‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 123 sur 684 · CHAPITRE · texte numérisé non relu

CHAPITRE

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aoii dcwiin juMiu'aiii qui étairat pruiiirt.

Je résolus en votre présence, mon Dieu, de me n-lirer doucement et sens éclat de la profrs.si(:n que je faisais d'enseifpier la rhétorique, afin que 1rs jeunes gens qui ne i>ensaienl il rien moinsqu'ils'instrulre dans votre loi itour acquérir cette naix que lu charité rép.iiid dans les âmes, mai.s dont la folle ambition n'avait d’autre but tpic d’apprendre à bien déguiser la vérité, pour demeurer victorieux en rca fpierresqui ,se |tas.sent dans le barreau, n'aehetas.S4'iit plus de moi des armes pour sen ir à leur fureur.

Il arriva tort :l propos qu'il ne restait que très peu de Jotirs Jusqu'aux vacations qu'on donne ilurant les vendatiges; ce qui me fit résoudre d'avoir [tatience, afin de ne me retirer qu'au temps (jtie l'on a aecuntumé de discontinuer les leçons publiques, et de ne me plus exposer en vente  l'avenir, moi qui avais l'honneur d'avoir été racheté par vous. Voili le dessein que je fis en votre présence, lequel je ne commtmiquai qu'é mes plus intimes amis, et je résolus avec eux de n'en parler i personne; enenre que lorsque nous sortions ainsi de cette vallée de larmes, et que nous dianlions un cantique de joie à votre louauge, vous nous rmssiez armé de fiéches pereatilcs et de charbons enlianimés pour nous détendre contre ces lanfpies trompeuses qui , sous prétexte de nous conseiller pour notre bien, s'opposent à nos tonnes résolutions, et qui font des humilies ce qu'elles font des viandes qu'elles cunsonnnent en les aimant.

\dus avez blessé mon rmur avec des flèches de votre amour ; vos paroles étaient comme autant de traits qui le perçaient . et les exemples de ceux de vos serviteurs que vous aviez rendus de ténébreux tout éclatans de lumière, et de murts vivans , se présentaient continuellement à ma pensée, m'enflammaient d'ardeur de vous servir, et m'empécliaient de tomber dans la tiédeur et la négligence qui m'eût pu fiiire pencher vers les choses basses, ils m'enflammaient , dis-je, de telle sorte que les vents de contradictiun excités par ces langues artificieuses, au lieu d éteindre le feu que je ressentais dans l’Âme, ne pouvaient servir qu'à l'accroître.

Mais parce que la gloire de votre nom étant répandue dans toute la terre, il ne se pouvait

faire qu’il ne se trouvât des gens de bien qui louassent la résolution que je prenais de tout quitter pour vous servir, il me semblait qu'il y aurait eu quelque vanité à ne pas attendre le* vacations qui étaient si prochaines , et à quitter avant ce temps une profession publique exposée à la vue de tout le monde; puisque cette retraite si prompte aurait donné sujet à chacun de Jeter les yeux sur moi, et de publier que j'aurais voulu affecter par cette précipitation de me rendre coasidérable. Ur, il n'était pas de la prudence que je donnasse lieu à tant de jugemens téméraires et a de mauvais discours, en donnant sujet aux hommes de blâmer une aussi bonne action que celle que je voulais faire, cl de rechercher par quel esprit je la faisais.

De plus, dés ce même été, mon poumon avait commencé à s'affaiblir, et â ne pouvoir plus supporter l'excessif travail des leçons publiques, car il ne me permettait plus de respirer qu’avecbeaucoup de difficulté, et les douleurs que j'y sentais, jointes à ce que je ne pouvais plus former unevoix nette et qui se fil entendre de loin, témoignaient assez qu’il était malade. Cet accident d’abord m’avait mis en peine, parce que jeme voyais presque obligé par nécessité d’abandonner entièrement un exercice si pénible, ou au moins de le discontinuer pour quelque temps si je pouvais guérir de cette indisposition et recouvrer la santé. Mais aussitôt que je fus dans une volonté pleine et parfaite de m'empluyer tout entier dans le loisir et dans le repos â la contemplation de vos grandeurs, ô mon Dieu, vous savez que je commençai même à ressentir de la joie de ce que cette excuse qui n'était pas fausse me pouvait servir, pour adoticir le mécoalentemenl de ceux qui, par la considération de l'utilité de leurs enfans, ne pouvaient souffrir que je fusse libre.

Étant donc rempli de cette joie, jàtlendais avec impatience que ce reste de temps s'écoulât. Je ne sais s'il y avait bien encore vingt jours, mais je sais bien que j'eus beaucoup de peine â les passer, parce que je n'avais plus celte passion de paraître dans le monde, laquelle avait accoutumé de porter une partie du poids dont j'étais chargé, et qu'ainsi, étant réduit â le porter seul, j'en serais demeuré accablé ai la patience n'eût succédé â l'ambition que j'avais auparavant. Peut-être, mon Dieu, que quelqu'un de

voK sen itcurs rt de mn frères dira que je ne saurais ra’eicuser de ce qu'élant dès lors dans une enl 1ère résolution de vous servir, j'ai pu m'asseoir encore sur la chaire du mensonge, quand ce n'aurait été que durant une heure : et je suis prêt de Tatouer. Mais vous. Seigneur, qui êtes très miséricordicui , ne m'avez-vous pas pardonné ce péché avec tant d'autres si horribles et si funestes , que vous m'avez remis dans les eaux du baptême?

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