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C : lue jeu parfait des tendons et des articulations

D : Une puissance non affaiblie, donc le bon état des muscles ;

E : Une intégrité de la commande nerveuse, donc le bon état des conducteurs nerveux.

Les traumatismes de guerre ont lésé tous les tissus : os. muscles, tendons, nerfs, téguments. Les médecins, qui ont séjourné dans les centres de physiothérapie, dans des centres de réforme, ont été frappés du nombre considérable d'équinismes, d'ankyloses, de raideurs articulaires, de rétractions fibro-tendineuses, de troubles musculaires nerveux ou circulatoires de pieds atteints par les traumatismes de guerre. Tous les tissus du pied étaient lésés dans leur fonctionnement.

La grande cause de ces incapacités si graves est l'infection si fréquente et si tenace avant la vulgarisation de la technique de Lemaitre : le nettoyage chirurgical des plaies de guerre.

Uéquinisme, le plus souvent d'origine tibio-tarsienne, siégeait quelquefois dans la médio-tarsienne (équinisme antérieur de Quénu). Sa fréquence, la possibilité qu'on aurait eue dans bien des cas d'empêcher sa formation, méritent de rester gravées dans l'esprit des chirurgiens.

Chez les blessés cet équinisme relevait :

1° Soit de lésions articulaire s ou péri- articulaires du cou-de-pied. — Articulaires, ces lésions furent dues à des arthrites suppurées de l'articulation tibio-tarsienne, des fractures des extrémités tibiales et péronières, des fractures de l'astragale ou du calcanéum. Péri-ariiculaires, elles furent consécutives à des lymphangites, à des suppurations des gaines tendineuses, à des cicatrices profondes douloureuses de l'arrière-pied. Cet équinisme se compliquait parfois de déviations soit en varus, soit en valgus.

2° Soit de position vicieuse prolongée du pied, sans lésions suffisantes pour entraîner par elles-mêmes cette déformation.

Cette extension naturelle du pied sur la jambe, qui est l'attitude de repos du pied, continuée pendant des semaines et des mois, sans aucune tentative de redressement, a fini par donner des équinismes durables. Le triceps sural, le surtout fibreux et ligamenteux du cou-de-pied, les surfaces articulaires elles-mêmes s'adaptent à la nouvelle position, qui devient difficile à corriger.

Ces cas, fréquents dans les traumatismes de guerre, ne sont pas exceptionnels dans la vie courante, où Ton voit assez souvent des phlébites pro-

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TRAUMATISMES DU TARSE ET DU MÉTATARSE 435

iongées, laisser après elles des attitudes vicieuses du pied, qu'une surveillance un peu attentive aurait facilement évitées (fig. 366).

3° Soit de myosite rétractile, suite d'une plaie du mollet concomitante à une blessure du pied.

4° Soit de contracture traumatique précoce (voir page 495).

Fig. 366. — Equinisme des deux pieds, suite de phlébite double au cours d'une fièvre typhoïde. Les genoux, les hanches étaient également ankylosés.

Outre cet equinisme, les pieds de guerre présentaient des raideurs ou des ankylosés des articulations médio-tarsiennes ou tarso-métatarsiennes, des raideurs des orteils immobilisés en hyperextension ou en griffes ; des rétractions fibro-tendineuses, des indurations sous-cutanées. La décalcification osseuse révélée par la radiographie décelait bien à quel point la nutrition du pied avait été atteinte.

Traitement des pieds raidis et déliés.

Ces pieds enraidis sont justiciables des procédés de physiothérapie, massage, balnéation chaude, etc., mais, pour que ces moyens médicaux agissent, il faut d'abord que le pied soit mis en position normale. Le pied une fois redressé, on pourra par le massage et la physiothérapie assouplir les tissus infiltrés, rendre la force aux muscles atrophiés, alors que toute action était inefficace tant que le pied était de travers.

Broca insiste avec raison sur ces faits et conseille : 1° de redresser les pieds raidis en s'aidant au besoin d'une ténotomie du tendon d'Achille; 2° d'immobiliser en talus, trois semaines dans un appareil plâtré ; 3° au bout de ce temps, de faire marcher avec un nouveau plâtre. S'il persistait

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un peu de varus,on ferait porteries premiers temps, une chaussure à semelle surélevée.

S'agit-il d'un varus équin, pendant les manœuvres de redressement on s'occupera d'abord du varus, en prenant point d'appui sur l'arrière-pied fixé en équinisme ; on corrigera ensuite cet équinisme en ayant soin d'agir sur la tibio-tarsienne, c'est-à-dire qu'on abaissera le talon. Il ne faut pas agir, à ce moment, sur la médio-tarsienne dont l'hyperextension donne une fausse correction. On n'oubliera pas le redressement des orteils dont la griffe à elle seule est une cause de gêne considérable.

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