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ARMÉE DE L’OUEST - HOPITAUX AMBULANTS

Nous, officiers de santé de la 2'' division, stationnés à Chateaubriant, attestons que le général Marceau éprouve les accidents d’une galle (sic) répercutée que les travaux militaires ont fait négliger et qu’il est utile, pour sa santé, qu’il aille, dans un endroit favorable, employer les moyens curatifs.

A Chateaubriant, ce 20 nivôse, l’an 2° de la République une et indivisible.

Noiray, officier de santé aide-major ;

Ferrière, médecin de l’armée ;

Gault, officier de santé.

Marceau vint se soigner à Paris, où il parait avoir suivi un traitement pendant six semaines, ce qui laisserait supposer que la gale se compliquait, chez lui, d’une autre affection 1 * * ; le 14 avril 1794, entièrement guéri, il était envoyé à l’année des Ardennes. Il ne devait mourir que deux années plus tard -.

Ignorant à cette époque la nature parasitaire de la gale, les médecins la traitaient empiriquement :1 ; et cela explique pourquoi elle était si tenace et comment elle revêtit parfois l’aspect d’un eczéma chronique : ce fut le cas de Napoléon4.

1 Dans le catalogue d’une vente d’autographes, faite le 22 décembre iyio, figure une lettre de Marceau à Bouchotte, ministre de la guerre, par laquelle il lui annonce l’envoi d’un certificat, signé de deux médecins, qui attestent sa maladie. <( II est retenu au lit par des maux de tête et une toux cruelle, qui rend sa situation insupportable. II lui demande l’expédition du congé qu’il a sollicité pour rétablir sa santé. » A s’en rapporter à un de ses meilleurs biographes, Marceau aurait été, à cette époque, assez gravement indisposé... « Les efforts inouïs qu’il avait déployés pendant un an des affreuses guerres de la Vendée, toujours menant les avantgardes et poursuivant les rebelles, à cheval jusqu’à des i5 à 20 heures, tant d’excès de forces avaient fini par amener chez lui une suppression momentanée des fonctions vésicales ; et à cette maladie s’était jointe une affection parasitaire endémique, trop commune alors dans la Vendée et la Bretagne. » Noël Parfait, Le général Marceau ; Paris, 1892, in-8,

1 8 1 , note.

- Voir la gravure de la page 019.

:| Notamment, avec de la décoction de tabac, comme nous l’avons indiqué plus haut, et comme le confirme le passage du Journal du canonnier Bricard, qu’a bien voulu nous signaler M. B. Bonnet : « Le 16 [nivôse an III], par ordre du chef de brigade, je fus établir dans le château du prince d’Orange, une salle pour y traiter les galeux. Gomme j’étais affligé de cette maladie, je résolus d’y aller. Notre chirurgien-major nous traita avec une décoction de feuilles de tabac. » Journal du canonnier Bricard, p. 1 46-

4 On a prétendu que, « en toute saison, et en toutes circonstances, Napoléon portai4 des gants de daim ». Ce n’était point par coquetterie, ni pour se garantir du froid qu’il aurai^ adopté cet accessoire de toilette, mais afin de dissimuler les traces d’eczéma galeux, dont il eut grand mal à se. débarrasser.

NAPOLÉON, HYGIÉNISTE MILITAIRE

C’est au siège de Toulon (septembre 1793), rappelons-le sommairement1 2, que Bonaparte, chef de bataillon d’artillerie, chargeant, faute de canonniers, une des pièces abandonnées, contracta la gale, en se servant d’un écouvillon qui avait été manié par un galeux. Il ne parvint à s’en guérir qu au bout de plusieurs années.

Le virus se développa pendant les campagnes d’Italie et d’Égypte. Au retour de la première campagne d’Italie, les troupes, délilant à Lyon sur la place Bellecour, les élégants, lorgnon à la main, s’approchaient des soldats, leur demandant s’ils venaient d’Italie. — Oui, Messieurs, répondaient - ils. — Et vous n’avez, pas la gale? — Non, Messieurs. — Ah! vraiment, c’est incroyable! Et, là-dessus, ils frottaient leur lorgnon sur les manches de leur habit -.

