CHAPITRE XIV
CiOinmeQt il üe «liTrrKt rrmin i la vrmi« ouDuauuoce de Dieu.
n faut bien manquer de jugement pour trouver i redire , mon Dieu , i quelqu'une de vos créatures, et j'en manquais bien aussi lorsque j'osais remarquer des défauts en plusieurs de vus ouvrages; et parce que mon âme n'avait pas la hardiesse d'accuser son Dieu de quelque imperfection, je ne voulais point vous reconnaître pour créateur de tout ce qui ne m'agréait pas dans le monde. Ce qui me fit passer dans cette folle opinion , qu'il y avait deux sub^nces premières qui étaient les principes de toutes les autres, l'une bonne et l'autre mauvaise : mais mon esprit ne trouvait point de satisfaction dans cette erreur, et je suivais plutôt les sentimens des autres que les miens propres.
De lâ, je passai â m'imaginer un Dieu qui remplissait les espaces infinis de tous les lieux, et croyant que c'était vous qui étiez ce Dieu , j'établis votre siège dans mon cecur , qui devint par ce moyen le temple abominable de l'idole que je m'étais ainsi formé. Mais après qu'il vous eut plu d'éclairer mon entendement lorsque je n'y pensais pas , et de me fermer les yeux pour m'empècher de voir les objets de la vanité , je commençai à goûter quelque repos, et ma folie s'étant assoupie, mon âme s’éveilla pour vous considérer, mon Dieu, devis alors que vous étiez infini, mais d'une manière toute autre que je ne me l'étais imaginé , et cette vue n'avait rien de charnel ni de terrestre.