ÉTUDE FONCTIONNELLE
Fig. 16. — Epaule ballante consécutive à une résection de l'épaule. La cavité glénoïde regarde en haut, l'omoplate ayant basculé de bas en haut sous l'effet des rétractions cicatricielles (Radiographie de la collection Arcelin).
Tout dépend de l'état de la musculature. Le plus souvent, il y a une désinsertion traumatique étendue et de l'atrophie par inactivité ; aucun mouvement utile n'est possible. Quand,' au contraire, les muscles ont été exercés, parce que l'évolution aseptique de la
plaie l'a permis et parce que l'on en a pris souci, leur contraction remonte l'humérus contre la glène, l'y fixe, et les mouvements utiles peuvent se faire. Les gens énergiques, voulant travailler leur épaule, arrivent assez vite à des réadaptations fonctionnelles remarquables.
J'ai montré à la Société de chirurgie, en 1917, un officier ayant eu une résection étendue de l'épaule épiphyso-diaphysaire sans régénération, avec grande laxité au repos, qui se servait de son bras avec tant de précision et de force qu'il était impossible de se douter de sa mutilation. Très énergique, cet homme d'élite est retourné dans son régiment et a été glorieusement tué à la tête de sa compagnie. Chez un autre blessé que j'ai présenté également à la Société de chirurgie, il manquait primitivement 16 centimètres d'humérus : la régénération n'eut lieu que sur 6 à 7 centimètres ; le bras était complètement ballant, il pouvait se tordre comme du linge, quand ce blessé me fut envoyé ; il y avait déplus une paralysie radiale. Le nerf fut suturé ; il se régénéra parfaitement en quinze mois. Pendant ce temps, les muscles avaient été régulièrement exercés ; l'adaptation fonctionnelle devint si remarquable que cet homme se servait de son bras pour tous les usages normaux de la vie. Par contraction du del-