JO
Q~*a*£~ - tvv
7) «-^ / t^C - V » <Â (JL> — 5 - « — - t^”L <V/1( iW *- / » — ’ i 0-J~ •A. î ^
V »i~ inJo o ^ cawl^ 7) J^-c^ a^< A»*' 6o »w ha.' n>^~ *^uu
^ *V*-^ V« l* J It- 1*. U*k l'ui*^ ~è) «^ / oi v» j) VdU4At*~ qk *Vf t— ku
/ mi j ^ J
(yOUSLÙ i S t4*~ «XcA~ t<- kx * J^~o\+nZ G- J Ut~b s V U4 j <^U «A» M UA co-r- kvA <^*VAA— / t-CC*"'
* i) » W> p Lj 1> 4— /\»ui ^ce) .' ) *~f> W- ^ « cf7> L* p (•-* lA 2> *" / u
} k J 6» C^/»— yj~> Jo U A~ f*~k eu co û C~W • J U- HjbL I £ U*J
Jo\f~ ^ f~ L4U*6 4L. {~Ctl sJ> i c4 H VV~ fc«A^ O J J **“7* J iMsfi yZ / * *u^'1 c ■d*J‘ r *
0 yZ î) tv. co ec^ icw4 iiiA jU ~ 4) o-. V«' ^ «""t ^Lc. p fcVtv< t/é— c Jt*~J
UUcu£~ Cf“ y^A f-XHU- it— \VyU*J*\t~^ Hj Js^Lj^a^r -Vvv^ot».^ tM^Z J O iJ+JUt-
UM- J <AjJ. f\A^O ^ UaA~ J c LO U Vl f »-4+-J j
evK VUA-. *0. UlMl^UUetJ CD «LXc^t \a^> Uus) llLj O O O *v ~
U.kA* u-> Æ«‘y t/h ; . etc/- JY'ovJ- UA~ ~4> *4—1 f Ù-) p Ù l> (^ e vU 9 l tz*^/
*/*■'* viv^t'fï-7/ er *uM-iU p 3 tv *-U~ -4l £A 'i-t^ / cVt/’ -c*
^c^j^jz z {'hopihJl ^(wÇ^)j, ÿjnJ y rJZ*~ v: j :cz <*- j. ^Jhu
”i)lA«^u*C ccf~ *>fy~d) (p-oZ^ Ujp ■ — —
Joaïi , if~j L 6 c ko&\+j {sê\tr^~~
tÿôUAi)*-? - "
Cektificat délivré a i n blessé r>E Waterloo. (Collection de l’auteur.)
Larrey avait installé son ambulance dans la petite ferme du Caillou1, à trois kilomètres environ de la grande ferme de la Belle-Alliance 2 (devenue aujourd’hui une habitation de plaisance) ; mais bientôt, les Prussiens y mettaient le feu, ne prenant pas même la peine d’en retirer au préalable les blessés3.
Quant à Larrey, on sait qu’il n’échappa ce jour-là que par miracle à la mort.
