‹ Chirurgie réparatrice et orthopédiqueChapitre 100 sur 257 · I. — Procédés non sanglants · texte numérisé non relu

I. — Procédés non sanglants

I. — Appareils de contention de la tête fémorale. — Ces appareils,

Fig. 246. — Corset s'opposant à l'ascension fémorale, tout en soutenant le rachis.

très anciennement utilisés, ont pour but d'arrêter le va-et-vient de la tête en

donnant un point d'arrêt, ou plafond artificiel, au trochanter. C'est là le rôle des corsets orthopédiques à concavité inférieure, moulant la saillie trochantérienne, l'appuyant et l'arrêtant dans sa marche. Nous donnons (fig. 246) un modèle de ce genre de corset qui comporte sur les côtés deux tiges latérales avec béquillons sousaxillaires.

Ces ceintures orthopédiques doivent être faites sur un moulage prenant bien la forme du bassin et de la saillie trochantérienne. Elles sont construites en cuir ou en celluloïd ; les modèles en sont nombreux. Grâce à ces corsets, la boiterie est Fig 247. — Dispositif de Calot. atténuée, la colonne vertébrale soutenue.

[GUYOT

et la fatigue à la marche sensiblement diminuée. Il y a avantage à ajouter à ces appareils le dispositif préconisé par Calot, avec engrenage et excentrique destinés à presser sur les trochanters (fig. 247).

II. — Correction de l'attitude vicieuse. — Celle-ci est plus ou moins accentuée, elle atteint son maximum dans la luxation bilatérale. En pareil cas, le bassin est fortement incliné en avant; la flexion des cuisses est très marquée. Les genoux s'entrecroisent et se heurtent au cours de la marche. L'adduction est parfois si prononcée qu'elle constitue une véritable infirmité qu'il y a lieu de prévenir et de combattre. On peut corriger ces attitudes de plusieurs manières: 1° méthodes de douceur; 2° méthodes de force sous anesthésie générale ; 3° appareils orthopédiques.

A) Méthodes de douceur. — Elles consistent à faire chaque jour des séances de massage et de mobilisation portant plus spécialement sur les adducteurs et les fléchisseurs de la cuisse. Il faut essayer d'allonger ces muscles qui rétractés se tendent au cours de ces manœuvres comme des cordons inextensibles et durs. Chez des sujets jeunes, ces exercices quotidiens et progressifs pratiqués d'abord parle médecin, puis par une mère intelligente, sont susceptibles de donner à la longue d'excellents résultats. Chez les sujets plus âgés, l'amélioration est plus longue à obtenir. Elle peut nécessiter l'emploi de ténotomies qui abrègent sensiblement la durée du traitement. L'effort thérapeutique doit surtout porter sur les muscles adducteurs qui, raccourcis et rétractés, s'opposent dans certains cas d'une manière absolue à la correction de l'attitude vicieuse. C'est alors que les exercices de redressements, la mécanothérapie, devront toujours être précédés delà ténotomie de ces masses musculaires.

B) Méthodes de force. — La correction des attitudes vicieuses peut être obtenue en une seule séance sous anesthésie générale. Il faut rechercher, autant que possible, l'hypercorrection par des manœuvres vigoureuses sur les tendons rétractés ; on doit alors recourir au pétrissage et dans quelques cas à la rupture sous-cutanée. Ces manœuvres, qui nécessitent un grand déploiement de forces, seront toujours faites avec prudence. Lorsque la correction a pu être obtenue, on applique un grand appareil plâtré allant de l'ombilic au genou. Au bout de deux ou trois mois, celui-ci est enlevéet remplacé par un appareil en celluloïd maintenant l'attitude obtenue, facilitant le massage, la mobilisation et l'électrisation quotidienne des muscles, ainsi que l'usage de la marche

Ce traitement palliatif, excellent chez des sujets jeunes, de 10 à 16 ans, est susceptible d'améliorer sensiblement l'infirmité dont ils sont atteints. Chez les adultes, il devra être utilisé avec une grande prudence et après l'emploi prolongé des méthodes de douceur.

C) Appareils orthopédiques. — Ces appareils ont pour but de maintenir la correction obtenue par les procédés précédents. Ils sont essentiellement constitués par des tiges métalliques associées à des lamelles de cuir et de

GUYOT

celluloïd. Grâce à des articulations bien étudiées, ils permettent de combattre l'adduction et la flexion de la cuisse (fig. 248). Pour corriger le genu valgum, Calot préconise l'appareil que nous reproduisons (fig. 249). Celuici épousant la mauvaise attitude du membre, redresse progressivement la jambe : en actionnant la vis A, la partie B de l'appareil vient presser sur le condyle interne qui se trouve progressivement porté en dehors.

Fig. 248. — Appareil maintenant le membre en extension et abduction (Calot).

Page 1