‹ Chirurgiens et blessésChapitre 40 sur 122 · CHIRURGIE DU CHAMP DE BATAILLE · texte numérisé non relu

CHIRURGIE DU CHAMP DE BATAILLE

inconvénients funestes dont leur usage est suivi, tant par les cahos que les blessés supporlent, que par la difficulté de leur administrer les choses qui leur seraient nécessaires ». C’est pour diminuer ces inconvénients, qu’on avait imaginé « une

Entrevue me Henri IV et de Sui.lv, blessé.

(Voir p. 246, note I.)

espèce de fourgon, contenant huit loges ou places, séparées par des cloisons, et dont les liens qui suspendent la caisse sont arrangés de manière que la voiture est néces-

souvent vu que cette impossibilité a retardé considérablement, ou même fait perdre le fruit du gain d’une bataille donnée dans un éloignement si considérable des hôpitaux des villes, qu’il a fallu plusieurs jours pour déblayer le camp des dits blessés, qu’il aurait été trop inhumain d’abandonner dans un camp sans secours ».

sairement douce; ce qui fait que les huit blessés qu’elle contient sont beaucoup moins cahotés qu’ils ne le seroient dans les voitures ordinaires 1 » . Seuls, des chefs de corps ou des officiers généraux avaient à leur disposition des véhicules pourvus de plus de confort. On comprend que peu de blessés en aient

eu « d’aussi commodes et d’aussi sûrs que M. le maréchal de Villars en eut après la bataille de Malplaquet ».

Ce qu’il importe de retenir surtout, des différents Mémoires dont nous avons essayé de condenser la substance, c’est non seulement ce qui a trait au transport des blessés, mais encore ce qui se rapporte à la pratique des chirurgiens du dix-huitième siècle. Or, le fait est à noter, la plupart des praticiens de cette époque, nous entendons ceux qui jouissaient d’une incontestable autorité, n’étaient pas pour l’intervention immédiate. Cette

déjà, au cours des batailles qui se livrèrent sous le règne de Louis XIV, que ce Roi avait coutume de dire que les chirurgiens de ses armées comptaient les exploits de leurs campagnes parles amputations qu’ils avaient faites.

On s’explique pourquoi cette opération était si communément pratiquée : « le moins intelligent des chirurgiens peut la faire presque aussi adroitement que celui qui est plus habile ; n’ayant rien à ménager, il est aisé de tout couper : aucune considération n’arrête la main de

i Un autre mode de transport nous est révélé par ce passage, que cite le professeur Delokme ( op . cil., 106), et que nous n’avons pas retrouvé à la page indiquée par le savant maître : « J.-L. Petit, ayant à faire transporter d’un camp à la ville voisine un blessé qui avait eu la cuisse traversée par deux balles et chez lequel il dut lier la crurale, fit prendre deux longs bâtons d’un frêne qu’il fit abattre ; on les ajusta au lit decamp sur lequel le malade s’était couché. Les deux bâtons furent mis sur deux mulets comme une litière, de manière que le

fur ta secandi était si à la mode

Les PRÉ PA HATIFS DUNE A.MPUT'

T ATI UN.

Page 1