A huit heures du soir, il avait reçu l’ordre de l’Empereur de lever son ambulance et de gagner la frontière : avec ses aides et ses infirmiers, le chirurgien en chef de la Garde impériale avait pris un chemin de traverse, qui devait, lui avait-on assuré, le conduire en territoire français. Arrêtée en cours de route par une avant-garde de uhlans prussiens, la petite troupe avait réussi à s’échapper; au moment oii il se croyait définitivement hors de péril, Larrey était de nouveau entouré par un détachement de cavalerie ennemie et fait prisonnier. Sa ressemblance avec l’Empereur, du moins par la taille, et la redingote grise qu’il portait ce jour-là par-dessus l’uniforme; son sabre, sur lequel était gravé le nom de Bonaparte, toutes les apparences avaient fait croire à ceux qui s’étaient, emparés de lui qu’ils tenaient enfin Napoléon en personne ! Furieux de s’être mépris, lorsque l’identité du prisonnier leur eut été révélée, les Prussiens voulurent passer celui-ci par les armes. Larrey ne dut son salut qu’à une circonstance toute fortuite : le médecin militaire qui avait été chargé d’appliquer sur ses yeux le bandeau fatal4,
1 Après la bataille de Ligny, Napoléon établit sou quartier général à la ferme du Caillou, où il arriva le 17 juin, vers 9 heures du soir. <( La pluie tombait par torrents. La ferme avait été abandonnée parle fermier, nommé Boucquéau, vieillard octogénaire, qui s’était retiré à Plancenois... On servit un souper à la hâte, employant en partie ce qui restait de la vaisselle du fermier. Bonaparte coucha dans la première chambre de la maison. On lui monta au milieu de cette chambre un lit garni d’une étoffe de soie bleue à crépines d’or. Son frère Jérôme, le duc de Bassano et plusieurs généraux logèrent dans d’autres chambres... Vers neuf heures, on servit à Bonaparte un déjeuner-dîner dans sa propre vaisselle. Avant son départ... il ordonna qu’on rappelât le fermier... (qui) le trouva entouré de son état-major, le corps couvert d’un frac gris, et la tête d’un chapeau à deux cornes... Ces renseignements viennent du fermier même. » Le Mayeur, op. cit. ., G9-70.
2 Le nom de cette ferme ou métairie proviendrait, d’après la tradition, de ce qu’ (( autrefois, elle fut possédée par une femme d’une conduite peu régulière. Elle voulut épouser un villageois aussi peu réglé dans ses moeurs. Le curé du lieu, informé de leur résolution, ne put s’empêcher de dire: Nous allons faire une belle alliance! On nomma l’habitation des nouveaux époux la maison de la belle Alliance. (Le Mayeur, op. cit., 62.)
3 H. 1 Ioussaye, 1815, Waterloo, 423, note 1.
4 Ce bandeau n’était autre chose qu’une bande d’emplâtre agglutinatif ! (Cf. Relation médicale des Campagnes et Voyages , par Larrey, 12).
LES BLESSÉS DE WATERLOO
avait suivi ses cours de chirurgie à Berlin, en 1812, et avait reconnu son ancien professeur. Il fut aussitôt ordonné de surseoir à l’exécution et le feld-maréchal Blücher, avisé de l’incident, se confondit en excuses, ordonnant qu’on remit des vêtements au prisonnier, qu’on lui restituât sa bourse; par comble d’égards, il engagea Larrey à dîner et, après l’avoir reçu à sa table, le fit conduire à Louvain, avec un de ses aides-de-camp pour l’escorter.
Arrivé à Louvain, Larrey fut accueilli par une « brave femme » qui, moyennant une pièce d’or, lui servit une soupe à l'oignon et lui procura un jeune chirurgien pour panser ses blessures.
Quand l’officier de santé eut reconnu l’hôte de marque qu’hébergeait la pauvresse, il courut à la municipalité ; il en revint, au bout de quelques instants, accompagné d’un officier municipal. Une voiture attendait à la porte, pour conduire l’illustre praticien chez un honorable bourgeois, où il reçut de son nouvel hôte les
secours et les soins les plus empressés.
Après quelques jours de repos, Larrey tint à parcourir et à visiter les hôpitaux militaires dans lesquels avaient été recueillis nos blessés ; mais il dut se borner à assister de ses conseils les chirurgiens belges chargés de la direction de ces ambulances. Il a rendu, d’ailleurs, *un juste hommage « au zèle, à l’activité et à l’intelligence qu’ils mirent à remplir leurs pénibles et importantes fonctions1».
Les Anglais avaient établi leurs hôpitaux à Bruxelles. Le transport en avait été effectué dans la soirée du 18; avant la nuit, tous les blessés anglais furent transportés du terrain2, sur Mont-Saint-Jean 3 et Waterloo, et installés partout où on put les abriter.
Jour et nuit, pendant plus d’une semaine, le service médical n’eut, pour ainsi dire, pas de repos. Après s’être occupé des blessés anglais, on s’inquiéta de ceux appartenant à la légion germanique du roi d’Angleterre, ensuite des blessés hanovriens.
