CHAPITRE XIV
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11 n’y a donc point eu de temps où vous n’ayez fait quelque chose, puisque vous aviez fait le temps; et nuis temps ne vous sont coélemels, puisque vous demeurez toujours en mùmc t‘lat, aulieu que s’ils y demeuraient, ils cesseraient d’ètre des temps. Qu’est-ce donc que le temps? Qui le pourra dire clairement et en peu de mots? Et )ui sera capable de le bien comprendre lorsqu’il en voudra parler? Il n’y a rien toutefois qui soit plus connu que le temps, et dont il nous soit plus ordinaire de nous entretenir dans nos discours; et lorsque nous en parlons, nous cnlendons sans doute ce que nous disons, et entendons aussi ce que les autres en disent quand ils nous en parlent.
Qu’est-ce donc que le temps? Si personne ne me ledemandc. Je lésais bien; mais si on me le demande , et que j’entreprenne de l’expliquer , je trouve que je l’i(;nore. Je puis néanmoins dire hardiment que je sais, que si Tienne se passait, il n’y aurait point de temps passé ; que si rien n’avenait, il n’y aurait point de temps à venir; et que si rien n’était, il n’y aurait point de temps présent. En quelle manière sont donc ces deux temps, le passé et l’avenir; puisque le passé n’est plus , et que l’avenir n’est pas encore? Et quant au présent, .s’il était toqjours présent , et qu’en s’écoulant il ne devint point un temps pas.sé, ce ne serait plus le temps, mais l’éternité. Si donc le présent n’est un temps que parce qu’il s’écoule et devient un temps passé , comment pouvons-nous dire qu’une chose soit , laquelle n'a autre cause de son être, sinon qu’ciie ne sera pius? De sorte que nous ne pouvons dire avec vérité que le temps soit , sinon (larce qu’il tend ù n’étre plus