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CHAPITRE XXXIV

LES TROIS GLORIEUSES (juillet i83o)

Quelque brève qu’elle ait été, la Révolution de 1830, qui ne dura que trois journées — les Trois Glorieuses! — fut relativement meurtrière : à la fin du troisième jour, on ne comptait pas moins de trois mille morts ou blessés, tant civils

que militaires. »

Parmi les blessés, la mortalité fut considérable : sur i .200 recueillis dans les établissements hospitaliers, on compta plus de 300 morts.

L’Hôtel-Dieu perdit le cinquième de ses blessés ; sa position centrale, qui l’obligeait à recevoir les plus gravement atteints, et aussi son insalubrité expliquent ce nombre élevé de décès ; c’est là que les hémorragies consécutives, les érysipèles et l’infection purulente firent le plus de victimes ; c est le seul hôpital où la pourriture d’hôpital et le tétanos se soient montrés.

Les blessés, apportés sur un brancard par leurs frères d’armes, arrivaient sur le parvis Notre-Dame, escortés par une foule d amis, de parents ou de curieux, qui faisaient irruption jusque dans les salles et y causaient un tumulte des plus nuisibles aux malades. On dut prendre des mesures pour mettre lin à cet état de choses : une douzaine de brancards furent placés sous le péristyle, et les blessé^

envoyées aux hôpitaux ; en maints endroits, une multitude d’ateliers s’improvisèrent, où l’on travailla sans relâche à confectionner de la charpie et du linge à pansement. De grands paniers servaient à recueillir toutes ces charitables offrandes, restées le plus souvent anonymes.

Nous replaçant sur le terrain scientifique, il convient de consigner quelques-unes des intéressantes remarques faites par les chirurgiens qui ont joué un rôle dans ces mémorables journées ; nous nous en tiendrons aux observations d’ordre technique.

La plupart des coups de feu, dans cette lutte corps à corps, ayant été tirés en général à très faible distance et presque à bout portant, il en était résulté des blessures plus dangereuses que dans les batailles livrées sur de grands espaces. Ou

furent désormais transportés dans la salle, sans être accompagnés d’aucun cortège plus ou moins bruyant.

On doit rendre cette justice au peuple de Paris, qu’il se montra, comme toujours, dans cette circonstance, très empressé à prodiguer aux blessés les secours et ces mille attentions dont son tact est coutumier. Des caisses d’oranges furent

Croquis pris, d’aprèsînature, dans les rues de Paris. (28-30 juillet 1830.)

Prise du Louvre (29 juillet 1830.)

a observé, par exemple, que des décharges nombreuses, faites au milieu d’une ville, dans des rues plus ou moins alignées, pavées de grès poli par le passage des voitures, produisent beaucoup plus d’effet qu’en rase campagne, où les balles

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