‹ Chirurgiens et blessésChapitre 87 sur 122 · LES CAMPAGNES DE LA RESTAURATION · texte numérisé non relu

LES CAMPAGNES DE LA RESTAURATION

EN ESPAGNE (l823) - EN MORÉE (1827)

L’expédition de 1823, entreprise dans le but de raffermir l’autorité du roi Ferdinand VII, sur des sujets qui cherchaient à s’affranchir de son joug et voulaient proclamer une Constitution libérale, n’offre qu’un intérêt médiocre, au point de vue qui nous occupe.

Les armées françaises qui y prirent part avaient été placées sous les ordres du maréchal Moncey qui, dès le début, tint à proclamer sa bienveillance pour le service de santé et son souci de la bonne tenue des hôpitaux. « Chaque fois, dit un historiographe *, qu’il rencontrait une position dont il pouvait faire un centre de ses opérations, il ordonnait d’y établir un hôpital. Tous ces petits établissements étaient à dix, quinze, vingt et même vingt-cinq lieues dans l’intérieur des terres ; les troupes en marche y déposaient, en passant, leurs blessés et leurs malades... Jamais ordres ne furent mieux exécutés, jamais fonctions mieux remplies et avec plus d’exactitude et de zèle ».

Le corps expéditionnaire comprenait environ 30.000 hommes ; ,il y eut constamment un dixième de l’effectif de malades ; la perte des blessés ne dépassa pas la proportion ordinaire.

La campagne de Catalogne a fait courir aux officiers de santé de tous grades des dangers d’autant plus grands, qu’ils étaient parfois obligés de suivre, pour se rendre aux postes qui leur étaient assignés, des chemins ou des sentiers qu’ils ne connaissaient pas et que l’ennemi avait semés d’embûches. Ils durent souvent, quand ils avaient à parcourir de grandes distances, prendre des déguisements ou se confier à des commissionnaires du pays, des arieros, qui ne les transportèrent pas toujours sains et saufs à leur lieu de destination.

1 Gama, Esquisse historique , 56^ et s.

Ce fut au cours de cette campagne qu’on vit, pour la première fois, des caissons d’ambulance d’une forme particulière.

Qu’on se figure « une énorme caisse de voiture à quatre roues, contenant d’autres caisses en fort bois de chêne, ferrures de coiïres-forts, serrures à l’épreuve,

Rencontre sur la frontière d’Espagne (Lithographie de Bâcler d’Albe).

pour renfermer, entre autres objets d’une valeur égale, des gobelets et des écuelles de fer-blanc ». On y plaçait aussi du linge, quelques vêtements, etc. L’administration avait baptisé ces voitures des caissons-magasins .

D’autres voitures, plus petites et moins lourdes d’aspect, étaient remplies « d’autant de boites qu’il y en a dans le magasin d’une marchande de modes ».

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