‹ Choiseul à Rome, 1754-1757Chapitre 53 sur 89 · Co paragraphe est chiffré · texte numérisé non relu

Co paragraphe est chiffré

2. La réponse de Louis XV à l'encyclique arrive avec un sensible retard; quoique datée de Versailles le IG décembre, elle ne sera remise au Pape que le 5 janvier. Elle portait : « Très Saint-Père. La lettre encyclique de Votre Sainteté aux évêques de la dernière assemblée de mon Royaume m'est parvenue en son temps, et j'ai ordonné au cointe de Stainville de témoigner la satisfaction avec laquelle j'avais reçu ce monument précieux de ses lumières et de son zèle. J'ai attendu, pour répondre à la lettre que Votre Sainteté m'a écrite le 17 octobre dernier, que j'eusse fait connaître mes volontés et les mesures que j'étais résolu de prendre, conformément à ses vues, pour rétablir la paix dans l'Église de France. Votre Sainteté aura appris que j'ai d'abord fait imprimer la lettre encyclique dans mon impri-

de me voir, et cr-apprendre par Votre Majesté ellemême l'autorité et la protection que vous accordiez. Sire, à la lettre encyclique. Le Saint-Père lut avec empressement la réponse de Votre INIajesté, Sa Sainteté s'attendrit beaucoup h la dernière phrase de la lettre ; elle me dit qu'elle ne pouvait s'exprimer plus vivement que par des larmes pour me marquer, Sire, son admiration et la reconnaissance que l'Eglise et lui devaient à \otre Majesté.

Le Pape ajouta qu'il me cliargeait de vous

merie royale, et que j'en ai adressé im)i-niême un exemplaire à chaque archevêque et évèquc de mon royaume, eu les exhortant à diriger leur conduite sur les règles si sagement établies par Votre Sainteté... J'ai vu avec plaisir leurs dispositions à déférer à ses avis paternels ; et en conséquence j'ai tenu le 1.3 de ce mois mon lit de justice, et j'y ai fait enregistrer par moji Parlement de Paris la déclaration que je joins ici. Votre Sainteté verra que la plupart des articles, que renferme cette nouvelle loi, ont été rédigés dans le même esprit de conciliation qui a dicté sa lettre encyclique. Mon ambassadeur rendra compte à Votre Sainteté des circonstances particulières qui ont rapport à cet objet, et je me bornerai à renouveler à Votre Sainteté les assurances bien sincères de ma reconnaissance et de la fermeté invariable avec laquelle je ferai respecter les ordres que je viens de donner conformément aux principes équitables et aux intentions modérées de Votre Sainteté. Il ne me reste qu'à lui marquer toute ma joie à l'occasion des meilleures nouvelles que le comte de Stainville m'a données de la santé de Votre Sainteté et que j'espère devoir m'ctre confirmées par les premières que je recevrai, et que j'attends avec impatience. Elle peut juger de l'inquiétude où j'ai été à ce sujet par ma tendre amitié pour elle, et par la persuasion où je suis de l'importance dont la conservation de Votre Sainteté est pour le bien de la Religion, pour la gloire du Saint-Siège, et pour l'édification et la consolation de tous les fidèles. Je suis... [Rome, t. DCCGXXII, f. 158-160).

'2(18 Cil 0 1 SEUL A HOMK.

écrire, Sire, qu'il m'avait dit plusieurs fois qu'il voulait sacrifier sa vie pour pacifier les troubles de France, qu'à présent ce sacrifice serait bien peu de chose, mais qu'il serait à tous les moments qui lui restaient prêt à l'offrir pour le service de Votre Majesté. Le Saint-Père s'attendrit de nouveau en me donnant ces assurances, et me piia, les larmes aux yeux, de bien peindre à Votre Majesté l'attachement tendre qu'il avait pour un aussi grand prince et qui méritait autant de l'Eglise.

Ce moment de mon audience, Sire, a été vraiment touchant et extrêmement llatteur pour Votre Majesté.

