‹ Choiseul à Rome, 1754-1757Chapitre 47 sur 89 · LUI · texte numérisé non relu

LUI

A M. ROUILLÉ

A Rome, le 9 octobre 1756.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous adresser les deux lettres pour le Roi que je viens de recevoir du Pajse '. Vous verrez que celle qui regarde M. l'archevêque de Paris n'est pas écrite comme j'en étais convenu avec M. le cardinal Archinto, car ce ministre désirait que le Pape ajîpuyât davantage sur son mécontentement de l'archevêque de Paris, et entrât en détail sur les différents changements accordés dans la lettre encvclique. Le cardinal secrétaire

1. On lit dans la lettre du Pape à Louis XY (9 octobre 1756) : « Mous avons appris avec un grand déplaisir du couitc de Stainville, ambassadeur de Votre Majesté, non seulement de vive-voix mais encore par le niémoire qu'il a laissé entre nos mains, ce qui est arrive par la publication d'un mandement que M. l'archevêque de Paris a fait en dernier lieu. Nous assurons en vérité Votre Majesté que nous en avons été d'autant plus fâché, que nous ne devons approuver tout ce qui peut troubler la paix de la France que nous désirons si ardemment... Nous sommes trop hardis, nous le confessons, mais nous espérons que Votre Majesté nous pardonnera, si nous la prions avec la plus grande confiance de continuer d'user de son héroïque modération à l'égard du pauvre archevêque de Paris, que nous devons reconnaître et que nous reconnaissons comme étant notre frère, sur ce qu'il n'a pas fait dans l'embarras où il se trouvait toutes les réflexions qu'il aurait dû faire pour ne pas manquer de parole à son maître... » {Rome, t. DCCCXXJ, f. 372-.37:<j.

d'Etat n'a pas pu obtenir depuis deux jours la lettre ainsi qu'il la désirait ; le Pape avait dicté cette lettre et nos efi'orts réunis ont été inutiles. Cependant, quoi qu'elle ne dise pas tout ce qu'elle pouvait dire, j'ai cru devoir céder aux instances du Pape qui m'a fait presser de l'envoyer par un courrier extraordinaire ; elle servira du moins à faire connaître au Roi, combien peu le Pape approuve la démarclie de M. l'arcbevèque, et, s'il implore la clémence de Sa INIajesté, c'est qu'il croit devoir exciter la modération du Roi en faveur des évèques. Cette lettre d'ailleurs produit un autre avantage, c'est que celle que le Saint-Père recevra mardi de M. l'archevêque ne lui fera nulle impression, et ne ralentira pas par des scrupules le zèle avec lequel il désire que la lettre encyclique fasse un bon effet. Le Pape n'a pas voulu s'expliquer sur cet ouvrage, parce qu'il n'avait pas l'avis du cardinal Spinelli; il l'aura probablement demain, et je vous répète, Monsieur, ce que j'ai eu l'honneur de vous mander mercredi, que les premier, troisième et quatrième changements seront faits comme le désire le Roi et que, quant au second de la notoriété de fait, il sera adouci. Je compte d'ailleurs que vous aurez sûrement le tout avant la fin de ce mois ..

Je crains de vous importuner. Monsieur, par mes demandes, mais je remets sous vos yeux le désir que j'aurais de savoir si Sa Majesté veut bien m'accorder mon congé quand toutes les affaires

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seront finies à Rome, afin que je prenne mes arrangements pour mon voyage lorsque je prévoirai sûrement la fin desdites affaires. Je ne marquerais pas sur cet objet tant de curiosité, si je n'avais pas à contenter celle de madame de Stainville. J'ajouterai sur mon voyage une réflexion, c'est que si le Roi veut bien me l'accorder quand la lettre encyclique sera partie de Rome, je serai plus en état de France de tranquilliser le Pape en cas que la publication s'en diffère, en lui écrivant les dispositions du Roi, que je ne le serais en les lui expliquant ici de vive voix.

J'ai l'honneur d'être...

A M. ROUILLÉ

A Rome, le 17 octobre 1756.

Monsieur,

J'ai l'honneur de vous adresser le paquet que le Pape m'a chargé de faire parvenir de sa part au Roi.

Ce paquet contient trois pièces. La lettre encyclique en forme authentique dont vous trouverez, Monsieur, copie ci-jointe avec les changements notés \ le bref en parchemin dont la minute a été

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