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TRAITEMENT DU DOIGT A RESSORT

Le doigt à ressort n'est justiciable d'une intervention opératoire que dans les cas assez rares où l'examen de la région et l'analyse des symptômes indiquent l'existence d'un obstacle mécanique produisant l'arrêt dans le mouvement de flexion (épaississemcnt ou tumeur de la gaine ou du tendon, synovite fongueuse localisée, ou bien obstacle articulaire bien net, vérifié par la radiographie, modification très manifeste de la forme des surfaces articulaires, corps étrangers). Dans beaucoup de cas même où une lésion existe, elle ne saurait justifier une opération sanglante ; en effet, toute lésion, quelle qu'elle soit, capable d'irriter par son voisinage l'appareil tendineux, peut provoquer chez un sujet prédisposé le spasme fonctionnel d'où résultera le phénomène du ressort.

Le symptôme désigné par le terme général de doigt à ressort est, dans un assez grand nombre de cas, susceptible de guérir par des moyens locaux autres que l'opération et par le traitement médical.

Ce traitement, qui consiste dans l'application de bains locaux, de la médication révulsive et surtout dans l'emploi du massage, de l'électrisation et d'une gymnastique orthopédique appropriée, a l'inconvénient d'exiger, pour agir efficacement, un temps très long.

Aussi ne peut-il guère être suivi par les artisans, les manouvriers et les sujets dont la profession exige une prompte guérison ; c'est donc le plus souvent chez ces sujets, auxquels le traitement médical ne peut convenir, que se posera l'indication d'une intervention chirurgicale.

Si. — Doigt à ressort d'origine spasmodique.

Le traitement sans opération est applicable à toutes les variétés de doigt à ressort, lorsque les indications opératoires ne se posent pas nettement.

DOIGT A RESSORT D'ORIGINE TÉiNOSYNOVIALE 287

C'est le seul traitement auquel il convienne de recourir dans les différentes variétés de doigt à ressort dues, soit à des modifications de la direction de l'action musculaire clans les mouvements de flexion et d'extension, soit à un spasme réflexe provoqué par une irritation locale, ou se produisant chez des névropathes présentant différents troubles de la motilité.

Chez ces sujets, il faut d'abord recourir, s'il y a lieu, au traitement général destiné à combattre l'état névropathique ; il faut utiliser en même temps les moyens d'action locaux, agissant contre l'élément spasmodique : révulsifs, bains locaux destinés à combattre l'irritation douloureuse causale, bains de vapeur, repos, massage et gymnastique orthopédique, faradisalion.

Le massage est pratiqué surtout au niveau de l'avanl-bras, de façon à modifier la nutrition des fléchisseurs ; le massage consistera en frictions centripètes et en tapotements des muscles, répétés tous les jours.

La gymnastique doit être à la fois active et passive. Les malades exécutent plusieurs fois par jour une série de mouvements brusques du membre supérieur dans toutes les directions, extension, abduction, élévation, flexion, les doigts étant maintenus dans l'extension.

Les mouvements passifs consistent dans une sorte d'élongation des muscles fléchisseurs par une extension forcée de F avant-bras et de la main, le doigt malade étant maintenu en extension. On cherchera graduellement à localiser l'action de ces mouvements sur le doigt malade, en exagérant sa flexion et son extension ; on aura recours, parfois avec avantage, aux appareils mécanothérapiques que nous avons décrits ailleurs (fig. 178, 179). La faradisation doit surtout porter sur les muscles extenseurs des doigts ; elle veut être appliquée avec beaucoup de prudence : séances courtes, bobine à gros fils, interruptions espacées.

S 2. — Doigl à ressort d'orig-ine ténosynoviale.

L'indication, quand il y a un obstacle mécanique au jeu du doigt, que cet obstacle réside dans le tendon ou dans sa gaine, ou dans l'articulation dont le mouvement est gêné dans son exécution, est de supprimer cet obstacle par une opération appropriée à la nature de l'obstacle.

Traitement opératoire. — Le malade étant anesthésié, on procède, de la façon la plus rigoureuse, au nettoyage de la région opératoire; l'opération ne doit être, en effet, pratiquée que sous le couvert de l'asepsie la plus rigoureuse, car la moindre faute pourrait exposer à des conséquences graves au point de vue du fonctionnement ultérieur du tendon, par suite de la production d'adhérences entre les deux feuillets de la synoviale.

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