‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 112 sur 684 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Saial Auinulip te rttoot d’âller truorer uo mul «kàlUrd nommé Simpiktea, pour cocfrtrr stm lui touduoi legrarr de vie qa'ü der«it embraater.

.Mon Dieu , que mon âme repasse en sa mémoire les miséricordes infinies que vous lui avez faites, et qu'elle vous en témoigne sa reconnaissance avec de très humbles actions de grâces. Que votre amour me perce et me |)énètrc jusque dans la inoelle des os, et que je m'écrie dans l'admiration de vos bienfaits : i Seigneur, qui est semblable à vous? Vous avez rompu mes liens, que je vous sacrifie â jamais uo sacrifice de louange. Je raconterai ce que vous avezfeit pour les rompre ; et tous ceux qui vous adorent diront , après avoir entendu ce récit si men eilleux : Le Seigneur est vraiment grand ; il est admirable en ses conseils cl en ses œuvres : qu'il soit béni dans le ciel et dans la terre. >

Vus paroles, nran Dim, étaient profondément gravées dans mon cœur, et vous m'environniez de

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toulet parts : j'étais assuré de votre étemelle vie, quoique la vue que j'en avais ne fût qu'à travers des ombres obscures , et connue dans un miroir ; je ne doutais plus que votre substance incorruptible ne fût la source de toutes les autres substances; et je ne désirais plus d'avoir une plus grande certitude de vous , mais seulement être davantage affermi en vous. Toutefois, pour ce qui était de moi, j'étais encore dans l'incertitude , et ne savais à quoi me résoudre touchant le réglement de ma vie. Il me ^lait purifier | mon co'ur du vieux levain dont il était infecté ; et quoique je fusse bienaisc de voir que le Sauveur est lui-méme la voie qui me conduit au salut , je ne pouvais encore néanmoins marcher dans ces sentiers si étroits qu'il nousa marqués.

Ëtant donc en cct état , vous me miles dans l'esprit qu'il serait bon que j'aibsse vers Simplicicn , que je cousidérais comme votre fidèle serviteur, dans lequel on voy ait reluire votre grâce ; et j'avais appris que s'élaut dés sa jeunesse consacré à votre service , il avait toujours vécu dans une très grande piété. Il était alorsdéjà fort âgé, cequi me donnait sqjct de croire, comme cela était très véritable , qu'ayant passé tant d'années dans ta pratique des vertus, il s'était rendu savant en la vie spirituelle par une si longue expérience : ainsi je me résolus de lui découvrir toutes les agitations de mon àme, afin que selon les dispositions où j'étais, il m'enseignât le efaemin qu'il jugerait être plus propre pour me faire marcher dans vas voies ; car parmi celle multitude de personnes qui rempli.ssaient votre Église, je voyais que l'un marchait d'une sorte, et l'autre • de l'autre.

Je soufh'ais avec déplaisir et comme un pesant fardeau d'étre encore dans les engagemens du siècle : car l'espérance d'acquérir du bien et de l'honneur ne m'excitait plus comme auparavant à supporter une si fâcheuse servitude. Ces objets, mon Dieu, ne me touchaient plus en comparaison de vos célestes douceurs , et de la beauté de votre étemelle demeure, pour laquelle je commençais d'avoir de l'amour ; mais j'étais encore très fortement attaché par la passion d'avoir une femme. Aussi e.st-il vrai que l’Apùtrc ne me défendait pas de me marier, quoiqu'il nous exhorte à un état plus parfait , en témoignant qu'il souhaiterait que tous les hotrines fussent en cela semblables à lui.

AL'GLSTl.N. — UVRE VIII.

Mais , comme j'étais très faible , je eiioisiasala ce qui avait le plus de rapport à ma faiblesse ; et par cette seule considération je demeurais en tout le reste dans la langueur et dans le chagrin de tant de soins qui me dévoraient , d'autant que le mariage , auquel mon inclination me portail avec une si grande violence , traînait après soi, comme des suites nécessaires, diverses incommodités que je ne voulais point soufiHr. J'avais appris de la bouche de celui qui est la vérité même, qu'il y a des eunuques qui se sont eux-mémes rendus tels pour gagner le royaume du ciel ; mais il ajoute : • Que celui qui sera capable de comprendre cela, le comprenne. >

Ce n'est qu'ignorauee et que folie dans tous les hommes qui ne pos.sédent pas la véritable science de Dieu, et que la connaissance des choses qui leur paraissent si belles, n'a pu faire monter jusqu'à celle du souverain être. Je n'étais plus alors dans cette erreur ; j'en étais sorti ; et considérant le témoign,igc universel de toutes vos créatures , 6 mon C-éaleur , j'avais trouvé dans votre sein votre Verbe, qui n'est qu'un même Dieu avec vous cl avec le ^int-Esprit , et par lequel vous avez créé toutes choses.

Il y a dans le monde une autre sorte d'impies qui connaissent Dieu , et qui néanmoins ne le glorifient pas comme Dieu , ni ne lui rendent pas les actions de grâces qui lui sont dues. J'étais aussi tombé dans ce malheur; mais, mon Dieu, votre main secourable m'en mira, et mit mon àme en état de recouvrer sa santé, parte que vous avez dit à l'homme : « Apprends que la piété est la vraie sagcs.se, et ne désire point fie paraître sage : car ceux qui se sont estimés sages sont devenus fous. > Ainsi j'avais trouvé cette perle précieuse que je devais acquérir en vendant tout mon bien pour l'acfaeter; mais Je ne pouvais m'y résoudre.

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