A la même époque la malignité publique décochait à Bonaparte le quatrain souvent cité :

Le petit Caporal s’est occupé de moi,

En générosité nul autre ne l’égale ;

11 m’a serré la main, m’a promis un emploi :

Le lendemain, j’avais la gale 3.

En 1797, la gale était si répandue dans les armées1, que Bonaparte ordonnait

1 Nous y reviendrons, dans un travail que nous nous proposons de consacrer à la santé de Napoléon.

2 Cf. Les Cahiers du grenadier Coignet.

3 On a donné plusieurs variantes de cette épigramme, attribuée généralement au poète Ecoucliard-Lebrun. (V. la Ckron. Méd., ier juillet 1900.)

1 Voici deux documents, tirés de l’inépuisable collection d’autographes de Noël Charavay, qui attestent combien la gale était commune chez les soldats. La première lettre est adressée par le général de division Haquin au chirurgien - major du 20*' régiment de cavalerie, du quartier général de Bron, le 1 4 fructidor de la 4e année républicaine : « Je vous serai obligé, citoyen, de vouloir bien examiner celui de mes domestiques qui vous remettra cette lettre et de lui dire s’il peut guérir de la galle (sic) qu'il a en restant chez moi et en continuant de faire son ouvrage qui consiste en pancement des chevaux, ou bien si vous croyés qu il soit nécessaire qu’il aille à l’ambulance des galeux... Dans ce dernier cas vous lui donneriés un billet pour y être reçu : dans le premier cas veuillés lui prescrire le régime qu’il doit suivre chez moi, lui donner de la pommade, et surtout le mener un peu rondement.

« Salut et fraternité.

« Haquin ».

La seconde épître, signée de l aide de camp du général, recommande au même destinataire « un jeune homme sans fortune, hors d’état de se procurer de la pommade, pour se faire guérir la galle (sic) qui le dévore ».

:rs

5l/| CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS L’HISTOIRE

de traiter les galeux dans des hôpitaux spéciaux1. En l’an VIII (1800), on estimait à un dixième le nombre des militaires qu’elle éloignait de leur corps2.

En 1802, à Lyon, on ne veut pas loger en ville les soldats, « parce qu’un grand nombre onl la gale 3 4 ».

Au camp de Boulogne, en 1804, il reste, selon les rapports officiels, « prodigieusement de galeux ». Trois ans plus tard, le maire de la ville s’étant, plaint à l’administration militaire qu’on ail, logé les soldats contaminés chez l’habitant et non plus dans des granges, comme en 1804, le commissaire des guerres répond que « c’est un mal de tous les temps et de tous les lieux » et qu’il ne voit qu’un remède, « c’est d’avoir à Boulogne, comme dans tous les lieux de passage de l’Empire, un casernement complet, pour y recevoir les hommes dont il s’agit, ce qui est actuellement impossible ».

Puisque l’armée a la gale, il est juste que les civils l’aient. Et l’on ne prend nulle précaution pour empêcher la contamination. Au surplus, « quelles que soient les précautions, la gale, dont les habitants de la Haute-Autriche sont atteints, se communique aux troupes de ligne d'une manière effrayante 4 » ; et bien qu'on fasse marcher les galeux séparément durant les étapes, le mal gagne de proche en proche.

Au mois d’avril 1807, Napoléon recommande à l’Intendant général de la Grande Armée d’établir plusieurs dépôts de galeux et d’y attacher « les médecins les plus habiles à traiter ces maladies, afin de détruire le mal5. » Pendant l’hiver de cette même année, la gale continue à sévir en Prusse, et l’on établit, pour ceux qui en sont atteints, des baraquements spéciaux.

Les galeux abondent dans les armées de Portugal et d’Espagne. « La moitié de leur effectif est galeux; on les traite, mais très mal. »

En 1809, dans le grand-duché de Berg, sur 860 hommes, 400 ont la gale. Auprès d’Anvers, en septembre, 2 à 300 gardes nationaux entrent à l’hôpital chaque jour, non compris les galeux, « qui doivent rester à la caserne ou au cantonnement ».