1 Relation médicale de Campagnes et Voyages , de 1815 à 1840, par M. le baron Larrey. Paris, 184 1 .
2 Wellington avait donné l’ordre d’employer toutes les voitures disponibles; ce qui n'empêcha pas d’avoir recours aux moyens de fortune : c’est ainsi qu’un canon de 12 livres hollandais servit au transport d’une douzaine d hommes blessés, qui étaient « assis ou cramponnés, tout sanglants et souillés, la tête ou les membres bandés, et parmi eux , deux ou trois femmes ».
3 La ferme de Mont-Saint-Jean servit d’ambulance aux armées alliées pendant la bataille.
(BaRRAL, I2Ô).
BaS
Les Brunswickois , les Hollandais et les Belges avaient chacun leurs ambulances-, ou leurs fourgons-hôpitaux, à l’usage de leurs propres blessés. Mais le soin de recueillir les blessés français fut abandonné aux charrettes des campagnards, et les pauvres diables, très nombreux, restèrent longtemps étendus sur le terrain1. Ce ne fut que le quatrième jour après la bataille que le dernier fut relevé. L”officier d’état-major anglais 2, qui rapporte impartialement ce qu’il a vu, ajoute ces réflexions, qui font honneur à ses sentiments humanitaires: «Il est pénible de penser à ce qu’ils ont dû souffrir de leur mal, du froid, et même de la faim pendant de fastidieuses journées et de longues nuits : nombre d’entre eux ont dû périr, qui auraient vécu s’ils avaient reçu des soins et le secours immédiat des chirurgiens. On ne leur distribua d’autre nourriture que celle que pouvaient leur fournir les femmes des paysans, qui circulaient avec des cruches d’eau et du pain... Les villages et les hameaux voisins recueillirent les Français, qui remplissaient les églises, les granges et leurs dépendances, chaque petite commune se cotisant pour fournir les quantités de pain, de viande et de légumes, pour la soupe nécessaire à leur subsistance. »
Pendant les premiers jours qui suivirent la bataille, il parait qu’il ne fut pas possible de classer les militaires blessés des différentes nations : ils étaient tous entassés pêle-mêle dans les ambulances ; mais la séparation ne tarda point à se faire, et il nous est particulièrement agréable de consigner, d'après les relations contemporaines, qu’à Louvain comme à Bruxelles, les habitants se disputèrent à l’envi l’honneur de posséder chez eux le plus grand nombre de blessés français. « Bien ne leur était épargné... jamais hospitalité n’a été exercée avec plus de désintéressement. »
A Anvers, en moins de quinze jours, vingt hôpitaux étaient organisés. Deux vieux bâtiments, la Corderie et la Menuiserie de l’arsenal, furent principalement consacrés à recevoir les blessés français : le 29 juin, on était parvenu à en abriter 1.050 : le 7 juillet, on en comptait 2.200 : du 29 juin au 14 août, il en entra 2.383, sur lesquels 275 moururent. Le Dr Yrancken, médecin en chef, auteur du travail qui nous fournit ces détails, ajoute que « la plupart des Français évacués à Anvers étaient gravement malades : ils étaient atteints de fièvre, même à leur
