AVANT-PROPOS
Si l’art de tuer a été , de tout temps , en progrès sur l’art de guérir , c’est de nos jours seulement que, dans un de ces élans de solidarité dont aucune autre époque ri offre l'exemple , on montre plus de sollicitude qu'à toute autre période de l'histoire de V humanité on rien montra pour ceux qui sont frappés par les engins variés qua multipliés V ingéniosité perverse des hommes.
Si les anciens ont narré avec complaisance les brillants faits d'armes dont ils ont été les témoins ou les acteurs, ils ont, le plus souvent, omis de nous dire quel sort était réservé à ceux qui tombaient sur les champs de bataille , quels secours leur étaient prodigués, de quels soins on les entourait.
Serait-ce que ces malheureux gisaient à, l’abandon et ri existait-il, dans l'antiquité, aucune organisation ressemblant , de près ou de loin, à ce que l'on connaît aujourd’hui sous le nom d'ambulances; ou les documents que nous avons pu réunir sur cette question nous permettront-ils d’établir qu’il a jadis fonctionné, au moins à l’état de rudiment, un service d’ assistance aux blessés 1
Que le lecteur nous pardonne de l’inviter à nous suivre dans notre incursion à travers un passé lointain ; mais nous aimons à penser qu’il ne regrettera pas de nous avoir pris pour guide si, comme nous l’ espérons, il en tire quelques notions nouvelles, sur un sujet encore peu exploré, et sur lequel plane une obscurité que nous avons cherché de tout notre effort à dissiper.