RÉSULTATS DE LA MÉTHODE SANGLANTE
obtient par la méthode sanglante, car la saillie du bord postérieur du cotyle n'a pas été nivelée par l'évideraent de celui-ci, son accès est moins largement ouvert, la capsule résiste encore par plusieurs de ses faisceaux. D'autre part, la tête fémorale, moins bien maintenue dans la cavité cotyloïde rudimentaire, s'en échappe avec la plus grande facilité. Ce procédé n'est donc utilisé que dans des cas exceptionnels, car ceux auxquels il semblerait s'adresser sont essentiellement justiciables de la méthode non sanglante.
§ 3. — Résultats de la méthode sanglante.
i° Insuccès et cas malheureux. — a) Mortalité. — Voici ce que donnent, au point de vue du chiffre de la mortalité, les principales statistiques de réductions de la luxation congénitale de la hanche par la méthode sanglante :
Statistique de Bradtord SO opérés 3 morts
— Gibney 6 — 2 —
Kirmisson 28 — 3 —
Broca 39 — 3 —
Hofta Î00 7 —
— Lorcnz 2S0 — 4 —
Il est à noter que, dans tous ces relevés d'opérations, la mortalité est d'autant plus faible qu'elle porte sur des chiffres plus considérables, en d'autres termes qu'il y a d'autant moins de cas mortels que le chirurgien a répété un plus grand nombre de fois l'opération. D'autre part, dans ces statistiques étendues, on voit que la mortalité correspond surtout aux cas initiaux, c'est-à-dire aux premières tentatives opératoires de chaque chirurgien. Ainsi Kirmisson a eu 2 morts dans ses huit premières opérations ; Hoffa a eu 6 morts dans sa première série, les dernières ne comprennent pas un seul décès; Lorcnz a eu 2 cas île mort dans ses douze premières opérations.
Le danger de l'opération sanglante diminue donc avec l'expérience qu'en acquiert le chirurgien qui la pratique, par conséquent, avec la snrelé et la perfection de son exécution.
Ce sont presque toujours des accidents de septicémie cjui sont la cause de la mort à la suite de l'opération sanglante. La fréquence des complications sepliques s'explique ;iisémenl par l'étendue de la plaie, son irrégularité, le décollement des espaces inler-musculaires et du tissu cellulaire profond, la section capsulaire, l'avivemcnldes surfaces osseuses. L'infection opératoire,
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si facile à expliquer chez les jeunes enfants par les manœuvres multipliées que l'on est obligé de faire pour obtenir la réduction, devient, dans ce terrain propice, l'origine de suppurations, qui peuvent devenir graves.
Ce sont donc des fautes opératoires qui causent la mortalité, et une asepsie rigoureuse est d'une nécessité absolue dans cette intervention.
6) Récidives après l'opération sanglante. — Les statistiques sont peu explicites sur le chapitre des récidives.
Broca signale sur 3g cas 3 récidives.
Lorenz en note également dans ses observations; Hoffa avoue qu'elles peuvent se produire, mais dit qu'elles sont rares.
Fig. 266. — Luxation congénitale de la hanche gauche ; malade avant l'opération
de réduction sanglante ; vue de face.
Fig. 267. — La même vue de face après l'opération (Kirmisson).
Fig. 268. — La malade vue de profil avant l'opération.
Fig. 269. La même vue de profil après l'opération : disparition de la cambrure
lombaire (Kirmisson).
Il est donc certain que, malgré tous les soins du chirurgien, la tête peut après l'opération s'échapper du cotyle et la luxation se reproduire.
c) Ankylose de la hanche. — Dans un certain nombre des cas, on voit survenir, à la suite de l'intervention, "une ankylose vicieuse avec flexion et