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CHAPITRE PREMIER

dans l’égypte des pharaons

Comment une science aussi utile que la médecine n’aurait-elle pas vu le jour dans l’antiquité la plus reculée? « Le besoin de remédier à ses souffrances étant une des nécessités les plus impérieuses de l’homme, la-médecine naquit du sein môme de ses infirmités et dut être, par cette raison, une des premières conquêtes de l’esprit humain L » La santé étant le bien le plus enviable dont nous jouissions ici-bas, n’est-il pas naturel qu’il ait été celui sur lequel on ait le plus jalousement veillé? Une nation aussi éclairée que la nation égyptienne pouvait-elle rester, sur le plus précieux comme le plus nécessaire des arts, dans la grossière ignorance qu’on lui a parfois prêtée?

L’Egypte des Pharaons a été l’un des premiers peuples nés à la civilisation ; comment être surpris que la médecine y ait été de bonne heure en faveur?

Il ne faudrait pas croire, toutefois, que la médecine soit arrivée d’emblée, en Egypte plus qu’ailleurs, au degré de perfection que des panégyristes zélés ont voulu lui attribuer.

Comme ce fut la coutume générale chez d’autres peuples, on y exposa d’abord les malades aux yeux du public, afin que chacun pût, en passant, donner son avis sur le traitement à suivre, et qui lui avait réussi dans des circonstances analogues; plus tard, toutes ces recettes furent inscrites sur des livres conservés dans les temples, et où furent mentionnés les symptômes observés.

Quiconque avait besoin de consulter ces registres sanitaires en avait la liberté, pour y chercher le remède dont une suite d’expériences avait établi et confirmé l’efficacité. Cette sorte de Code médical, ou plutôt ce recueil d’observations codifié était rédigé par les prêtres; c’était le Livre sacré , dont nul ne devait s’écarter.

1 Histoire de la médecine grecque , depuis Esculape jusqu'à Hippocrate exclusivement , par

M.-S. Hoüdart, Paris, 1 856.

Echouait-on en suivant les textes officiels, on n’encourait aucune responsabilité; mais enfreignait-on les règles, on était passible de la peine capitale, quelle que fût l’issue de la maladie.

Le législateur avait pensé, dans sa haute sagesse, qu’un enseignement qui s’appuie sur l’expérience et la tradition, ne pouvait être surpassé « en génie et prudence ». Diodore le Sicilien, qui nous a dévoilé ces particularités, nous révèle, en outre, que les « pastophores », qui appartenaient à la classe sacerdotale, exerçaient leur industrie gratuitement et n’exigeaient pas plus d’honoraires de leur clientèle civile qu’ils n’en demandaient en campagne1 ; car c’est là où nous en voulions venir : il semble avoir existé, dès le temps de Moïse2, des médecins à la suite des armées.

1 Voici ce que dit expressément Diodore de Sicile : « Expeditione bellica , aut intra patriæ fines peregratione, absque merce curantur. » Bibl. hist édition YVesseung, in-8°, lib. 1, 242.

2 (( Ce qui prouve sans réplique que la médecine avait déjà fait d’assez grands progrès en Egypte du temps de Moïse, ce sont les connaissances profondes qu’il a montrées de cette science, dans la partie de ses lois qui contient des préceptes d’hygiène, et l’indication des caractères auxquels on peut reconnaître la lèpre, ainsi que celle des moyens qu’il faut mettre en usage pour la guérir. » Sprengel, Ilist. de Ici médecine , citée par Houdart.

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