Le Pape lut ensuite la déclaration ' : le préambule lui fit grand plaisir; il s'arrêta après avoir lu le premier article, il l'approuva, et me rappela (pi'il m'avait dit, il y a près d'un an dans nne de mes audiences, (pi'il ne regardait pas la bulle Uiiigenlliis comme nne règle de foi, et qu'il n'avait jamais pensé que cette dénomination lui fût due; le reste de la déclaration lui parut conforme à la lettre encyclique; il renouvela ses remcrcîments pour Votre Majesté.

Le Pape me demanda si les Parlements ne feraient pas encore quelques oppositions et quelques démarches d'éclat ; je lui dis que je l'ignorais.

1. La dcclaralion (jui pricodail les cinq articles, an lit Je justice du 13 décembre 175(5.

mais que Sa Sainteté devait être tranquille sur la fermeté de Votre Majesté, que d'ailleurs ce qui regardait le Saint-Père et le Saint-Siège était terminé sans qu'il fût possible d'y revenir davantage, et que, si les Parlements osaient sur les différents points des déclarations faire des oppositions déplacées, il n'y avait pas à douter que Votre ^lajesté ne soutînt son autorité avec autant de force qu'elle avait soutenu celle de l'Église. Ainsi, je suppliai le Pape de ne point faire attention aux nouvelles qui pouvaient venir de France sur le Parlement, et de s'en tenir toujours à ce dont lui ferait part Votre Majesté.

Je louai le Pape, Sire, sur le discours qu'il avait tenu au consistoire; je lui marquai l'envie que j'avais de l'envoyer à Votre Majesté, afin qu'elle connût précisément comment le Saint-Père s'était expliqué sur nos affaires de France vis-à-vis le Sacré-Collège ; le Pape me répéta le précis de ce qu'il avait dit, et me promit de me l'envoyer. Votre Majesté en trouvera l'original et la traduction cijoints; elle y remarquera qu'en parlant de la constitution Unigenitiis, le Pape s'est servi du seul terme de respect, et jamais de celui à' obéissance. Un pareil acte public enregistré et approuvé par tout le consistoire, joint à la lettre que le Pape écrit à Votre Majesté, doit dissiper les scrupules des évêques ' s'il reste en France des prélats qui

1. Voir comme spécimen du sentiment des évêques à scrupules la lettre de Mgr Lamotte, évêque d'Amiens, citée par Regnault,

210 eu OIS EU L A ROME.

en aient encore; eette réflexion m'a déterminé à envoyer le paquet du Pape à Votre Majesté par un courrier extraordinaire...

Il me reste, Sire, à parler à Votre Majesté de la santé du Pape : le Saint-Père était dans son lit; j'ai été étonné de le trouver aussi peu changé, je lui en marquai ma surprise; sa voix n'est point affaiblie, non plus que sa vue ; il a lu la lettre de Votre Majesté sans lunettes; il est maigri, mais la couleur de son visage est bonne, et la faiblesse, autant que j'en ai pu juger par les différents mouvements qu'il a faits dans son lit, n'est pas aussi grande qu'on le disait; son discours a été fort suivi, comme Votre ÏNIajesté verra par ce que j'ai eu l'honneur de lui mander. 11 est certain cepen-

Ch/islop/ic de Ueauinoiit, t. I. p. 304 : « Nous y trouvons [dans l'Encyclique] l'essentiel, qui est de confondre le parti qui accuse le Pape de mépriser la bulle \Unigeniius] et de vouloir qu'on l'ensevelisse dans nn éternel silence. Cependant il décide : \° qu'on ne peut la rejeter sans offenser Dieu mortellement, voilà qui désespère le parti : 2" qu'il y a des cas dans lesquels ou doit refuser publiquement les sacrements, ce qui confond le Parlement qui ne veut aucun refus. Il est vrai qu'il restreint les choses au point que les refus seront extrêmement rares, et l'on peut donner à cela une face de sagesse; car il est vrai que d'abandonner tout à la sagesse des ministres il y aurait bien du désordre, je l'ai vu par moi-même. Je suis très résolu de suivre la réponse du Pape, et persuadé que la multitude des évèques s'y conformera, peut-être même tous » (Lainolte à dom Malachie, 29 novembre 1750). Le même évêque écrivait à un autre religieux : « Le bref du Pape ne contenle pas le zèle de plusieurs, mais il a tout ce qu'il faut, et je le regarde comme le fruit de la prudence paternelle. Si le Saint-Père avait pu aller ])his loin dans l'état où se trouve l'Eglise de France, il l'aurait fait " (Le même à dom Léon, 27 janvier 17.57).