1 G. N., 4 juin 1797, n° 1.866.

3 Brice et Bottet, i 43.

5 Morvan, I, 267. *

4 Corresp. de Davout, 20 et a4 décembre i8o5 ; 26 janvier 1806; Larrey, Pion des Loches, etc.

5 Lettres inédites de Napoléon Ier, par Léon Lecestre, t. I (Paris, 1897), n° i46.

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Ln 1811, 1 Empereur se plaint qu « il y a beaucoup de galeux à Oléron. II y est mort 190 hommes en décembre. Il n’y a pas de médecin. Qu’on établisse des hôpitaux de galeux, et qu on nettoie les fournitures ».

La Gale dans les armées impériales.

(Composition d’Hippolyte Bellangê.)

En 1813, la presque unanimité des conscrits bretons sont infectés de gale, et l’on a bien du mal à les en débarrasser1.

1 Voici ce qu’écrit Rousseau, soldat au 5e tirailleurs de la Garde, de Dresde en Saxe, le 26 juillet 1 8 1 3 : « Mon cher Père et ma chère Mère, si je mets la main à la plume, c’est pour m’informer de l’état de votre santé; tant qu’à moi je me porte bien, je souhaite que la présente vous trouve de même. Je vous dirai que depuis que je suis parti de Dresde, je me suis bien porté en route sinon que j’ai attrapé la gale ce qui veut dire la Charmante , je suis dans les remèdes en ce moment icy. » Un charlatan, du nom de Mettemberg, dont il a été question plus haut, avait rédigé un prospectus, pour lancer une eau de sa composition, destinée à combattre les éruptions galeuses; cette réclame, en allemand, fut envoyée à profusion, en avril 1 8 1 4 ? aux troupes alliées séjournant à Paris : nous devons à M. R. Ronnet le signalement de cette amusante pièce.

Pour s’expliquer cette fréquence de la maladie acarienne, on ne doit pas oublier que, par suite de l'habitude, qui n’avait pas complètement disparu, de faire coucher les soldats deux à deux, la nouvelle recrue contractait le mal par le contact avec son aîné. De plus, la malpropreté, le défaut d’hygiène aidaient à son développement. Et ce qui atteste que la gale revêtit parfois un caractère de gravité particulière, c’est qu’on la trouve notée comme cas de réforme, dans les instructions du 11 germinal an VII, et dans la circulaire du 14 octobre 1811 1 .

Les affections vénériennes furent aussi très répandues, et cela s’explique : les armées étaient suivies de quantité de femmes « de mauvaise vie » qui, en dépit des châtiments qu’on leur infligeait2, suivaient les soldats, soit dans les convois ou équipages, soit sur les voitures de subsistance, soit même à pied.

Carnot les avait chassées des casernes sous la première République ; Bonaparte voulut interdire aux officiers d’en emmener avec eux3. Mais interdictions, pénalités, tout devait échouer.

En 1797, les femmes continuaient à suivre l’armée ; les officiers donnaient l’exemple aux soldats; le général en chef dut menacer de destitution ceux qui enfreindraient ses ordres :

