CHAPITRE XXVII
De quelle sorte U beauté de Dieu ooiu mil leomr.
Que j’ai commencé tard à vousaimer, ô beauté si ancienne et si nouvelle ! que j'ai commencé tard II vous aimer! Vous étiez au dedans de moi; mais, hélas! j'étais mui-méme au-dehors de moi -même. C’était en ce dehors que je vous cherchais. Je courais avec ardeur après ces lieaulés périssables qui ne sont que les ouvrai;es et les ombres de la vôtre, cependant que je taisais périr misérablement toute la beauté de mon Jme , et que je la rendais par mes désordres toute monstrueuse et toute difibmie. Vous étiez avec moi, mais je n'étais pas avec vous. Car ces beautés, qui tic seraient point du tout si elles n'étaient en vous , m'éloif^naient de vous. Vous m’avez appelé; vous avez crié, et vous avez ouvert les oreilles de mon cœur en rompant et en brisant tout ce qui me rendait sourd à votre voix. Vous avez frappé mon âme de vos éclairs; vous avez lancé vos rayons sur elle, et vous avez chassé toutes les ténèbres qui la rendaient aveugle au milieu de votre lumière même. Vous m’avez fait sentir l'odeur incomparable de vos parfums , cl j’ai commencé à ne respirer que vous, et ü soupirer après vous; j’ai goûté ladoueeitr de votre grâce, et me suis trouvé dans une fiiim et (huis une suif véritable de ces délices célestes. Vous m'avez louché, et je suis devenu tout brûlant d'ardeur pour la jouissance de votre étemelle félicité.