CHEVRIER
PIEDS EQUINS
La greffe peut être faite avec une membrane vivante, qu'on la fasse circonférentielle ou cylindrique totale, ou en bandes discontinues. Comme greffon, on prélève sur l'aponévrose fascia lata à la face externe de la cuisse, un fragment aponévrotique dont la longueur et la largeur doivent être calculées avec soin. Si l'on veut, ce qui est préférable, fermer la brèche aponévrotique par une suture, on devra renoncer à la greffe circonférentielle ou cylindrique totale qui nécessite un greffon considérable (fig. 344). Il conviendra alors d'avoir recours au prélèvement de deux ou trois bandes aponévrotiques avec lesquelles on pratiquera la greffe en bandes discontinues (Voir fig. ci-contre) (fig. 345).
Je n'ai pas réalisé celte greffe aponévrotique pour le tendon d'Achille, mais je l'ai pratiquée avec un résultat parfait dans sa forme circonférentielle, pour un raccourcissement du biceps humerai.
A la greffe vivante, on peut préférer la greffe morte, récemment étudiée et réalisée avec un plein succès par Sencert et Nageotte. Un fragment de tendon de veau conservé dans l'alcool est interposé entre les deux bouts du tendon sectionné; il est réhabilité par des éléments vivants et le rétablissement de la continuité tendineuse est parfait.*
La simple ténotomie sous-cutanée sous anesthésie locale, respectant l'intégrité de la gaine péritendineuse, est un traitement plus ancien, moins à la mode du jour, mais cependant excellent. A mon avis, et malgré les objections théoriques, c'est pratiquement la méthode de choix par sa simplicité et la perfection des résultats obte- Fig. 346. — Reproduction au trait,
nus. Bien qu'il y ait section complète et d'?ne photographie après ténoto- , -, , mie sous-cutanee (même malade
séparation des deux bouts, si nette au mo- que radiographie fig. 336). ment de l'intervention qu'on voit la peau se
déprimer par aspiration au niveau de l'écartement tendineux, la continuité entre les deux bouts se rétablit, si on immobilise le membre trois semaines dans une gouttière plâtrée. Le reproche de mutilation par perte de l'action du muscle par section complète m'a semblé injustifié. Peut-être les échecs signalés sont-ils explicables par l'absence d'immobilisation. Celle-ci me semble indispensable.
Le principal avantage de la ténotomie sous-cutanée est la suppression de toute cicatrice (celle-ci étant souvent douloureuse), la réduction au minimum du traumatisme opératoire, ainsi que des précautions à prendre et des soins à donner.
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lx\l> CHIRURGIE RÉP iRATRICE ET ORTHOPÉDIQUE
Pendant la période d'immobilisation plâtrée en hypercorreciion, je considère comme indispensable de faire lever et marcher le sujet sur son appareil plâtré : grâce à l'hypercorrection, il roule sur le talon plâtré dans le pas postérieur et peut marcher à peu près normalement. Il prend ainsi l'habitude, et je crois le fait important pour la non-récidive ultérieure et la rééducation, de s'appuyer sur le talon, chose dont il avait perdu l'habitude depuis qu'il était en équinisme, et qu'il trouve tout naturel de continuer quand on le sort de l'appareil plâtré (au bout de 3 semaines).
Après ablation de l'appareil plâtré, obligatoire dans la ténotomie souscutanée, le malade est remis au lit momentanément pour subir comme il est dit plus haut, au traitement préventif, la rééducation de la marche.
Cette rééducation doit se faire de même après tous les allongements artificiels, mais il n'est pas besoin de remettre le malade au lit, quand il ne s'est pas levé. La rééducation est indispensable pour éviter une récidive et une reprise par habitude de la position vicieuse.
Pour bien montrer la valeur curatrice de la simple ténotomie sous-cutanée, je représente ci-contre la photographie du sujet dont le calque radiographique plus haut représenté établit qu'il s'agissait du degré extrême de léquinisme, la face dorsale du pied prolongeant sans ressaut la face antérieure de la jambe. Il n'a subi qu'une simple ténotomie sous-cutanée et il peut se mettre au garde à vous correct, alors qu'il se servait de béquilles. Le résultat est donc entièrement satisfaisant (fig. 346).
APPAREILLAGE DES PIEDS ÉQUINS PAR RÉTRACTION OU PERTE DE SUBSTANCE DU MOLLET
[ANDRÉ TRÊVES
Lorsque l'articulation tibio-tarsienne est intacte, le traitement chirurgical est si bénin et les résultats qu'on en obtient si satisfaisants, que tous les efforts doivent être tentés pour décider le blessé à s'y soumettre. Lorsque léquinisme est ancien, il s'accompagne de raideur de la tibio-tarsienne, mais il est rare que les mouvements deviennent pour cela douloureux.
L'appareillage tend à éviter la marche en rotation externe etabduction. Il suffit de surélever le talon pour permettre le rétablissement d'un aplomb normal.
L'inconvénient de cet appareillage est qu'il doit être bilatéral. Il n'existe, en effet, aucun raccourcissement du membre malade, etles deux chaussures doivent être surélevées de la même longueur pour éviter un raccourcissement du membre sain. L'application de la talonnette est nécessaire dans tous les cas où la flexion du pied ne peut dépasser l'angle droit.