‹ Choix d'ouvrages mystiquesChapitre 174 sur 684 · CHAPITRE XLIM · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLIM

Que - Chritt «t noire irul rÿiitablr médiateur. De la pensée qu'ü nait eue <le «e retirer dans le déwrt.

Mais le véritable médiateur que vous avez fait connaître aux humbles par votre secrète miséricorde , et que vous avez envoyé afin de les instruire ù l'humilité par son exemple, re iné-

178 CONFESSIONS DE SAINT

lUateur entre Dieu et les hommes , Jésus-Christ homme, devant paraître entre le juste Immortel et les péeheurs mortels , s’est feit voir mortel et juste ; mortel avec les hommes, et juste avec Dieu ; atiu que 1.1 vie et la paix étant les récompenses de l,i justice, par la justice qu'il avait commune avec Dieu , il ruinai dans les pécheurs qu'il rendrait justes, la mort qu'il a bien voulu avoir commune avec eux. C’est lui qui a été prédit aux saints des siècles passés, afin qu'ils fussent sauvés par la fui de .sa passion qui devait arriver, ainsi que nous le sommes par la foi de sa pas.sioii déjà arrivée. Et c'est en tant qu’honime qu'il est médiateur, puisqu'on tant que Verbe, il ne le peut être, parce qu’il est égal à Dieu, et que c’est un Dieu résidant en Dieu qui, avec son Père et le Saint-Esprit, n'est qu'un même Dieu.

Jusqu'à quel excès nous avez-vous donc aimés, fi Père tout bon et tout miséricordieux , puisque vous n'avez pas épargné votre Fils unique, mais l’avez livré à la mort pour le salut des pécheurs? Jusqu'à quel excès nous avez-vous aimés , nous pour qui celui qui n'a point cru ravir votre gloire en se publiant égal à vous , s'est rendu obéissant jusqu’à la mort , et à la mort de la croix ; lui qui étant le .seul libre entre les morts avait la puissance de quitter son àme et de la reprendre; qui pour nous .s'est offert à vous comme vainqueur et comme victime, et qui n'a été vainqueur que parce qu'il a été victime; qui pour nous s’est offert à vous comme sacrificateur et sacrifice ; et qui n’a été sacrificateur que parce qu'il a été sacrifice ; qui d’esclaves que nous étions , nous a rendus vos enfàns par la naissance qu’il tire de vous , et par son as.siijettissement aux hommes. C'est en lui que j'établis avec raison la ferme espérance que j'ai eontue , que vous guérirez toutes mes langueurs par lui qui est assis à votre droite, et qui implore votre miséricorde pour nous; car sans cela, je me laisserais emporter au désespoir. Il est vrai que mes faiblesses sont très grandes et en très grand nombre : elles le sont , je l'avoue ; mais le remède que vous pouvez y donner est encore beaucoup plus grand et plus puissant.

Nous eussions pu croire que votre Verbe était trop éloigné de nous pour avoir aucune alliauce avec noos , et ainsi désespérer de notre salut , s’il ne se fut point fait chair et n’eût point de-

meuré parmi noua. Étant épouvanté de la multitude de mes péchés et accablé sous le poids de mes misères, j'avais pensé en moi -même, et comme résolu de m’enfuir en quelque désert ; mais vous m'en avez empêché , m'avez rassuré en disant : «Jésus-Christ est mort pour loua les hommes, afin que ceux qui vivent ne vivent plus à eux-mémes , mais à celui qui est mort pour eux. •

Je remets donc. Seigneur, entre vos mains le soin de tout cequi me regarde, afin que je vive, et que je considère les merveilles de votre loi. Vous connaissez mon ignorauce et ma foibicsse : instruisez-moi et guérissez-moi. Cet adorable médiateur, votre Fils unique, dans lequel sontcachés tous les trésors de la sagesse et de la science, m’a racheté par son sang. Je ne crains point les calomnies des superbes, pareeque jeconnais quel est le prix de la victime offerte pour maran(;an: je mange son corps , je bois sou sang : je les distribue aux autres ; et parce que je suis encore pauvre, je désire d’étre ras.sasié de ce pain céleste avec ceux qui le mangent et en sont rassasiés, sachant que ceux qui cherchent le Seigneur, ne manqueront point dopublier ses louanges.

Page 1