Rome, t. DCCCXVI, f. i,0-ll
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ait une instruction précise de Sa Majesté sur s:i conduite, laquelle doit diriger vraisemblablement celle des autres cardinaux français.
Il serait aussi important que le Roi écrivît :i la Cour de Vienne et à celle d'Espagne pour que les cardinaux de ces nations se joignissent aux Français et suivissent entièrement leur impulsion. La Cour de Vienne et celle d'Espagne ne pourront ouère refuser d'acquiescer à la demande de Sa Majesté, l'une et l'autre s'y étant portées dans les autres conclaves avec docilité. D'ailleurs, Sa Majesté lèverait de la part de ces cours tout obstacle, si elle leur faisait sentir que l'élection de tel ou tel autre Pape ne peut pas lui être indifFérente dans la position où se trouvent actnellement les affaires ecclésiastiques de France.
Ce concours respectable de puissances doit faire présumer que, si nous ne pouvons pas parvenir à avoir le Pape que nous désirons, du moins certainement nous nous procurerons des certitudes que le Pontife élu soutiendra les sentiments de Benoît XIV.
Je vais tracer le tableau de ce qu'il me paraît le plus utile à désirer et à éviter dans la situation présente. Ce tableau sera tel que mes connaissances ont pu me le procurer depuis que je suis à Rome, et pourra mettre Sa Majesté en état de me donner en conséquence des ordres ultérieurs.
J'ai l'bonneur de prévenir qu'il est absolument nécessaire que le Roi décide clairement le point
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crintelligencc et de subordination qui doit ètiv entre son ambassadeur et le cardinal charoé du secret dans le conclave '. Je n'ai point l'ambition de gouverner despotiquement le sentiment de MM. les cardinaux Irançais : s'ils avaient la moindre peine de profiter des lumières que je pourrais leur donner, je me restreindrais très volontiers et sans dégoût à être un instrument passil . Si, au contraire, ils acquiesçaient à me communiquer leurs projets et les motifs de leurs démarches, il serait à propos que ce plan de communication lût accepté de leur côté avant leur départ de la Cour, et (jue les instructions réciproques fussent si claires, qu'elles ne pussent pas causer h Rome entre l'ambassadeur et les cardinaux les tracasseries que l'on a été dans d'autres conclaves que trop en usage d'v voir.
Ce mémoire sera composé :
1° Du nom et des portraits des cardinaux qu'il serait utile au Roi qu'ils lussent élus à la papauté; je joindrai à chaque portrait les raisons et les oppositions à leur élévation, ainsi que les moyens dont on pourrait se servir pour la réussite. Je suivrai la même méthode dans les autres chapitres, qui comprendront :
2" Les cardinaux indifl'érents, c'est-à-dire plutôt meilleurs que mauvais ;
1. Voir pom- tous cos déUiils (rcliqnclli- cl do pi-ocoduro kbeau livre du di|)l(>male qui siyno Liicius Lector {f.c Conclafc. Paris, 1894).
3° Les cardinaux à exclure absolument du pontificat;
4° Les cardinaux qui ne sont pas à exclure absolument, mais qui seraient plus mauvais que bons pour la France ;
5" Les cardinaux à qui il serait utile de procurer la secrétairerie d'État;
6° Les cardinaux h empêcher absolument d'être secrétaires d'Etat, et enfin
7'^ Une note sur les autres cardinaux italiens de ma connaissance.
Je ne parlerai point des cardinaux étrangers, qui ne peuvent concourir ni pour la papauté, ni pour la secrétairerie d'Etat : je mets dans cette classe de cardinaux étrangers les cardinaux piémontais.