CHAPITRE II
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de K« Mintca Écritum
Comment ma plume serait-elle capable d'écrire tant de saintes inspirations, de salutaires frayeurs, de favorables consolations, et de secrètes conduites par lesquelles il vous a plu m'ainener jusqu'au rang que vous avez voulu que je tinsse dans votreËglise, en medonnant la cliargc de prêcher votre parole , et de dispenser vos sacremens à votre peuple? Mais quand je serais capable de les rapporter toutes par ordre , les moindres momens me sont si chers que je ne sais comment j'en pourrais trouver le loisir.
Car il y a long-temps que je désire avec ardeur de méditer votre sainte loi , et de vous confesser, en la méditant, quellessont mes connaissances et mes ignorances ; de quelle sorte vous avez commencé ê éclairer les yeux de mon âme; et quelles ténèbres y restent encore et y resteront toqjours, jusqu'è ce que la force toute-puissante de votre grâce détruise entièrement ma faiblesse. Je ne veux employer i autre chose les heures que j'aurai libres après avoir satisfait aux besoins du corps, aux relâches nécessaires de l'esprit , au service que nous devons au prochain , et à celui-même que nous ne lui devons pas , et que nous ne laissons pas de lui rendre.
Seigneur mon Dieu, soyez attentif âma prière, et que votre miséricorde exauce le désir de mon cœur, puisque l'ardeur qui l'agite ne regarde pas mon seul intérêt , mais aussi celui des autres à qui la charité ffatemelle lui fait désirer d'être
AUGLSTIN. — LIVRE \l.
utile. Vous voyez dans le fond de mon âme qu'il est ainsi. Eailcs-moi donc la grâce que je vous sacrifie tout le service que je vous puis rendre par mes pensées et par mes paroles. Donnezmoi ce que vous avez agrt'abic que je vous ofRo; car je suis pauvre et misérable ; et vous répandez vos richesses sur tous ceux qui vous invoquent, vous qui , sans être inquiété d'auain soin, daignez prendre tant de soin de nous. Retranchez de mon esprit et de ma langue toute sorte d’erreurs et de mensonges. Que vos saintes Écritures soient mes chastes et innocentes délices; que je ne sois point trompé en clics, et que je ne trompe point les autres par elles. Seigneur mon Dieu, qui êtes la lumière des aveugles, et la force des faibles, et qui devenez ensiiife la lumière des clair-voyans et la force des forts, parce que vous les rendez clair-voyans et forts . d'aveugles et de faibles qu'ils étaient auparavant; regardez mon ême, et écoutez les cris qu’elle jette du plus profond de sa misère; car si vos oreilles ne l’entendent dans le fond de cet abîme, et si elles se détournent d’elle , où ira-t-elle, et à qui s’adressera-t-elle?
Le jour et la nuit sont à vous , et les momens volent et s’enfuient comme il vous plaît. Accordez^noi quelques-uns de ces momens pour pouvoir méditer les secrets de votre loi, et ne fermez pas cette sainte porte à ceux qui frappent pour y. entrer , puisque ce n'est pas en vain que vous avez voulu que l'on ait écrit ce grand nombre de livres voilés de tant de mystères. Ces forêts sacrées n'ont-elles pas des cerfs qui s'y retirent , qui s’y promènent , qui y paissent , qui s’y reposent , et qui y ruminent ? O mon Dieu , achevez d’illuminer mon esprit, et de me révéler ces connaissances. Votre parole est toute ma joie, et elle m'est plus agréable que toutes les voluptés de la terre. Donnez-moi donc ce que j’aime ; car il est vrai que je l’aime ; et c'est vous qui me l'avez fait aimer. Ne laissez point. Seigneur, vos dons imparfaits , et ne m'abandonnez pas , puisque je suis comme une plante que vous avez produite , qui a besoin que vous l'arrosiez en la ^vorisant de vos grâces. Que j e reconnaisse, mon Dieu, tenir de vous tout ce que j’apprendrai de vos saintes Écritures ; que j'écoute la voie de vos louanges ; que mon âme étanche sa soif, en se remplissant des eaux divines de votre sagesse, et que je considère les merveilles de votre loi depuis ce temps
auquel TOUS crc'âles le ciel et la terre Jusques à ce ruynume t'ternel oA nous rAiyneruns tous dans votre sainte JArusalem.
Seigneur, ayez pitié de moi, et exaucez mon souhait , puisqu'il me semble qu'il n'a pour fin rien de terrestre; qu'il ne recherche ni l'or, ni l'ar(;cnl, ni les pierres précieuses, ni les meubles maipiifiqucs, ni les honneurs, ni la puissance, ni les voluptés des sens , ni même les choses nécessaires au corps durant cette vie voyafçêre que nous passons dans le monde, et qui, selon vos promesses, nous doivent être données comme par .surcroît , lorsque nous cherchons votre royaume et votre justice. Voyez mon Dieu , d'où procède mon désir. la-s impies m'ont raconté leurs plaisirs , mais ils n'ont rien qui éffale votre loi. Voilà , Sei[çneur , d'où procède mon désir. Regardez-le , père tout-puissant; eonsidércz-le et approuvez-le. Faites par votre miséricorde que je trouve (p4ce en votre présence , afin que les secrets de vos saintes Feritures me soient découverts, lorsque je m'efforcerai de les entendre. Je vous en conjure par notre Seigneur Jésus-Christ votre fils, l'homme de votre droite , et le Ris de l'homme que vous avez établi mcyialcur entre vous et nous, et par lequel vous nous avez cherchés lorsque nous ne vous cherchions pas encore , et nous avez cherchés afin que nous vous chercha.ssions. Je vous en conjure par votre \ crhe éternel par lequel voua avez créé toutes choses , du nombre des- (|uclles je suis. Je vous en conjure par votre Fils unique par lequel vous avoz appelé à votre connaissance tous les fidèles , et les avez adoptés pour vos enfans , du nombre desquels il vous a plu de me mettre; et je vous en conjure p.ir celui qui est assis à votre droite , qui .sans ces.se vous prie pour nous, et en qui .sont cachés tous les trésors de la sagesse et de la .science. C'est lui que je cherdic dans vas saintes Frritures. Moïse a écrit de lui ; il le dit lui-même dans l'Fvangile; et il est la vérité même.