CHAPITRE XXI
Qu‘il trouri daiu W écritum uinlM rhumUilê cl U vraie
vote du ulut qo’il n’ivait point trooTée* duw le» lîvrci
Platonicien».
Je commençai donc alors à lire rEcriture sainte avec une ardeur extraordinaire, et à révérer ces paroles si vénérables que votre Esprit saint a dictées lui-même. Mais rien ne me louchait tant que les épltres de saint Paul ; et je vis évanouir en un moment toutes ces difficultés qui me faisaient croire qu'en quelques endroits il se contredisait lui-même, et que ses paroles ne s'accordaient pas avec celles de l’ancienne loi et des prophètes. Je reconnus que ces Écritures si pures et si simples ne sont animées que d'un même esprit, et ne contiennent que le même sens, et j'appris à les considérer avec une joie mêlée de respect et de crainte.
Je connus d'abord que tout ce que j'avais In de vrai dans les livres profanes se rencontre dans ceux-ci; mais qne ceux-ci nous l'enseignent en relevant la puissance de votre grâce, afin qne celui qui vous connaît ne se glorifie pas comme s'il n'avait point reçu non-seulement cette connaissance , mais aussi le moyen de l'acquérir,puisqu'iln'aricnqu’iln'ait reçu,afin que non-seulement il soit excité à vous connahre, û mon Dieu , qui êtes loqlours le même , mais aussi qu'il soit guéri de ses péchés pour se rendre digne de vous posséder : et que celui qni est encore tellement éloigné de vous qu'il ne saurait vous apercevoir , ne laisse pas de marcher dans le chemin qui le peut conduire à vous , afin qu'il vous voie et qu'il vous possède.
Car encore que l'homme se plaise intérieurement en la loi de Dieu . et désire de l'accomplir, comment s'affranchira-t-il du joug de cette antre loi qui est dans lui-même, et qui , s'tqipnsant à la loi de son esprit, le réduit sous l’esclavage de la loi du péché qui régne dans toutes
le* piTlic* de son corps? Car vous «es juste, | mon Dieu, et ce sont nos offenses, nos impiéKset noserimes qui vous ont obligé d'appesantir votre main sur nous, et de vous livrer avec justice à ce premier des péclieurs et à ce roi de la mort , qui a persuadé à notre volonté de se rendre coupable , comme la sienne l'était devenue en se séparant de l'obéissance qu'il vous devait.
Que fera donc cet Immme si misérable , et qui le délivrera de ce corps de mort, sinon votre grâce (lat Jésus-Christ notre St’igneur , que vous avez de toute éternité engendré de votre substance en tant que Dieu, et créé daas le temps en tant qu'honmie , pour être le chef et le guide de tous ceux qui marchent dans vos voies , lui en qui le prince du monde n'a rien trouvé qui fût digne de mort, et n'a pas laissé néanmoins deré|Kindre son sang innocent? Ce qui lui a fak perdre le droit qu'il a sur nous, et a effacé en notre faveur l'arrêt de notre condamnation.
Ces philosophes ne disent rien de ces mystères dans leurs livTes. Ils ne nous donnent point la connais-sance de cette humble piété qui ne se rencontre que dans le christianisme. Ils ne parlent point des torreus de larmes que les fidèles répandent en confessant leurs péchés ; du sacrifice que vous offre un cosir contrit et humdié ; du salut que votre grande miséricorde a accordé â votre peuple; de celle sainte eilé, de cette céleste Jérusalem qui est votre bienheureuse épouse; de ce gage de votre saint Esprit que vous nous donnez ici -bas, en nous donnant votre grâce , cl de ce calkc précieux qui enferme le prix de notre rédemption:
Personne ne chante dans ces lisTes aimme le n>i-prophèle citante dans les psaumes : • Combien mou âme doit-elle être assujettie â son Dieu , puisque c'est de lui seul qu'elle doit attendre son secours; puisqu'il est mon Dieu, mon refuge et mon protecteur, et qu'étant soutenu de lui, rien au monde ne pourra jamais m'ébranler? > Personne n'entend dans ces livres cette voix du Sauveur qui nous appelle et nous dit : « Venez à moi vous tous qui êtes affligés. > Ces savans dédaignent d'apprendre de lui qu'il est doux et humble de coeur, parce que vous avez, mon Dieu, caché ces mystères aux sages et aux savans du monde, et les avez seulement révélés aux humbles et aux petits.
Aussi y a-t-il grande différence entre apercevoir du haut d'une montagne inculte et sauvage la cité de paix, sans pouvoir, quelques effitrtsque l'on fesse, trouver en ce* lieux déserts et inaccessibles un chemin pour y arriver, â cause qu'ils sont assiégés de tous cétés par res fugitifs du ciel, ))ar ces anges diHierteurs du camp de Dieu, qui y dressent des embûches à tous les liommes souslaconduilcde leur prince, qui est un lion et un dragon tout ensemble; et entre marcher dans la voie qui conduit â celle heureuse patrie, sans craindre de feire aucune mauvaise rencontre , parce que le roi du ciel daigne prendre le soin de la rendre si assurée , que ces esprits de ténèbres qui ont abandonné l'armée céleste n'osent exercer leurs brigandages dans ce chemin qu'ils fuient , et qu'ils appréhendent comme leur étant un lieu de supplice. Ces vérités pénétraient jusqu'au fond de mou âme par des voies secrètes et admirables, lorsque je lisais celui qui par son extrême humilité s'appelle le moindre de tous vosapûtres, et j'étais saisi d'étonnement en considérant la grandeur et les merveilles de vos ouvrages.