Cette première partie de lu dépêche est chiflrée
2. Cette lettre du Pape annoncée par Ch()i?ienl devait partir de Rome le 26 février. Répondant à la lettre que Louis XV lui avait adressée le 16 décembre 1754 au sujet des mesures qu'il prenait pour faire cesser les divisions religieuses, Benoit XIV lui demandait de faire connaître que le droit de réglementer
On m'n fait confidence, il y a quelques jours, de l'intention de Sa Sainteté que je n'ai pas désapprouvée, pourvu que ce fût une lettre particulière. Elle ne doit nullement embarrasser le Roi qui peut répondre au Pape tout ce qu'il voudra, en lui montrant un air de tendresse et de délérence.
Le Pape a les faiblesses de son âge, il est nécessaire de le flatter. Ce prince est léger et, avec de la mémoire, oublie quelquefois ce qu'il a dit. J'en viens d'avoir une preuve. Je fus à son audience quelques jours après qu'il eut reçu la dernière lettre du Roi ; il m'en parla avec reconnaissance, et me dit qu'il en était fort content. Je lui demandai même s'il trouvait bon que je rendisse conqDte au Roi de la satisfaction que je lui voyais sur la lettre de Sa Majesté. Le Pape m'en pria. J'ai appris depuis par M. le cardinal Tcncin ' qu'il
rjidiiiiiiistralioii di s sacreineiits était un droit iiKOuleslable de l'Eglise et qui n'appartenait nullement aux tribunaux séculiers; il lui exj^riinait également le désir de concourir avec lui au rétablissement de la paix dans le Pxoyauino (/?o7/(,', I.DCCG.WIl; f. 220-22-2).
1. Pierre Guérin de Tencin, né à Grenoble le 22 aoiit 1680, abbé de Yézelay en 1702, accompagna le cardinal de Rohan au conclave de 1721 ; à force d'intrigues, il obtint du nouveau Pape, Innocent XIII, l'élévation de Dubois au cardinalat. Il resta chargé d'affaires à Rome jusqu'à sa nomination au siège archiépiscopal d'Embrun on 1724. Cardinal en 1739, il retourna à Rome recevoir le chapeau et prit une jiart active au long conclave de 17'iO qui nomma Benoit XIV; archevêque de Lyon en septembre 1740, il entra au conseil d'Etat en 1742 et se retira, en 1751, dans son diocèse où il mourut le 8 mars 1758.
Depuis 1740, il était resté en correspondance suivie avec le Pape qui lui écrivait régulièrement à chaque ordinaire. Jl n'est pas i)rouvé que ïencin ne jouait pas en cela le rôle d'espion.
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lui avait mandé qu'il n'était pas content de la réponse du Roi. Cette variation ne peut pas s'expliquer : je ne chercherai pas même à en connaître le motif, car j'ai pour principe vis-;i-vis du Pape, de ne pas douter des sentiments invariables que je lui connais pour le Roi et pour la France, et j'ai établi ce principe avec une assurance si positive, que je suis persuadé que, si de mauvais conseils ou des scrupules mal placés prévalaient dans son esprit, ma sécurité sur la façon de penser en arrêterait l'effet. Je vous prie, Monsieur, de ne pas faire usage de ce que j'ai l'honneur de vous mander sur la lettre du cardinal Tcncin, qui m'a averti par amitié de celle du Pape, et qui serait peut-être fâché s'il savait que je vous en eusse écrit. Je vous ai cité cet exemple pour vous faire connaître la légèreté dont je dois me méfier, mais qui dans le fonds me donne peu d'inquiétude; plus j'avance, plus je suis convaincu que cette Cour fera ce que le Roi voudra '.
J'ai l'honneur d'être...