‹ Chirurgie réparatrice et orthopédiqueChapitre 111 sur 257 · HANCHE BALLANTE · texte numérisé non relu

HANCHE BALLANTE

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Arthrodèse de la hanche. Cette opération étudiée ces dernières années par un élève de Delanglade : thèse d'Emile Weill (Paris, 1910), comporte différentes modalités.

1° Méthode ordinaire qui consiste dans l'ablation systématique des cartilages articulaires. Ce procédé a donné lieu à de nombreux échecs.

2° Procédé de Dollinger. — Cet auteur a préconisé une technique qui consiste à fixer latête fémorale en place en la traversant, ainsi que l'acetabulum, soit par une broche métallique qui est maintenue à ses deux extrémités par un écrou, soit par l'intermédiaire d'un fil d'argent dont l'extrémité interne est attirée par une incision sous l'arcade deFallope et à l'extrémité duquel on fixe une plaque de métal de un centimètre. La partie externe du fil entraîne la plaque contre le bassin. Une plaque analogue est fixée à l'extrémité du fil sortant au niveau du trochanter.

3° Méthode de Mencière. Le chirurgien de Reims préconise l'emploi d'une incision permettant de léser le moins possible la capsule articulaire et lesligaments. Après abrasion des cartilages, il touche les surfaces osseuses avivées avec des tampons imbibés d'une solution comprenant neuf parties d'acide phénique neigeux et une partie d'alcool. La durée d'application de cestampons est de une à deux minutes. On fait ensuite d'abondants lavages à l'alcool, celui-ci étant destiné à entraîner les moindres traces d'acide phénique. Fermeture partielle de la plaie ; on laisse au centre une mèche.

4° Méthode de Delanglade. Les différents procédés que nous venons d'énumérer n'assurent pas régulièrement le succès de l'ankylose recherchée; la méthode de Delanglade, quoique constituant une opération délicate, nous paraît préférable ; elle consiste en sept temps successifs que nous allons rapidement décrire :

1er temps: incision. — Celle-ci part d'un centimètre au-dessous et en dedans de l'épine iliaque antérieure et supérieure. Elle se dirige obliquement en bas et en arrière, en formant une concavité qui passe à la base du grand trochanter et va se terminer à deux travers de doigt en arrière. Section de la peau et de l'aponévrose sur le bord antérieur du fessier. Section au bistouri de l'insertion du moyen fessier sur le trochanter.

2e temps : section du grand trochanter. — Le grand trochanter est mis à nu et libéré sur son bord antérieur (fig. 254) ; d'un coup de maillet, il est détaché et récliné en arrière avec la masse des muscles pelvi-trochantériens. On

Fig. 254.

Opération de Delanglade (2e temps).

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CHIRURGIE RÉPAR ! THICE ET ORTIIORÉDIOUE ,

découvre alors le col et la tête fémorale. Incision en T de la capsule permettant de bien exposer les surfaces articulaires.

3e temps : section des deux surfaces principales qui formeront le point d'appui coxo-fèmoral. — Vérifiant la position du membre, on place un ciseau à lame large, tenu horizontalement le plat exactement perpendiculaire à l'axe de la cuisse, sur la face supéro-externe de latête fémorale, tout contre le cotyle, de façon à faire sauter une calotte supérieure de la tête du fémur. Retirant le ciseau, on l'enfonce sur le sourcil colyloïdien dans une direction exactement parallèle, mais à sept ou huit millimètres plus haut que la première. On laisse pour le moment les fragments en place.

4e temps : section de la deuxième surface de la tête. — Le ciseau placé

Fig. 255. — Arthrodèse de la hanche. Procédé de Delanglade (E. Weil).

perpendiculairement à la première section, fait sauter une deuxième calotte, obtenue sur la partie antérieure de la tête,

5e temps : luxation de la tête et section des autres surfaces. — L'aide qui maintient le pied pousse en haut et en dehors : la tête se luxe, le ligament rond apparaît tendu, il est sectionné ; la tête fémorale est libre. On taille aux dépens de sa face interne une calotte dont la base est exactement perpendiculaire aux deux autres sections. Mettant le membre en rotation externe on agit de même sur la face postérieure. La tête fémorale présente alors quatre faces avivées : une supérieure, une interne, une postérieure et une antérieure.

6e temps : préparation de la cavité cotuloïde. — Faisant écarter énergiquement la lèvre antérieure de l'incision, on fait, avec le ciseau, sur le bord antérieur du cotyle, une nouvelle section perpendiculaire à celle déjà faite. Un troisième coup de ciseau parallèle au plan de la table, abrase la partie supérieure de l'acetabulum. (Fig. 255.)

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Ie temps : réduction de la tête. — Imprimant au membre inférieur quelques mouvements appropriés on voit la tête fémorale venir remplir exactement l'espace angulaire laissé libre dans la cavité du cotyle. Suture des parties molles au catgut, de la peau au crin de Florence. Une mèche de drainage est laissée à la partie déclive de la plaie. On immobilise immédiatement le bassin, la hanche et le genou dans un grand appareil plâtré.

Cette opération, qui paraît assez importante, serait assez facile à exécuter, lorsque le membre n'est pas en position vicieuse. Elle a été exécutée trois fois par Delanglade avec d'excellents résultats définitifs.

II. — Hanche ballante par perte de substance osseuse. — La paralysie infantile mise à part, la hanche ballante est la plupart du temps la conséquence soit d'une résection étendue, soit d'une fracture comminutive de l'extrémité supérieure du fémur, comme celles produites par les projectiles de guerre.

Tuffier et Nové-Josserand étudiant dans un travail important la valeur fonctionnelle des membres après résections des grandes articulations par blessure de guerre (Bullet. Acad. médecine, 1916), analysent 1810 observations. Pour la hanche, d'après ces auteurs, la résection donne dans 30 0/0 des cas une articulation solide avec mobilité restreinte ; dans 48 0/0 l'ankylose et dans 20 0/0 l'articulation ballante (neuf cas).

Pour exceptionnels ces faits n'en doivent pas moins retenir l'attention. L'absence de fixité de l'extrémité supérieure du fémur crée en effet une des infirmités les plus sérieuses et les plus difficiles à traiter.

Le traitement préventif consiste à éviter dans les fractures ouvertes de la hanche la résection précoce. S'inspirant des données d'Ollier, on fera autant que possible une résection retardée. Alquier et Tanton considèrent que la période optima pour la régénération osseuse par le périoste correspond au 3e septénaire : le périoste est alors épaissi, résistant, se prêtant mieux à une résection vraiment sous-périostée : celle qui donne incontestablement les meilleurs résultats.

Les résections sous-capitales et transcervicales sont rarement suivies de hanche ballante. Ce sont surtout les résections extra-articulaires, trans et sous-trochantériennes qui exposent les opérés aux inconvénients de cette infirmité. L'âge du sujet doit enfin entrer en ligne de compte : Chez les jeunes le périoste est actif et la méthode sous-périostée est susceptible, malgré l'étendue du sacrifice osseux, de donner de bons résultats La résection extra-périostée expose presque fatalement à la hanche ballante.

Nous ne nous attarderons pas à décrire cette infirmité dont le caractère principal est l'extrême mobilité du fémur que rien n'arrête en haut. Elle rend la marche impossible ; s'accompagne de raccourcissement toujours important du membre, d'atrophie marquée des masses musculaires de la cuisse et de la fesse, de phénomènes douloureux variables et souvent de troubles vasculaires et trophiques des extrémités (œdème).

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