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II. — Interventions chirurgicales

Nous ne citerons que pour mémoire les tentatives de Lannelongue (injections sclérogènes) et étudierons successivement un certain nombre d'interventions proposées pour les luxations congénitales chez des sujets âgés. (Jobard thèse de Bordeaux, 1912.)

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1° Opération d'Hoffa-Lorenz. Celte opération consiste dans le creusement à la curette d'une cavité nouvelle à la place de l'ancien cotyle. Hoffa ouvre l'articulation en l'abordant par derrière. Après avoir désinserré les fessiers il façonne la tête fémorale, creuse une cavité artificielle dans l'os coxal et met en contact les deux surfaces osseuses. Lorenz reprend le même procédé, mais ayant en vue de respecter les muscles fessiers, il fait une incision antérieure . Cette opération qui paraît rationnelle, s'accompagne d'un shock opératoire énorme et d'accidents infectieux fréquents. Sur 177 cas relevés par Halsted Myers, la mortalité est de 33 p. 100, aussi cette opération estelle complètement abandonnée.

Opération de Senger. — Attribuant les accidents de l'opération d'Hoffa au creusement du cot}7le, Senger cherche la réduction en abandonnant ce temps opératoire, et en pratiquant surtout des incisions sur la capsule et sur les parties molles gênant la réduction. Quoique moins grave que la précédente cette intervention conduit à d'importants délabrements ; elle est encore sérieuse et ses résultats problématiques.

Opération de Calot. — Cet auteur a essayé de faciliter la réduction des luxations congénitates irréductibles en dilatant le canal capsulaire à l'aide d'une petite incision antéro-externe à travers laquelle on introduit un dilatateur puissant qui doit être dirigé profondément vers l'acétabulum (fig. 250). On dilate alors progressivement mais avec une très grande puissance de manière à arriver à obtenir un espace proportionné à la circonférence de la tête fémorale que l'on a eu soin préalablement de déterminer. Le dilatateur est retiré, un tampon aseptique est maintenu sur la petite plaie cutanée, on pratique alors les manœuvres de la réduction non sanglante de Lorenz. Il nous est difficile de juger cette méthode qui paraît n'avoir été jusqu'ici employée que par son auteur.

Ostéotomie de Jaboulay. — Ce chirurgien a préconisé une opération compliquée qui consiste dans la luxation bilatérale chez les adultes à réséquer les deux pubis sur toute leur hauteur et sur une largeur totale de quatre centimètres. On ouvre alors les deux articulations sacro-iliaques

Fig. 250. — Opération de Calot Mise en place du dilatateur.

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avec section des ligaments postérieur, supérieur et inter-osseux. Le résultat de cette opération est la projection en avant des deux os iliaques que l'on maintient dans un corset pelvien.

Chez une jeune fille de 23 ans Jaboulay obtint par cette opération un résultat favorable, malgré les délabrements d'un tel acte opératoire, qui, à notre connaissance, n'a pas été renouvelé.

Enchevillement de le Damany. — Cette opération est un procédé d'exception : il consiste à faire une ostéotomie haute du fémur; dans un second temps on introduit dans le fémur une cheville spéciale, on pratique ensuite le redressement par f^per-extension pendant qu'un aide fléchit la jambe saine pour diminuer la lordose. Immobilisation dans un appareil plâtré pendant sept à huit semaines.

Ostéotomie sous-trochantérienne de Kirmisson. — De toutes les opérations que nous venons successivement de mentionner, c'est l'opération de Kirmisson qui est de beaucoup la plus pratiquée ; elle constitue une opération facile, simple, sans danger et donnant d'excellents résultats. Elle consiste à pratiquer avec un ostéotome une section oblique en bas et en dedans à partir de l'extrémité supérieure du grand trochanter. Quand los est sectionné, on porte la cuisse en abduction et on pratique, si cela est nécessaire, la ténotomie des muscles rétractés. Le membre est ensuite fixé pendant cinq à six semaines dans un appareil plâtré. (Voir pour la technique page 302.)

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