(lant qu'il n'a pas la tète aussi ferme qu'il avait avant sa maladie, et qu'il est plus porté à l'attendrissement qu'il n'avait coutume d'être; il m'a raconté le cours de sa maladie, il m'a paru informé des préparatifs que l'on avait faits pour sa mort : sur cet article, j'ai cru devoir lui dire que, bien loin de s'en effrayer, il devait attribuer à l'attachement et à l'amour de ceux qui l'entouraient les effets tristes de crainte que l'on avait marqués dans ces moments critiques. Le Pape m'a dit que le jour qu'on lui avait donné l'extrême-onction, il sentait bien qu'il n'était pas dans le danger que l'on croyait, mais qu'il n'avait pas osé refuser ce sacrement de peur de donner un mauvais exemple.

J'ai répondu au Pape que sa santé était rétablie de façon qu'il fallait éloigner des idées aussi lâcheuses, pour nous livrer sans trouble à la joie que nous avions de le conserver. 11 est effectivement rétabli de façon que je suis persuadé que, s'il ne survient pas une nouvelle maladie, on le conservera encore quelque temps. En conséquence, je me flatte. Sire, que Votre Majesté approuvera que je parte de Rome le 20 de ce mois; j'irai à Venise passer quelques jours, de là à Parme où j'attendrai des nouvelles de l'affermissement de la santé du Pape; si elles sont telles que je l'espère, je continuerai mon voyage pour me rendre aux pieds de Votre INIajesté, et lui marquer le très profond respect avec lequel je suis...

212 CHOISEUL A lîOMK.

A M. ROUILLÉ

A Rome, le 12 janviei' 1757.

... La santé du Pape est la même; il n'acquiert point, mais en même temps on nous flatte que son état n'empire pas. Sa Sainteté a vu hier et aujourd'hui ses ministres particuliers qui n'avaient pas été admis à son audience depuis deux mois.

J'ai l'honneur de vous envoyer copie de la dernière dépêche de M. le nonce \ Elle mérite, Monsieur, votre attention, et m'a frappé vivement par le fanatisme dont ce ministre est animé. M. le nonce ne connaît ni son maître ni sa Cour en écrivant aussi violemment qu'il fait, mais en cas d'accident du Pape ou d'absence de ma part de Rome, il se pourrait faire qu'à la fin ses lettres fissent impression. Pour prévenir ce danger, je me suis cru dans l'obligation de parler h M. le cardinal Archinto afin qu'il instruisît M. le nonce et réprimât ses idées. Comme je n'osais pas lui dire que je voyais les lettres, je lui ai insinué qu'il

1. Dans cette lettre {Rome, t. DCCCXXII, f. 189-192\ le nonce se plaint longuement de la faiblesise du Roi et des variations de la politique. <( Tous concluent, écrit-il en terminant, que la faii)lesse du gouvernement est grande, ce qui est la source des ])liis grands maux de la religion. »

m'était revenu de France que iNI. le nonce tenait des propos peu mesurés sur le premier article de la déclaration du Roi si fort approuvée du Pape ; qu'en général il blâmait la modération du Saint- Père et donnait de fausses couleurs h celle du Roi que, d'amitié, j'avertissais le secrétaire d'Etat d'une conduite si peu sage, mais que, si Son Eminence ne prenait pas les mesures pour la corriger, je serais obligé d'en parler au Pape, et peut-être selon les ordres du Roi d'une façon qui ne conviendrait pas aux intérêts de M. le nonce.

