‹ Choiseul à Rome, 1754-1757Chapitre 13 sur 89 · La fin de cette dépèche est chififrée · texte numérisé non relu

La fin de cette dépèche est chififrée

2. Ces letti'es manquent, mais on en pourra juger par celle que l'archevêque d'Auch (Montillet) adresse au Roi (27 janvier 1755) et que contresignent les dix suffragants d'Auch (Dax, Lectoure, Comniinges, Gouserans, Aix, Bazas, Tarbes, Oléron, Lescar et Bayoïine) : « La disgrâce de M. rarchcvèquc de Paris... nous avait déjà pénétrés de la plus sensible af'Qictiun, lorsque de nouveaux coups ont jiresquc mis le comble à notre douleur »... etc. (Regnault, op. cit., t. I, p. 283).

affaires très considérable, et, quoique par la sagesse du Pape et par la confiance qu'il me marque je la crois inutile, cependant je ne sais pas si l'on ne doit pas empêcher que nos évêques ne l'augmentent par leurs lettres, sous un Pontife qui a quatrevingts ans et qui peut baisser d'un moment à l'autre.

J'ajouterai à cette observation, Monsieur, que j'ai vu des lettres de M. le nonce à la secrétairerie d'Etat beaucoup trop vives, et d'un style qui me fait soupçonner qu'elles sont dictées par un Français. Il serait à propos, à ce que je pense, que dans l'occasion, sans faire entrevoir ;i M. le nonce ce que j'ai l'honneur de vous mander, vous lui lassiez sentir le mécontentement du Roi un peu sèchement, en cas qu'il écrivît à son maître d'une façon à diminuer les sentiments sages que Sa Sainteté a marqués dans cette occasion.

Je suis avec respect...

A M. ROUILLÉ

A Rome, le 12 février 1755.

... Le Pape hier matin a senti des douleurs aux jambes et aux pieds; Sa Sainteté a cependant tenu une congrégation après laquelle, la douleur étant

augmentée, elle s'est mise au lit. On dit au Pape que c'est la goutte pour le tranquilliser; mais c'est une enflure de jambes considérable, qui lait craindre que ce ne soit le même acccident qui l'année passée dénotait l'hydropisie et était regardé comme très dangereux. Cependant Sa Sainteté n'a point eu de fièvre et s'est levée ce matin comme à son ordinaire; elle a même donné audience. Quoique l'enflure de jambes soit la même et que le Pape soit inquiet de la douleur qu'il sent, je vous prie de ne pas paraître instruit des nouvelles de la santé du Pape que j'ai l'honneur de vous mander; ce prince ayant la faiblesse de vouloir être cru en bonne santé, il me saurait très mauvais gré s'il imaginait que j'eusse mandé qu'il ne se porte pas bien. Cette manie est assez commune aux vieillards, et au Pape plus qu'aux autres. Au reste, il n'y a rien de dangereux réellement, que son âge.

Le cardinal Valenti est toujours de même. Il me marque journellement envie de me voir; cependant cela n'a pas encore été possible, ce qui me fait présumer que ses entours le trouvent plus mal qu'on ne le dit dans le public. Dans cette circonstance, si le Pape tombait véritablement malade, il y aurait une confusion dans cet Etat qui ne peut se concevoir que quand on y est. Toutes ces raisons me font croire qu'il est à propos, pour la considération due au ministre du Roi, que je me mette en public. Je vais aussi travailler ce carême à faire

30 CHOISEULAUOME.

sur le Conclave des notes que je croirai utiles au service de Sa Majesté \

Si le lioi le trouve à propos, Monsieur, je ferai mon entrée après Pâques; je vous supplie de me mander quelles sont vos intentions sur cet objet. Je ne vous parle pas des décorations que mes prédécesseurs ont obtenues dans cette occasion : ce sont des grâces qui ont été données au mérite, et moi je n'ai que la place. C'est à vos bontés pour moi à examiner si, pour le service du Roi, il n'est pas nécessaire de décorer celui qui le représente—

A M. ROUILLÉ

A Rome, le l'J l'cvrier 1755.

Monsieur,

La fermentation sur nos affaires ecclésiastiques est moins vive, quoiqu'elle soit toujours l'objet de la conversation des cardinaux. Je sais que le Pape a l'intention d'écrire une nouvelle lettre au Roi ".

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