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RETOUR DE SYRIE

26 messidor an VII.

Quelque grandes qu’aient été les fatigues pendant la traversée du désert, les blessés revenus en Egypte par cette voie les ont soutenues avec succès. On avait mis sur des chevaux et des ânes les malades qui pouvaient s’y soutenir; ceux dont les blessures étaient plus graves ont été transportés en litière par le moyen de brancards placés sur des ânes. On aura de la peine à le croire, il est pourtant vrai que l’état du plus grand nombre s’est amélioré pendant la marche au delà de ce qu’on pouvait espérer d’après les probabilités ordinaires. Le citoyen Larrey, chirurgien en chef de l’armée, nous a dit que la proportion des morts avait été inférieure de moitié à celle qui a eu lieu aux hôpitaux dans les mêmes circonstances...

On eut encore recours, en Egypte, à l’évacuation par eau : un petit convoi de barques fut organisé, qu’on avait pourvues de brancards flexibles, et de provisions devin, de vinaigre et d’eau-de-vie, qui fournirent les secours nécessaires L Un des nombreux biographes de Larrey écrit à ce propos : « Personne ne possédait mieux que lui la science de l’évacuation des blessés et ne savait aussi bien se servir des divers moyens de transport, entre autres des voies fluviales, que nous n’avons pas su utiliser en 1870. »

Il sut le montrer dans la campagne de France, en 1814; mais ce mode d’évacuation avait reçu auparavant de nombreuses applications.

La première fois où on l’avait mis en pratique, ce fut, nous croyons l’avoir indiqué, en 1743, année mémorable dans l’histoire du service de santé ; car, cette année-là même, fut signée, entre l’Anglais Stair et le Français Maurice de Noailles, la convention qui rendait le personnel sanitaire et les blessés inviolables : en 1743, après Dettingen, une partie des blessés fut évacuée sur l’Alsace, par le Main et le Rhin, sur des convois organisés en véritables établissements hospitaliers.

Au cours des guerres de la Révolution, notamment au mois d’avril 1797, on eut recours au transport par eau des blessés ; le lendemain du passage du Rhin par les troupes de Hoche, en floréal an V, entre Loblentz et Neuwied, les blessés furent évacués par eau, et de nuit, sur Bonn.

1 Lakrey, Relation, etc..., 1 65 (note i).

CAMPAGNES D ITALIE ET d’eGYPTE

Pendant les campagnes d’Helvétie, dans cette même année, au corps d’armée de Lecourbe, un radeau-ambulance fonctionna sur le lac de Zurich et le chirurgien Briot organisa des évacuations, par grands bateaux, sur le lac des Quatre-Cantons, de Fluelen à Lucerne ; en Italie, on utilisa, aux mêmes lins, le lac Majeur : et, à l’armée des Pyrénées-Occidentales, l’Adour et le Gave L

Durant les guerres de l’Empire, on n’aura garde de renoncer à un système qui, dans tant de circonstances, avait fourni ses preuves.

1 Gf. Chronique Méd., i5 février 1916 : Le service de santé des armées françaises et les évacuations par eau, de 1^43 à 1 83 a , par le Dr Michel Perron, médecin-major de i“‘ classe.

Nil

Vignette i >e l’Armée d’Italie.

(Extrait de l'ouvrage de MM. Moppe el It. Honnet.)

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