
Fig. 32. — Flexion du tronc dans la région lombaire (Mme Nageotle-Wilbouchewitch).
Fig. 33. — Flexion du tronc dans la région lombaire (Mme Nageotte-Wilbouchewitch).
d'arriver à terre (Mme Nageotte-Wilbouchewitch). Ces mouvements d'inflexion latérale, même avec appui, sont difficiles à exécuter.
2° Position assise. — Les mêmes exercices d'inflexion du tronc, particulièrement ceux qui sont exécutés la main gauche sur la tête, la main droite appuyée sur la saillie costale droite, peuvent être exécutés, le sujet étant assis sur un tabouret ou à cheval sur la banquette.
L'attitude suivante, recommandée par A. Wide, de Stockholm, peut aussi être recommandée : le sujet assis, la fesse gauche et la cuisse gauche fléchie reposant sur le tabouret, le membre inférieur droit est tendu en arrière aussi
fort que possible, le bras gauche est élevé et fortement tendu en avant,
Fig. 34- — Attitude stationnaire assise (A. Wide).
pendant que la main droite appuie de toute sa force sur la gibbosité costale droite (fig. 34).
3° Décubitus ventral. — L'élève, étant dans le décubitus ventral %ur la
Fig. 35. — Relèvement du tronc dans le décubitus ventral.
banquette ou dans la station couchée faciale avancée, répétera les mouvements de redressement du tronc en arrière en plaçant la main gauche sur la
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tête ou derrière la nuque, la main droite sur la convexité thoracique ou derrière le dos (fîg. 35).
4° Décubitus latéral. — L'élève se place sur le plint dans la posilion couchée latérale avancée, couché sur le côté gauche, les jambes fixées par un aide ou par la courroie, débordant de la partie supérieure du corps l'extrémité de la banquette ; il place sa main gauche sur la tête, ou derrière la nuque, sa main droite ouverte sur la saillie costale, qu'elle refoule vers la gauche ou simplement reposant sur la planche. Soutenu dans cette attitude
Fie 86. — Relèvement latéral du tronc dans la position couchée latérale avancée.
latérale par un aide, l'élève relève le tronc en s'arquant vers la droite aussi fortement que possible (fîg. 36).
Tous ces exercices, assez pénibles, doivent être surveillés de près par le maître. Le seul que le malade puisse et doive répéter seul, et cela un grand nombre de fois dans la journée, est celui qui consiste dans le redressement actif des courbures dans l'attitude fondamentale debout (exercice de Hoffa). On ne saurait trop engager les enfants à le répéter le plus souvent possible quand ils ont pris l'habitude de l'exécuter régulièrement.
§ 3. — Exercices de suspension.
Ils établissent la transition entre les exercices gymnastiques proprement dits et les manœuvres modelantes et les manipulations, ainsi que les moyens mécaniques de redressement.