CHAPITRE III
De nkeumMC okmI de dn» de tn amie , VMeoodeelNArtde, dont le prroMcr hii «Tait prtié u mam» dre cbampe pour i*T retirer.
Notre bonheur apporta une alRictiuo incroyable ù Vérècondr , parce qu'élant arrêté au siècle par plusieurs liens qui Ty attachaient très élroilcmenl , il se voyait près d'être privé de notre compagnie. Il n'était pas encore Qirétien; et bien que sa femme fût du nombre des fidèles, c'était l'un des plus grands obstacles qui Tempéchaient de nous suivre dans le chemin oû nous entrions, parce qu'il ne voulait se faire Chrétien qu'à une condition avec laquelle il ne pouvait Tètre, qui était de quitter sa femme pour renoncer généralement à toutes clioses, et se donner tout à Dieu.
Il nous offrit avec beaucoup de bonté une maison qu'il avait aui champs, (tour y demeurer durant tout le temps que nous passerions en ees quartiers. Vous ne laisserez pas, Seigneur, celte action sans récompense lors de la résurrection des justes, quoiqu'il vous ait déjà plu lui payer le principal de celte dette, puisque étant tombé dans une grande maladie durant notre absence et depuis notre arrivée à Rome , il se fit Chrétien , et passa de cette vie à une meilleure. Ainsi , vous eûtes |)itié non-seulement de lui , mais aussi de nous, qui aurions été touchés d'une douleur insupportable , si en nous souvenant delant de témoignages d'affection que nous avions reçus de cet ami , nous n'eussions pas ru sujet de croire qu'il était du nombre de vos élut.
Nous vous rendons grâces. Seigneur, de ce que nous .sommes à vous, et de ce qu'il vous plaît nous le témoigner par les assistances et les con.solatinns que vous nous donnez. Ainsi , mon Dini , nous espérons de la fidélité de vos
promesses, qu'en récompense de ce qu'il nous prêta sa maison des champs, nommée Cassiaque, oû après avoir été agités des im|uiéludes du siècle, nous trouvâmes un heureux repos en vous, vous le ferez jouir des beautés de votre jardin du ciel qui est toujours vert et fleurissant, de votre paradis de délices éternelles; puisque vous lui aviez pardonné ses péchés lorsqu'il é-lait encore sur la terre, et que vous l'aviez établi dans votre Eglise sur cette montagne sainte qui est si fertile et si abondante. Voilà de quelle sorte Véréconde s'affligeait alors sur notre sqjet.
Quant à Nébride, il se réjouissait avec nous de ce changement. Car bien qu'il ne fût pas encore Clmétien, ctqu'il fût tombé dans le piège de celle erreur pernicieuse qui lui faisait croire que la chair de votre Fils unique n'était qu'un fîiilùme, il s'en était enfin retiré, et recherchait la vérité avec une merveilleuse ardeur : mais il n'avait reçu encore aucun des sacremens de votre Eglise. Quelque temps après ma conversion, et que j'eus été régénéré par le baptême, il embrassa aussi la foi catholique et s'en retourna citez lui en Afrique, où il voua servait dans une parfaite chasteté et continence, avec toute sa famille qu'il avait rendue clirélienne. Vous l'avez, .Seigneur, affnnchi des liens du corps, et il est aqjourd'hui vivant dans le sein d'.Abraham votre patriarche.
Quoi que puisse être ce sein d'Abraliam, c'est là qu'est vivant Nébride , mon cher ami , et que vous avez rendu votre fils adoptif, mon Dieu, d'affi-anrhi qu'il était auparavant. Car en quel autre lieu pourrait être une telle âme? Il vil donc en ce lieu bienheureux, sur le sqjet duquel il me faisait aulrefiiis tant de questions, à moi qui avais si peu de lumière et de suffisance pour le salislaire. U n'approche plus son oreille de ma bouche : mais il approche la bouche de son âme de celte source étemelle qui est vou.vmèmc; et là il désaltère >a soif en buvant autant qu'il veut de celte divine sagesse, et jouissant d'une félicité qui ne finira jamais. Je ne crois pas toutefois qu'il s'enivre de telle sorte dans ce torrent de délices qu'il m'oublie; puisque vous-même, .Seigneur, qui êtes cette .source adorable dans laquelle il boit , ne m'oubliez |US.
\'oilâ donc l'état dans lequel ntuis étions.
i;js CO\FESSIO.\S DE SAINT
ÎVms n>na»li(in» Viréconclp, qui sans rien diniiiiucr de son amitié pour nous, ne pouvait voir notre ehaii|;rnient qu'avec beaucoup de tristesse, et nous l'eiliortions é servir Dieu dans la condition du mariage où il était engagé. Et quant a.\ébride, nous attendions qu'il nous suivit comme il pouvait , en étant si peu éloigné , et stir le point de le faire à tout moment ; lorsque enfin ces jours se passèrent , ces jours, qui nous paraissaient si longs et en si grand nombre, à cause de la passion que nous avions de jtiuir de celle heureuse liberté dans laquelle nous aurions tout loisir de chanter avec David du fond de notre éme : < Mon ctnir ne parle qu'a vous , mon Dieu; je ne cherche qu'un reg^ favorable de vos yeui, et je ne chercherai jamais autre chose. •