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CHAPITRE XIX

Il prl« Dieu de lui f^ire romprendre en <)iicllc minière In homnm ('omMiucttl In eboan A venir.

Mon Dieu, vous qui ries le .souverain monarque de toutes les créatures , apprenez-moi , je vous prie, en quelle manière vous faites donc connaître aux hommes les choses futures; car c'est vous qui les avez fait connaître à vos prophètes. Quelle est cette manière par laquelle vous , pour qui il n'y a rien qui soit à venir, faites connaître les clioses futures, ou pour mieux dire, faites connaître ce qu'il y a de présent des choses futures, puisqu’il est impossible de fiire connaître ce qui n'est point ; j’avoue que cette manière est si élevée au-dessus de moi , que la pointe de mon esprit ne peut pénétrer jusque-ià. Je sois incapable d'y atteindre par moi-même, mais cela me sera facile par votre assistance , si votre lumière m'est bvorable et daigne éclairer les yeux de mon âme.

co.\n;ssioAs dk saint augistin. — liviik xi.

CIIAIMTIŒ XX.

QoeU ooni« il faut donner aiu difTt^ncc» du letnp*.

Ce qui me («anilt mainlenanl avec certilude, et que je etmnaia 1res clairement , c'est que les choses futures et les passées ne sont point , et qu'à proprement parler on ne saurait dire qu'il y ail trois temps, le passé, le présent et le futur; mais peut-être on pourrait dire avec vérité qu'il y a trois temps , le présent des choses passées , le iirésent des choses présentes et le présent des choses futures. Car je trouve dans l'esprit res trois choses que je ne trouve nulle part ailleurs : un souvenir présent des choses pa.ssers, une attention présente des choses présentes, et une attente présente des choses futures; si c'est ainsi qu'on l'entend , je vois trois temps, et je confesse qu’il y en a trois. Néanmoins, que l'on dise si l'on veut , comme on a accoutumé de le dire improprement , qu’il y a trois temps : le passé , le présent et l’avenir ; qu’on le dise si on veut , je ne m’en soucie point , je ne m’y oppose point , je ne le trouve point mauvais, pourvu toutefois qu’on entende ce que l'on dit, et qu’on ne s'ima(;inc pas que ce qui est à venir est déjà , ni que ce qui est passé soit encore. Car il est sans doute qu'il y a fort peu de choses dont nous parlions proprement , et qu'il y en a plusieurs dont nous parlons improprement; mais on ne lais.se pas néanmoins de comprendre ce que nous voulons dire.

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