Le cardinal Archinto m'a répondu qu'il n'y avait rien de si juste que mes plaintes; que nommément par cet ordinaire INI. Gualtieri lui avait écrit une lettre (c'est celle dont je vous envoie copie) qu'il s'était bien gardé de montrer au Pape, car elle l'aurait certainement perdu dans l'esprit de Sa Sainteté. Le secrétaire d'Etat a continué ses plaintes contre M. le nonce en me disant que l'on ne savait que faire d'un pareil ministre, qu'il ne connaissait ni Rome ni la France, et lui répondait h toutes ses représentations que sa conscience était engagée ii la conduite qu'il tenait. Enfin, M. le cardinal Archinto lui écrit par cet ordinaire de prendre garde à ce qu'il mandera dorénavant, et il ajoute que, s'il écrit quelque chose sur nos matières ecclésiastiques qui puisse être contraire aux vues du Pape et du Roi, il en rendra compte à Sa Sainteté, et ne répond pas que le Pape ne prenne un parti qui lui serait désagréable.

Je VOUS préviens, Monsieur, sur M. le nonec parce que vous verrez par sa lettre, comme vous avez vu par les précédentes, que ses sentiments sont outrés, et qu'il ne cherche dans ses relations qu'à faire tomber dans le mépris le Roi et son ministère. Une pareille conduite mérite attention, peut devenir dangereuse dans certaines circonstances, et est d'autant plus extraordinaire que M. de Gualtieri et toute sa famille tiennent toute leur fortune de la France.

J'ai l'honneur d'être...

LXYII

A .M. ROUILLÉ

A Ruine, 11' 1'.) janvier 1757.

Monsieur,

Je suis encore dans le trouble de la nouvelle que votre courrier extraordinaire du 6 de ce mois m'a apportée '. Était-ce vraisemblable que nous eussions à craindre de pareils attentats contre le meilleur de tous les princes? J'ai fait parvenir au Pape la nouvelle de ce malheur avec le ménagement dont j'étais capable dans ce moment-là. Sa Sainteté a pleuré beaucoup et a été assez mal le

]. L'attontal de Dainioii» (5 janvier).

jour que l'on lui ;i lait ce récit horrible. Le Pape a paru désirer me voir ; j'irai demain à son audience et en même temps prendre congé de lui pour deux niois. 11 est plus que vraisemblable que Sa Sainteté vivra au moins ce temps-là, quoiqu'elle ait eu quatre jours la fièvre la semaine passée.

Tout Rome généralement, même le peuple, a marqué une sensibilité extraordinaire au malheur qui est arrivé. Les soupçons de cette ville dans le premier moment de la douleur ne doivent point être décrits, mais demandent que l'Europe soit informée des auteurs d'un pareil attentat. J'ai la consolation, au milieu du chagrin que m'a causé cet événement, d'être témoin que la personne sacrée du Roi et ses vertus particulières sont aussi révérées dans les pays étrangers qu'en France. J'attends avec impatience, d'un moment à l'autre, un courrier qui nous apprendra la parfaite guérison de Sa Majesté. Quoique je sois tranquille selon votre lettre du G, Monsieur, sur l'état du Roi, j'ai besoin de nouvelles plus positives qui assurent le rétablissement.

Le Pape a écrit au Roi une lettre attendrissante '; j'aurai l'honneur de vous l'envoyer par un

1. « ... La nouvelle imprévue qui nous est arrivée de l'horrible et infâme attentat commis sur la personne royale et sacrée (le Votre Majesté nous a troublé de telle sorte pendant quelque temps que nous étions hors de nous, mais enfin étant revenu à nous-mêmes, nous n'avons pas manqué sur-le-champ de rendre à Dieu les plus vives actions de grâces de ce cjue la précieuse vie de Votre Majesté était en sûreté, et, selon ce <|u'(>ii

des courriers qui reviendra de Naples, ou je la porterai moi-même à Sa Majesté, aux pieds de laquelle je compte être dans trois semaines. Je laisse ici madame de Stainville qui ne pourrait pas voyager, vu la très mauvaise saison qu'il lait. Je me rends en France le plus promptement qu'il me sera possible; je ferai ma cour au Roi que tout Français doit tâcher de voir dans ce moment-ci quand son devoir ne l'en empêche pas. J'aurai l'honneur de travailler avec vous sur ce qui regarde Rome ; je finirai quelques affaires particulières et espère me retrouver les premiers jours d'avril ici où j'attendrai l'événement de la mort du Pape. Ce parti me paraît le plus convenable à tous égards et le moins sujet à inconvénient...

