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Fig. 340 — Atlelle-étrier en place.
PIEDS EQUINS
douleur liée à la blessure, la gêne due au pansement, entraîneront des démarches vicieuses et un équinisme secondaire possible.
Un blessé du membre inférieur ne doit jamais se lever sans avoir subi une rééducation de la marche. Cette rééducation doit comprendre :
1° Une gymnastique précocement commencée au lit avant la guérison de la plaie, comprenant divers mouvements du membre inférieur (surtout soulèvement) destinés à lutter contre l'atrophie de non-fonctionnement et de compression par le pansement ;
2° Des épreuves statiques diverses prémonitoires à la marche : a) séjour debout d'une durée de quelques minutes au garde à vous correct,
Fig. 341. — Planchette à traction élastique.
les deux talons joints et appuyant bien au sol (vérification d'appui correct et épreuve d'équilibre) ; b) pas cadencé sur place ou appui unilatéral (vérification de la force de soutien de chacun des deux membres inférieurs) ; c) exercice de flexion progressive sur les membres inférieurs, les talons restant au sol. Cet exercice d'accroupissement est difficile, douloureux et limité. Pour en augmenter l'étendue, les grandsmouvements forcés ne sont pas conseillés. Les mouvements souvent répétés de petite amplitude, comme un tremblement, au voisinage de la limite de mobilité atteinte, font en général faire de rapides progrès. La marche normale n'est possible et par conséquent ne saurait être permise avant que la flexion dans la tibio-tarsienne n'ait amené le pied à faire avec la jambe un angle aigu de 50° à 60°.
3° Les premiers essais de marche doivent toujours être surveillés par le médecin. Il faut exiger au début des pas petits, mais égaux, avec temps d'appui unilatéral égal, avant de permettre la marche libre sans surveillance.
On n'imagine pas quelles restaurations fonctionnelles on obtient, même après des plaies considérables du mollet, quand on applique rigoureusement ce traitement. Si ce traitement préventif était et avait été appli-
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que intégralement, il n'y aurait et n'y aurait eu aucun équinisme par rétraction, et même beaucoup de déviations secondaires, psychiques, par contracture, auraient été évitées.
Traitement curatif. — Quand la cicatrice est assez récente, l'équinisme assez peu marqué, on peut essayer sans intervention Yélongation progressive par traction élastique, avec l'aide des agents physiques, air chaud, bains de lumière, massage, douches locales, électricité et ionisation, mècanothérapie et gymnastique : à ce dernier point de vue, les exercices énumérés ou décrits plus haut sont les moyens essentiels; les agents physiques donnent un résultat appréciable, à la condition que le sujet ait bonne volonté et qu'il n'ait pas contracté antérieurement de démarche vicieuse habituelle
Fig. 342 et 343. — Allongement autoplastique en Z.
Fig. 344. — Greffe circonférentielle totale.
Fig. 345. — Greffe en bandes discontinues.
invétérée : la rééducation secondaire de la marche est beaucoup plus difficile que la rééducation primitive. Aussi importe-t-il de ne pas trop prolonger le traitement par agents physiques, si la marche ne s'améliore pas assez rapidement.
Quand le cas est ancien, l'équinisme marqué, la démarche mauvaise et non rapidement améliorée par le traitement physiothérapique, il faut recourir à un traitement chirurgical auquel j'assigne deux phases également importantes, allongement chirurgical du tendon, rééducation de la marche.
V allongement chirurgical artificiel de tendon peut se faire par autoplastie, greffe ou ténotomie simple.
Sur l'autoplastie tendineuse, je crois inutile de m'étendre. Le procédé le meilleur est le dédoublement en Z, figuré ci-contre, qu'on peut faire dans le sens sagittal ou frontal. Entre les deux, je préfère le dédoublement dans le sens frontal, c'est-à-dire parallèle aux faces antérieure et postérieure et non aux bords latéraux (fig. 342 et 343).