HÔPITAL
(Gravures de Callot.)
maison dans laquelle seront transportés les malades, pour être soignés et pansés. Il va les voir, s’enquiert de chacun d’eux, de leur qualité, de la façon dont on les traite, de la gravité de leur cas, de ce qu’il faudrait faire pour hâter leur mise sur pied, n’omettant rien de ce qui peut servir à leur guérison et, notamment, la distribution de secours. » Il envoie souvent ses propres médecins et chirurgiens , tandis que dos « apothicaires aux armées » sont chargés de « médicamenter les malades » ; c’est le roi qui, sur le vu de leurs mémoires, solde les dépenses, comme il rembourse les villes qui viennent réclamer le montant de leurs frais.
Le premier hôpital ambulant1 2 à la suite des troupes avait été créé par Sully, sous le règne de Henri IV ; le premier hôpital sédentaire fut institué par Richelieu, sous celui de Louis XI 11 : l’ordonnance qui consacra cette institution est de janvier 1629 -. Cette ordonnance ne fit que sanctionner les vœux émis par les Etats Généraux de 1614, quatorze ans après la dissolution de cette Assemblée extraordinaire 3 4.
Un article de cette ordonnance édicte « qu’d la suite des armées , seront entretenus des hôpitaux, pour secourir les soldats en leurs blessures et maladies » ; dès le mois suivant, cette ordonnance entrait en vigueur et, particularité curieuse, qui montre de quel esprit elle était inspirée, c’est à l’archevêque de Bordeaux que fut dévolue la surintendance de l’hôpital établi ■'pour les soldats malades et blessés qui faisaient partie du corps expéditionnaire envoyé en Italie au secours de la place forte de Casai L
1 Dans une ordonnance de Henri II, rendue à Blois en i55o, il est un article édictant qu’ « à toutes les monstres (revues) qui se feront, il sera retenu, sur la paie de chaque soldat et à proportion de sa solde, un sol par éeu, somme qui sera consignée au mestre-decamp et auditeur général pour être convertie tant eu un magasin d’armes qu’à un hôpital ambulatoire pour secourir les malades et les blessés (art. 19) ». C’est sans doute la première fois qu’il est question, dans un document officiel, d 'hôpital ambulatoire. (Cf. Bulletin de l’Institut National Genevois , t. XXXIII ( 1 8 9 4 ) , 36a).
2 Elle est reproduite, en 'partie seulement, par Gama, Esquisse historique du service de santé militaire , 63-4.
3 Cf. G. Gros-Mayrüvieille, Les Militaires dans les Hôpitaux 'civils (Extrait de la Revue Philanthropique, n° du 1 5 mars 1911 ; Paris, Masson, 191 1, 6).
4 Le siège de cette place est resté mémorable. La garnison assiégée non seulement souffrit de la famine, mais la peste vint, à son tour, s’abattre sur ces malheureux. « Au milieu d’août, narre un historien, la peste s’est développée d’une façon si lamentable, que l’on est obligé de marquer d’une croix verte les maisons contaminées. L’éclatement des mines ajoute les