nous en a rendu compte, tout le peuple de celte ville en a fait autant. Pour ce qui est de la fermeté que Votre Majesté a montrée en cette occasion, elle est une suite des grâces de la Providence de Dieu sur elle, qui veut la conserver en récompense du grand fonds de religion que Votre Majesté a toujours eu dans le cœur, et du juste zèle avec lequel elle empêche que l'Église ne soit opprimée dans ses droits. Tout le monde, Sire, rendra à votre puissance l'estime qui lui est due, nous prétendons encore faire mieux en chérissant votre cœur et votre caractère, et nous prions avec instance et les larmes aux yeux le souverain Dieu de donner à Votre Majesté une vie longue et heureuse, et qu'elle conserve jusqu'à la mort les sentiments c-xemplaires qu'elle a marqués en cette occasion. Nous prions Votre Majesté de se ressouvenir que c'est une grande prérogalion d'être le fils aîné de l'Église, et nous lui donnons de toute la plénitude de notre cœur, ainsi qu'à sa Famille Royale, la Bénédiction apostolique. » {Rome, l. DCCCXXII, f. 207-208).

lAVIll

AU PAPK

Le 25 mars 175"

Très Saint-Père,

Le Roi en m'ordonnant de prendre congé de Votre Sainteté et de cesser auprès d'elle les fonctions dont j'étais honoré, m'a chargé de vous rappeler. Très Saint-Père, l'affection tendre qui est dans le cœur de Sa Majesté pour la personne de

1. Choiseul avait mal calculé la mort de Benoît XIV, qui vécut encore quinze mois, jusqu'au 4 mai 1758. Mais la nég^ociation de la « grande affaire » était terminée, et Choiseul allait être produit par la faveur de Louis XV sur un autre théâtre. Le 23 janvier il quitte Rome, le 21 il est à Parme, le 12 février il est à Versailles. Le 3 avril on reçut à Rome la nouvelle qu'il est nommé ambassadeur à Vienne, d'où il devait revenir, avec le titre de duc, conféré le 25 août 1758, pour prendre place dans le ministère du Roi. — Voir appendice I, la lettre de Louis XV à Benoit XIV pour lui annoncer la nomination de Choiseul au poste de Vienne et la réponse du pontife. — Benoit XIV, qui resta en correspondance avec Choiseul, eut à diverses reprises recours à ses conseils et à son intervention. « Dans peu de paroles, lui écrivait-il le 6 août 1757, nous dirons à notre cher comte de Stainville qu'ayant traité avec lui, nous lui avons trouvé beaucoup de capacité, ainsi qu'un cœur droit et franc qui ne cherche que le bien. C'est une justice que nous lui avons toujours rendue et que nous lui rendrons toujours, le priant de ne nous pas oublier comme nous ne l'oublierons jamais. Nous espérons qu'il se souviendra des oIFrcs de service que, dans toutes les occasions, il nous a faites. Il peut nous être utile dans son ambassade de Vienne... » [Rome. l. DCCC.KXII, f. 372-375).

218 CHOISEUL A nOME.

Votre Sainteté, et dont j'ai eu le bonheur de l'entretenir plusieurs fois pendant le cours de mon ambassade. Je puis assurer Votre Sainteté qu'elle est aussi invariable que l'attachement du Roi pour le Saint-Siège et son respect pour l'Eglise. Je regretterai toujours de n'être plus l'organe de pareils sentiments. C'est à Votre Sainteté que je dois la bonne opinion que veut bien avoir Sa Majesté de mes laibles talents ; j'aurais voulu les sacrifier au service réciproque du Roi et de Votre Sainteté; mais, dans quelque lieu que je me trouve, Très Saint-Père, j'ose vous supplier de me conserver vos bontés, d'être persuadé de l'envie extrême que j'ai de plaire et de servir Votre Sainteté, et du respect très profond avec lequel je suis en lui demandant sa sainte Bénédiction, Très Saint- Père...

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