‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 106 sur 684 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

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Je remarquai aussi, et reconnus par expérience, qu’il ne faut pas s'étonner si le pain qui est si agréable â ceux qui ont le goût bon , est désagréable aux personnes qui l'ont mauvais, et si la lumière qui réjouit les yeux qui sont sains, offense ceux qui sont malades, \ otre justice même, mon Dieu, déplaît aux méchans, comment donc les vipères et les vermisseaux ne leur déplairaient-ils point? Mais cela n'empêche pas que vous ne les ayez créés bons, et qu’ils ne trouvent leur juste rapport , selon le rang que vous avez voulu qu'ils tinssent dans l'univers entre les plus basses de vos créatures , qui est aussi le rang qui est d'autant plus propre aux méchans qu'ils sont moins semblables â vous; comme au contraire les bons ont d'autant plus de rapport avec les créatures les plus élevées , qu’ils sont plus semblables â vous.

Je rechercliai ensuite ce que c'était que le mal et le péché, et je trouvai que ce n’était point une substance , mais seulement un dérèglement de la volonté , qui , en s'éloignant de vous , mon Dieu , qui êtes la souveraine substance , se porte dans l'affection de cequi est au-dessous de vous, et qui en rejetant ce qu’elle a de plus précieux et de plus caché en elle-même, s'enfle d’orgueil et se répand toute par sa vanité dans les choses extérieures.

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