1 L’enterrement des morts ne dura pas moins de quinze jours. (Barral, 82.)
2 Lieut. -colonel Basil Jackson, Waterloo et Sainte - Hélène ; traduit de l'anglais, par Km. Brouwet. Paris, Plon, 1912.
LES BLESSÉS DE WATERLOO
arrivée à Bruxelles ; leur transport à Anvers dans des bateaux fermés avait encore aggravé leur position. Ces circonstances, jointes au grand découragement des esprits, qui était la conséquence naturelle d’une si grande défaite, contribua beaucoup à augmenter les cas de mort parmi les prisonniers français blessés... D’ailleurs, la Cordene et la Menuiserie étant situées près de l’Escaut, et entourées du terrain paludéen du canton de Berchem, où les fièvres intermittentes régnent presque tous les ans endémiquement, ces fièvres y sévirent plus généralement que dans les autres hôpitaux établis dans la ville... Parmi les blessés français, il y en eut plusieurs atteints de pourriture d’hôpital. Ces malheureux avaient été ramassés les derniers sur le champ de bataille de Waterloo ; étant plus éloignés de Bruxelles (12 lieues), ils avaient été transportés, après plusieurs jours, aux bateaux amarrés dans le canal de la susdite ville, puis évacués à Anvers, après avoir été plusieurs jours sans que leurs blessures eussent été pansées. L’inltuence morale vint hâter ou augmenter l’action de toutes les causes physiques : le chagrin, l’éloignement de leur pays, l’incertitude de leur sort, en avaient jeté plusieurs dans un abattement complet... »
Le célèbre chirurgien anglais, sir Charles Bell, a rapporté ses impressions de visu , sur les blessés de Waterloo qu’il avait eu occasion de traiter. Durant trois jours, il opéra sans relâche, tenant en mains le bistouri dès six heures du matin, et poursuivant sa besogne jusqu’à sept heures du soir. Mais laissons-le raconter ce qu’il a su si bien observer.
Toutes les convenances dans 1 accomplissement des opérations chirurgicales furent bientôt négligées. Pendant que j’amputais un homme de la cuisse, ils étaient treize en même temps à demander à être opérés le premier: l’un, plein de menaces; l’autre, me rappelant ma promesse de m’occuper de lui ; cet autre se contentant de pester! C’était une étrange chose de sentir mes vêtements roidis par le sang et mes bras rendus sans force par la fatigue de l’emploi du couteau ; et ce qui était plus extraordinaire encore, c’était de retrouver mon esprit calme au milieu d’une telle diversité de souffrances... 1
Bell fit des croquis de blessés, qui sont « d’une puissance et d’un effet remarquables ». Ils ont été reproduits plus tard [ii l’aquarelle; beaucoup de ces croquis, ainsi que des peintures à l’huile, ont été donnés au Collège Royal des chirurgiens d’Edimbourg, et lady Bell a fait présent d’un certain nombre, ainsi que du carnet de notes de son mari, à l’hôpital de Netley.
1 Sir Charles Bell à Waterloo (Chron. Mèd ., 1912, 4oi).
A l’heure où les Anglais sont devenus nos frères d’armes et mêlent leur sang au nôtre, nous sommes heureux de reproduire ce récit, dû à la plume d’un des chirurgiens les plus illustres du Royaume-Uni 1 :
Je viens d’assister, écrivait sir Charles Bell au lendemain de Waterloo, à l’installation des blessés français... Ah! si vous les aviez vus couchés tout nus, ou à peu près nus, dans un rang de cent lits dressés par terre, quoique blessés, épuisés, battus, vous diriez encore avec moi que ces hommes étaient bien capables de marcher sans obstacle de l’ouest de l’Europe à l’est de l’Asie! Robustes et endurcis vétérans, braves indomptés, si vous aviez rencontré leurs regards fixés sur vous, si vous aviez vu ces yeux sombres et ces teints bronzés, contrastant avec la blancheur des draps, ils auraient excité votre admiration. Ces hommes n’ont été transportés ici (Bruxelles), qu’après être restés plusieurs jours étendus sur la terre du champ de bataille, les uns mourants, les autres subissant d’horribles tortures, plusieurs ne pouvant retenir le cri de leur angoisse, et déjà leur gaieté caractéristique reprend le dessus... Vous verrez dans mes notes quelles sont leurs blessures, mais je ne puis m’empêcher de vous dire l’impression que produisent sur mon esprit ces formidables types de la race française c’est un éloge qu’ils m’arrachent malgré moi...
Quel plus magnifique hommage pouvait être rendu aux vaincus de l’épique journée ? En vérité, tant de vaillance méritait un meilleur sort.
1 Cf. Citron, il Jéd., i <j 1 5, 236-^.