‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 126 sur 684 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

U renowe à la profniioo d'eimisner la rMion^. SaUrt Ambroise lui conacille de lire Itate.

vacations étant finies , je fis savoir à ceux de Milan qu'ils eussent à chercher un autre professeur en rhétorique qui leur vendit des paroles, parce que j'avais résolu de me consacrer tout entier à votre service, et que même sans cela une douleur de poitrine m'empêchait de pouvoir continuer davantage l'exercice de celte profession. Je fisaussi connaître par mes lettres â votre saint pontife Ambroise quelles avaient été mes erreurs passées , et dans quelles dispositions je me trouvais, afin qu'il lui plût de me conseiller ce que je devais principalement lire de vos Ecritures , pour me bien pré)iarer â recevoir une aussi grande grâce qu'est celledu sacré baptême. Sur quoi il m'ordonna de lire le prophète Isaie , ayant jugé, comme je crois, que cette lecture m'était fort propre, â cause que c'est celui de tous les prophètes qui parle le plus clairement 'des vérili's de rEvaugilc, et de la vacation des païens. Mais ne pouvant rien comprendre à ce que j'en lus d'ahord , et m'imaginant que tout le reste me serait aussi obscur, je le quittai pour le reprendre, lors(|ue je serais plus exercé dans If l.ingagr de votre Ecriture sainte.

CONFESSIO;\S DE SAINT

CIIAPITHE VI.

U rv(Otl le baptfme i Pftqun . ut ou «epl roou après sa conmsion , arec Alipe e( son AU AtUudat. Admirable esprit de oet «ttfaot.

Lorsque le temps fut venu de m'enrâler dans votremilice sacrée , nous quittâmes la campagne pour retourner à Milan, et .Alipe voulut aussi rrnallre en vous avec moi. II était déjà rempli d'une humilité qui le rendait digne de participer à vos sacrrmcns; et il faisait souffrir A son rorps de si rudes pénitences pour le dompter , que par une action d'austérité inouïe, il eut le courage de marcher nu-pieds durant les glace.s dans celte province de l'Italie. Nous menémes aussi mon his nommé Adcrndat, qui était un fruit de mon péché, mais auquel il vous avait plu de donner des inclinations rscellmtes. Il avait alors environ quiiue ans; et sou esprit était déjA si Fort avancé , qu’il surpassait celui de plusieurs graves et savans hommes.

Je public en cela vos laveurs et vos bienfaits , et vous en rends grAces, mon Dieu, vous qui êtes le créateur de toutes choses, et qui pouvez si facilement réparer tous nos défauts. Car il n'y avait rien de moi en cet enfant que mon péché. Que si je prenais le sùin de le nourrir en votre crainte, cela même venait de vous ; puisque c'était vous qui me l'aviez inspiré. Je confesse donc vos bienfaits, Seigneur, et vous en rends grâces. Je composais alors un livre en forme de dialogue qui porte pour titre du Maltrt , oA lui et moi parlons ensemble. Et vous savez que toutes les pensées qui y sont écrites sous le nom de celui avec qui j'y parle .sont entièrement de lui, quoiqu'il n'eùl alors que seize ans. Et j'ai vu plusieurs choses de cet enfant qui étaient encore plus adinirahics. la grandeur de son esprit m'étonnait. Et quel autre ouvrier i|ue vous , .Seigneur , est capable de faire de tels chefs-d'ffuvTC et de si grandes merveilles ?

Vous fenlevAtes bienlAt du monde; ee qui fait que la joie que je ressens en me souvenant de lui , n'est traversée d'aucune crainte ; parce que je n’ai rien A appréhender, ni pour les foutes de son enfonce, ni pour les péchés qu'il a pu commettre en sa jeunesse, puisqu'ils lui ont tous été remis par le baptême. Étant donc entré avec nous en votre grâce, noas le joignîmes aussi avec nous dans notre dessein pour l'élever

AUGÜ.STIN. — LIVRE IX.

en votre sainte discipline. Et aussitôt que nous eômes été tous trois baptisés, finquiétude que nous donnait le souvenir de notre vie passée s'évanouit. Je ne pouvais en ces premiers jours me rassasier de la consolation nompareille que je recevais en considérant quelle est 1a profondeur de vos conseils en ce qui regarde le salut des hommes. Combien versai-je de pleurs par la violente émotion que je ressentais lorsque j'entendais dans votre Église clianler des hymnes et des cantiques A votre louange ! En même temps que ces sons si doux et si agréables frappaient mes oreilles, votre vérité se coulait par eux dans mon cnmr. Elle excitait dans moi des mouvemens d'une dévotion extraordinaire. Elle me lirait des larmes des yeux; et me foisait trouver du soulagement et des délices meme dans ces larmes.

Page 1