TRAITEMENT DU DOIGT A RESSORT
On applique ensuite la bande d'Esmarch, car il est indispensable d'éviter le saignement en nappe, toujours assez abondant dans les opérations pratiquées sur la main sans ischémie préalable, et qui rend très difficile l'examen minutieux des parties malades.
i° Intervention sur le tendon et sur sa gaine. — On fait une incision de 3 à 4 centimètres, répondant par son milieu à la nodosité du tendon, ou, à défaut de celle-ci, à l'interligne métacarpo-phalangien.
La gaine du tendon étant mise à nu, on cherche à se rendre un compte exact de la nature de l'obstacle par la vue et par la palpation, tout en imprimant des mouvements de flexion et d'extension au doigt.
On pratique alors un débridement de la gaine du tendon, sur une étendue de 1 à 2 centimètres.
Lorsqu'on a constaté la présence d'une tumeur tendineuse, il ne faut chercher à l'extirper que lorsqu'elle est énucléable ou, tout au moins, qu'elle peut être extirpée sans intéresser la continuité du tendon. Lorsqu'elle ne peut être enlevée sans qu'on fasse subir à celui-ci une véritable perte de substance, il faut renoncer à son ablation et se contenter du simple débridement de la gaine.
Lorsque c'est une tumeur de la gaine elle-même qui constitue l'obstacle, on en pratique l'extirpation si celle-ci est possible. S'il s'agit seulement d'un épaississement, le débridement de la gaine suffit à rendre au tendon la liberté de son jeu.
Lorsqu'on a été obligé de fendre la gaine dans une étendue assez considérable, on place un ou deux points de catgut à chacune des extrémités de l'incision ; mais il est toujours bon de laisser au milieu une partie non réunie, de manière à éviter que le rétrécissement ne se reproduise.
La plaie cutanée est suturée au crin de Florence, et on procède à l'application du pansement. Le doigt doit être immobilisé pendant une huitaine de jours sur une petite attelle ; mais il ne faut pas tarder, pour éviter les roideurs, de recourir à la mobilisation passive du doigt.
§ 3. — Doigt à ressort d'origine articulaire ou ligamenteuse. Traitement opératoire: section partielle de l'un des ligaments latéraux dans son faisceau glénoïdien ou pnalangien.
Cette opération, conseillée par Poirier, pourrait être appliquée lorsque le phénomène du ressort est bien manifestement la conséquence, soit d'une déformation des surfaces osseuses, soit du raccourcissement des ligaments latéraux (fig. 23o et 23i).