MANOEUVRES APPLICABLES AUX CAS OU LE PROCÉDÉ HABITUEL ÉCHOUE 30O
l'extension sur la cuisse: l'abduction est augmentée progressivement jusqu'à ce que la région sus-trochantérienne du petit malade vienne appuyer sur le coin fixé sur la table. La situation du sujet est alors telle que l'angle du coin déprime les téguments au-dessus du grand trochanter ; le bassin étant toujours solidement immobilisé, le chirurgien saisit la cuisse au niveau de son extrémité inférieure et exécute lentement un puissant mouvement d'abduction dans lequel le fémur agit comme un levier interrésistant, la résis-
Fig. 2^7. — Table de Lorenz pourvue <le coins pour la réduction des luxations congénitales ilo la hanche : un des coins esl renversé el présente à sa face inférieure les chevilles au moyen desquelles on le fixe sur la lable dans la position voulue pour opérer la réduction.
tance étant représentée par le coin sur lequel appuie le grand trochanter. Le fémur exécute alors un mouvement de bascule, grâce auquel la tête fémorale franchil par un brusque ressaut le bord postérieur de la cavité cotyloïde.
Le coin peut être remplacé par l'avant-bras de l'opérateur, placé sous le trochanter (fig. 2/|8). Toutes ces manœuvres, parfois nécessaires, souvent couronnées de succès, sont dangereuses; elles exposent toutes à la fracture du fémur. Il en esl de même des suivantes :
•• Réduction par le bord inférieur du cotyle. Mouvement de circumduction. Mouvement de pompe. — Dans les cas difficiles, à la limite de l'irréductibilité, soil eu raison de la disposition delà capsule, soil parce qu'on ne peul arriver à triompher complètemenl du raccourcissement, on porte d abord sur le coin la cuisse en flexion forcée sur le bassin; on la place
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REDUCTION MANUELLE EXTEMPORANÉE
ensuite en abduction à- 90°, puis, en passant de cette position à Thypérextension, on arrive quelquefois à faire passer la tête par-dessus le bord inférieur du cotyle (Lorenz). Cette manœuvre peut ne pas réussir du premier coup; il faut alors la recommencer à plusieurs reprises.
Hoffa place son avant-bras sous le Ir'ochanter comme point d'appui, le membre étant en abduction à angle droit et en forte rotation en dehors, et fait exécuter à la cuisse des mouvements de va-et-vient dans le plan horizontal comme avec le levier d'une pompe (mouvement de pompe). Ces manœuvres, si elles sont faites avec la force nécessaire, ne sont pas exemptes de danger : je les ni vu déterminer In fracture du fémur.
Fig. 248. — Réduction sur l'avant-bras servant de point d'appui (Brun).
3° Modifications du traitement préparatoire applicables à certains cas. — Quand en raison de l'âge du malade, du déplacement considérable delà tête en haut et en arrière, on prévoit des difficultés de réduction particulières, on cherche, par diverses modifications du traitement pré-opératoire, à diminuer les obstacles qu'apporte à la réduction la tension des parties molles, et à favoriser l'abaissement de la tète fémorale.
Dans ces conditions, on peut substituer aux ruptures musculaires, pra tiquées dans le premier temps de l'opération, la ténotomie des muscles rétractés, tenseur du fascia lata et couturier au-dessous de l'épine iliaque, adducteurs au pubis, biceps, demi-membraneux et demi-tendineux au creux poplité.
Après avoir pratiqué la ténotomie, on soumet le membre à l'extension continue; celle-ci se pratique avec l'appareil imaginé par Hennequin pour le traitement des fractures du fémur, par les tractions continues : on laisse l'enfant soumis ainsi à la traction par les poids pendant une période de trois ou quatre semaines.
4° Extension au moyen de la vis de Lorenz. — Pour pratiquer l'extension ,