1 Cf. France médicale , 26 juillet lyio (Les Femmes aux armées , par Louis àhnaud, médecin aide-major de ir,‘ classe).

2 Ce passage, d’un ouvrage médical du dix-huitième siècle, prouve assez que ces moyens de répression étaient loin de suffire. « Il seroit à souhaiter qu’on trouvât un moyen sûr de purger les armées, les garnisons et les quartiers, des femmes publiques qui en sont la peste. Il ne suffit pas simplement de les chasser d’un camp, d’une garnison, d’un quartier, de les faire passer par les verges, ou de les mettre sur des chevaux de bois, parce qu’on les voit quelquefois bientôt après reprendre leur infâme métier dans un autre endroit, et très souvent même dans les lieux où elles onl été flétries. Ne pourroit-on pas les enfermer dans des maisons de force, comme je l’ai vu pratiquer dans plusieurs endroits, ou leur imprimer sur le visage une marque particulière, comme j'ai entendu dire qu’un commandant fort zélé pour le service du l loi , M. le maréchal duc de Bellisle, a fait pratiquer avec beaucoup de succès pour exterminer cette dangereuse vermine ? Ces précautions conserveroient tous les ans au lloi un grand nombre de braves gens, qui après avoir beaucoup coûté à Sa Majesté, qu’ils ont quelquefois été longtemps sans servir, périssent souvent de blessures ou de maladies, qui n’étant pas jointes à des maux vénériens, auroient pu être facilement guéries; mais qui s’y trouvant jointes deviennent plus longues et plus dangereuses, et font enfin quelquefois périr ceux qui les ont, après les avoir fait beaucoup et longtemps souffrir... » De Meyserey, La médecine d’armée , 42y-49o. Cf. Babeau, Duruy, Mention, etc.

3 Ordre du jour du 1 1 mai 1 796 (C. N., n° 4oo),

NAPOLEON, HYGIENISTE MILITAIRE

Il ne doit y avoir, à la suite des corps, que le nombre de blanchisseuses et de cantinières fixé par l'ordonnance, elles seront munies chacune d’une autorisation signée par le chef de l’état-major général de l’armée. Toute cantinière et blanchisseuse qui ne sera pas autorisée, sera obligée de se retirer sur les derrières dans les cinq jours... Il sera accordé huit jours à celles dont les divisions seront trop éloignées du quartier général du général en chef pour pouvoir se conformer aux précédentes dispositions *.

Pelle action de l'épouse nu Général Verdier, brumaire an IX (octobre 1800).

Mm' Verdier avait voulu suivre son mari en Égypte et partager ses fatigues. La gravure ci-dessus représente un épisode, qui est rapporté en ces termes, par l’éditeur de l’image : « Un jour, parcourant seule le désert, elle entendit les cris du désespoir d’un soldat aveugle et abandonné; elle court à lui : « Attache-toi, lui dit-elle, à la queue de mon cheval, et ne le quitte plus; il ne te fera aucun mal; viens, pauvre misérable, j'aurai soin de toi. » Le soldat obéit et suit sa bien f .titi ice. Sou\ent il s’écriait,. dans les transports de sa reconnaissance : « Est-ce un ange qui me conduit, qui me nourrit!

- Eh! non, mon ami, répondait-elle, avec cette simplicité embellie par les grâces; non, c'est M"“ Verdier , une Italienne, la femme du général. »

Quinze jours après,' nouvel ordre du jour plus explicite, sur les sanctions encourues par les délinquantes :

Toutes les femmes qui ne sont pas autorisées par le Conseil d administration sont tenues

f C. N., 5 avril 1797, nu 1.697

de s’éloigner dans les vingt-quatre heures de la division ; à défaut de quoi, elles seront arrêtées par les soins des chefs de bataillon, barbouillées de noir et exposées pendant deux heures sur la place publique L

Comment sévir, quand les femmes d’officiers généraux elles-mêmes éludaient les prescriptions du commandement? Car les épouses accompagnaient leurs maris, sans souci des fatigues ou du danger.

La première femme d’Augereau le suivit en Catalogne, pendant qu’il était général à l’armée des Pyrénées-Orientales ; la générale Barthe, la générale Carteaux, la générale Poinsot ne quittèrent point leurs maris.

La cantatrice italienne, que le général Verdier avait épousée pendant son

séjour en Italie, fit à ses côtés la campagne d’Egypte1 2. Elle montait à cheval, portait l’épée, tirait le pistolet... comme un homme! La gravure que nous reproduisons (p. 517) la représente sur un cheval fringant, qu’elle monte en cavalier; vêtue d’une redingote très décolletée, d’un pantalon long très collant, elle est, on en peut juger, d’aspect fort séduisant.

