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FRACTURES DU BASSIN

On peut dire dans l'ensemble que seules s'accompagnent de troubles vraiment sérieux les lésions qui intéressent le pourtour de l'acetabulum, car elles retentissent directement sur les fonctions de l'articulation et du membre inférieur correspondant.

Les lésions simultanées de ïilion et du cotyle s'accompagnent ordinairement de fracture concomitante de la tête et du col fémoraux ; les lésions articulaires passent alors au premier plan. J'ai observé une fracture par balle de la partie supérieure du sourcil cotyloïdien (fig. 229); le blessé a guéri avec une subluxation en haut du fémur et une ankylose incomplète de la hanche. Quelquefois, de la fracture de l'aile iliaque, une fissure irradie dans l'acetabulum, favorisant l'infection de l'articulation et l'ankylose consécutive.

Les fractures de la crête iliaque s'accompagnent très souvent de délabrements éten- Fig- 229. — Fracture du rebord

di * . ,. i ii ! i, ! ! supérieur de la cavité coty-

us des insertions des muscles larges de 1 abdo- \0{^e avec subluxation du

men et des muscles fessiers. fémur.

Les fractures de ïaile iliaque ne sont pas suivies de troubles sérieux, même lorsqu'elles s'accompagnent de perte étendue de substance osseuse ; mais, comme elles coexistent souvent avec des cicatrices adhérentes à l'os, quelquefois énormes, et une perte plus ou moins importante des muscles de la fesse, elles peuvent entraîner des troubles plus ou moins accentués dans la marche ou la flexion du tronc. Le nerf sciatique peut même avoir été lésé et une paralysie sciatique plus ou moins complète s'ensuivre. J'ai vu apparaître tardivement un anévrysme de l'artère fessière à la suite d'une fracture de l'aile iliaque.

Les fractures de la région sacro-iliaque s'accompagnent souvent de lésions du plexus sacré ; — celles du sacrum, de lésions de la queue de cheval. Les résections de l'articulation sacro-iliaque pour arthrites suppurées n'ont été suivies d'aucun trouble.

Comme ces plaies infectées peuvent se compliquer d'accidents infectieux, de psoïtis suppuré, de phlegmon de la fosse iliaque, de cellulite pelvienne, enfin d'arthrite suppurée coxo-fémorale, on conçoit les troubles consécutifs parfois profonds apportés aux mouvements de la hanche et du membre inférieur.

La séquelle la plus fréquente des fractures du bassin est constituée par les fistules et l'ostéomyélite du bassin qui nécessitent, pour guérir, des curettages osseux, voire même des résections osseuses plus ou moins étendues. Lorsque ces résections portent sur l'aile iliaque ou sur l'ischion, aucun trouble ne subsiste le plus souvent, et le blessé guérit complètement. Dans un cas de résection totale de l'ilion, l'aile iliaque se régénéra en

[./. DUYERGEY]

totalité ; le plombage graisseux trouve des indications après les larges résections osseuses.

Les ankyloses, les raideurs articulaires de la hanche, sont fréquentes après les fractures de l'ilion et du pourtour de la cavité cotyloïde.

Dans quelques cas, Véventration abdominale latérale, postérieure ou antérieure, a été observée consécutive à la destruction des muscles larges de l'abdomen. Les sutures musculaires, les réfections de la paroi, pourront être tentées dans ces cas. Lorsque la perte du substance musculaire est trop étendue, le blessé devra se résigner au port dune ceinture ou d'un appareil prothétique.

Les fractures étendues, non comminutives de la crête iliaque, s'accompagnent parfois d'un déplacement de toute la crête vers la cavité pelvienne, amenant un rétrécissement du bassin.

D'autres fois, c'est au travers d'une large brèche de l'os iliaque que se fait une hernie volumineuse des viscères abdominaux. Dans ce dernier cas, la fermeture de la brèche pourra être pratiquée à laide dune greffe ostéo-périostique.

Inutile d'insister sur les lésions du nerf sciatique contusionné, sectionné complètement ou incomplètement, et entraînant des paralysies plus ou moins marquées du membre inférieur.

Les lésions du sacrum peuvent être suivies de paralysie des sphincters anal et vésical avec incontinence ou rétention urinaire et fécale. Les paraplégies, troubles des fonctions génitales, sont fréquemment observés.

Ala suite d'une large perte de substance sacro-coccygienne, deux hernies du rectum ont été observées. Ces blessures relèvent de la greffe osseuse.

Des périostéomes ont été signalés à la suite des fractures de l'aile iliaque. La résection de ces productions osseuses peut s'imposer.

Quelques cas de pseudarthroses des branches du pubis consécutives à des fractures compliquées par projectiles de guerre ont été traités par les greffes osseuses avec succès. Un blessé atteint de fracture du pubis avec un raccourcissement de cinq centimètres du membre inférieur, impossibilité de la marche et de la station debout, guérit après une greffe et de l'extension continue.

III. — TROUBLES CONSÉCUTIFS AUX BLESSURES DES ORGANES CONTENUS DANS LE PETIT BASSIN : VESSIE ET RECTUM

Ces troubles sont variables suivant qu'ils succèdent à la blessure de l'un des deux organes ou des deux à la fois.

A. Séquelles intéressant l'appareil urinaire.

Dans certains cas, un éclat d'obus a, non pas perforé la vessie, mais fracturé la symphyse, déchiré la paroi antérieure de la vessie. La paroi

[J. Dl VERGEY]

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