A l’exemple des femmes légitimes s’attachant aux pas de leurs maris, les maîtresses ne voulurent pas quitter leurs amants ; mais s’il en fut qui vécurent dans une ombre discrète, d’autres provoquèrent du scandale, s’étalant publiquement dans des équipages somptueux : telles furent les maîtresses de deux maréchaux français, qu’on avait, pour cette raison, surnommées « les maréchales ».

Les « suiveuses d’armée » appartenaient généralement à la dernière catégorie de la société ; si, parmi elles, il se glissa des femmes d’une classe un peu plus relevée, appartenant au monde du théâtre ou sorties des rangs de la bourgeoisie, que la soif d’aventures avait entraînées, la plupart étaient des professionnelles de la galanterie qui, en temps de paix, fréquentaient les galeries de bois du Palais-Royal, ou déambulaient autour des casernes. Ce sont surtout ces ribaudes qui propagèrent l’avarie parmi les troupes en campagne, en distribuant leurs faveurs aux imprudents qui se laissèrent prendre aux artifices de leurs charmes.

Les visites sanitaires existaient cependant ; elles avaient été instituées dès l’époque révolutionnaire. Le 24 novembre 1796, Ney prescrivait aux chefs de corps de faire faire « une visite, par les officiers de santé, pour s’assurer si leurs

1 1 7 avril 1 797, n° i .742.

2 Raoul Brice, Les femmes et les armées de la Révolution et de l'Empire (1792-1818), d’après des Mémoires, Correspondances et Documents inédits. Paris, Ambert, s. d.

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hommes ne sont pas atteints du virus vénérien » . Les femmes vivandières et blanchisseuses y étaient soumises comme les autres.

Le capitaine Coignet a raconté comment ces visites se pratiquaient, en 1808, dans la Garde impériale, tous les quinze jours, le général Dorsenne venait avec le chirurgien-major visiter les soldats dans leur lit. « Il fallait se présenter en chemise, et défense de se soustraire à cette visite, sous peine de prison. S’il en

Moût hf. Marceau.

Cette petite eau-forte de Dupi.essi-Bertaux, qui figure au bas du portrait de Marceau, par Levachez, représente ce général à l’entrée d’une tente, recevant les soins d’un médecin ou chirurgien, qui puise dans une petite cantine les instruments <»u médicaments nécessaires.

trouvait qui avaient attrapé du mal, ils partaient de suite à l’hôpital; il leur était retenu quatre sous par jour; et, à leur sortie, ils avaient quatre jours de salle de police. »

Un ordre du 18 mai 1811 enjoignait aux officiers de santé des corps de visiter tous les huit jours les officiers et soldats, pour s’assurer qu’ils n’étaient pas atteints de maladie. Le 18 septembre de cette même année, le général de division Friant ordonnait d’arrêter les « coureuses )) qui s’introduisaient dans le camp de Rostock : « le grand nombre de maladies vénériennes démontrent Irop que ces filles sont presque toutes gangrenées ; elles devront être conduites dans les prisons de Rostock ». Dix jours plus tard, toutes les fiiles rencontrées dans le camp étaient arrêtées et présentées à une commission de santé, composée d’un médecin militaire, d’un chirurgien-major, d’un aide-major, auxquels furent adjoints un médecin civil et un officier de police.

CHIRURGIENS ET BLESSES A TRAVERS l’iIISTOIRE

Devons-nous ajouter qu’une surveillance médicale plus rigoureuse, une connaissance plus approfondie des moyens thérapéutiques n’ont guère réussi jusqu’à présent à enrayer un mal qui a pris les proportions d’un fléau, et qui menace non plus directement la santé de ceux qui s’y exposent, mais l’avenir même de la race? Serait-ce un mal nécessaire? Nous n’aurions garde de nous appesantir sur un sujet aussi grave, qui mérite toute l’attention de nos sociologues et de nos législateurs.

Vignette dû service de Santé militaire.

(Extrait de l'ouvrage de MM. Boppe et R. Bonnet.)

Les blessés de la Garde, rentrant a Paris, en 1814, après la bataille de Montmirail. (D'après le tableau de Delècluze : Musée de Versailles.)

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